Économie

La Parcem lance un cri d’alarme

29/12/2017 Chanelle Irabaruta 12

Taux de croissance en berne, pauvreté extrême, endettement intérieur exponentiel, chômage de la jeunesse grandissant, crise alimentaire, etc. Tel est le constat de Faustin Ndikumana, président de l’ONG locale Parcem par rapport à l’économie burundaise. Il a fait cette analyse ce vendredi, 29 décembre, lors d’une conférence de presse.

Faustin Ndikumana : «Le PIB du Burundi est le dernier au niveau de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est».

Le Burundi figure parmi les trois pays les plus pauvres au monde. Il invoque le classement du PNUD. Citant le Fonds monétaire international (FMI), il indique qu’il est le dernier sur le classement de 188 pays.

Plus de 2 personnes sur 3 vivent dans la misère : «La pauvreté dépasse 80% dans certaines provinces». Le PIB du Burundi est le dernier au niveau de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est avec moins de 300 USD/hab. Et de confier que l’endettement intérieur avoisine 1500 milliards de Fbu.

En outre, poursuit-il, le taux de chômage de la jeunesse est alarmant : «55% en milieu urbain contre 60% en milieu rural».

Faustin Ndikumana en appelle à une prise de conscience nationale : «La situation est inquiétante et devrait susciter l’empathie de tous les Burundais».

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Jean Habonimana

    @Gacece
    Comme le roman de Karen Blixen « J’avais une ferme en Afrique », j’avais une ferme commerciale au Burundi. J’employais une quarantaine d’ouvriers agricoles à 98% hutus (vous m’excuserez c’est le seul langage que comprennent les DD). Des femmes majoritairement. Ils avaient des revenus, pouvaient bien s’habiller, envoyer leurs enfants à l’école et avaient une carte d’assurance maladie. Le dimanche, ils sortaient bien habillés se payer des loisirs dans les bistrots du village. Un boutiquier voisin m’a sorti un principe économique digne de Kennes « ifaranga ntiriba iryumwe ». Les salaires que je payais étaient injectés dans toute l’économie villageoise. La pauvreté c’est le manque de revenus. La classe moyenne qui envoie leurs enfants étudier en Occident et qui passe ses vacances à Mombasa, c’est uniquement parce qu’elle a des revenus. Je sais ce qu’est des jeunes hutus qui vous supplient les larmes aux yeux de leur donner du travail. Un hutu au chômage n’a pas d’ethnie et les marchands de la haine de Bujumbura ne lui apportent absolument rien si ce n’est de la misère. Un créateur d’emplois même de la mauvaise ethnie devrait avoir un droit de vie d’honneur comme les racistes sud-africains donnaient un statut de blanc d’honneur aux investisseurs japonais. En définitive, je reviens à ma position initiale : Il n’y a que l’économie qui compte et un créateur d’emplois même de la mauvaise ethnie devrai avoir un droit de vie d’honneur. Tout le reste est littérature. La haine et les destructions des vies sont une perte de temps. Nous devrions tous être tendus sur la création d’emplois modernes et la transformation de la société burundaise pour cesser d’être la honte de l’humanité. Et des talents existent dans tous les secteurs pour créer de Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises qui vont révolutionner la vie nationale en un rien de temps si on nous donne un Etat de droit. Je regarde couler le temps et les années d’oppression en me demandant dans mes ruminations toute la transformation que j’aurais pu apporter à ma communauté villageoise.

    Note de la rédaction

    Par respect, j’interviens rarement dans les échanges. Mais je suis touché par ces propos. Je crois en effet que le plus grand dénominateur commun des Burundais c’est la misère, le manque de perspective. Certains entrepreneurs, par peur, pour mettre leurs familles en sécurité sont partis. J’ai vu sur les réseaux qui s’en réjouissent. Je pense que c’est une grave erreur. C’est toute l’économie burundaise qui en souffre. Je pense que le meilleur investissement d’un pays c’est l’espoir. Instiller la foi dans l’avenir. Quand des personnes économiquement actives quittent un pays, (quelle que soit leur ethnie) c’est malheureusement un échec. Regardez autour de vous ou écoutez le rêve de nombreux jeunes burundais… AK

  2. Gacece

    @Jean Habonimana
    Quand vous parlez d’un plan de développement et que vous y mentionnez DD, ce n’est plus un plan de développement mais un texte d’opinion! Mais vous pouvez toujours vous reprendre.

  3. Jean Habonimana

    Mon plan personnel de développement national
    1. Condition préalable : Installer l’Etat de droit. Dans un Etat de droit il n’existe pas de hutus et de tutsis mais des citoyens. De toutes les façons les hutus et les tutsis n’existent pas. Les seules ethnies qui existent sont les riches et les pauvres. Au 21ème siècle, d’après la dame de fer Mme Thatcher, mais la société n’existe guère, seul l’individu existe. A ce titre, ne parlons meme pas de tribus. Ceux qui vous racontent qu’ils tuent pour le compte de l’ethnie vous trompe. Les immenses richesses amassées au pays et dans les paradis fiscaux sont individuels et non ethniques. C’est une supercherie. Les tribues n’existent pas, seuls les individus existent.
    2. Généralisation immédiate de l’enseignement Yagamukama pour apprendre à chaque enfant à lire, compter et écrire. Avec le développement du téléphone mobile le jeune sorti de Yagamukama aura un outil pour se développer intellectuellement et professionnellement. De toutes les façons les lauréats des Universités DD auront le même niveau intellectuel, avec la prétention en plus.
    3. La promotion des très petites, petites et moyennes entreprises. L’Etat est un prédateur qui ne sert à rien sinon à opprimer, seules les TPPME créent des millions d’emplois et des richesses. A ce titre, même avant l’instauration de l’Etat de droit : le régime DD devrait donner un droit de vie d’honneur aux patrons des TPPME. Chaque entrepreneur qui crée 10 emplois devrait avoir le droit d’honneur à la vie comme les racistes sud-africains le statut de blanc d’honneur aux investisseurs japonais. A titre d’exemple, la disparition d’un homme d’affaires exceptionnel comme Oscar Ntasano est une perte terrible pour des milliers de gens. On aurait dû lui donner le droit de vie d’honneur
    4. Une plaque solaire pour chaque ménage. C’est une honte que 98% de la population vive dans le noir au 21ème siècle alors que nous avons le soleil en abondance. La production de plaques solaires par les jeunes paysans eux-mêmes créeraient des milliers d’emplois pour la production, l’installation et l’entretien.
    5. Promotion d’entreprises privées de conservation des vivres dont les pertes post-récoltes se chiffrent à 40% de la production. Une véritable catastrophe. La sécurite alimentaire serait ainsi assurée.
    6. Création d’entreprises privées de reboisement national et régional qui créeraient des centaines de milliers d’emplois sans débourser un sous puisque les crédits-carbones vont rapporter des centaines de milliers de dollars. Si par exemple, vous protégez le lac Tanganika en reboisant les hauteurs du Sud au Nord pays, ce sont des milliers d’emplois et les crédits-carbones vous paient pour cela. Les richesses ainsi injectées vont se répandre dans toute l’économie avec des effets induits dans tous les secteurs.
    7. Urbanisation du pays pour dégager les campagnes surpeuplées. Rien de tels que les services comme le tourisme et les industries pour absorber le trop plein de population. Comme à Cuba, des brigades de centaines de milliers de jeunes se consacreraient à l’édification des villes avec création d’emplois qui va avec : maçons, charpentiers, électriciens.

    Voilà l’essentiel. La haine et la destruction actuelles sont une perte de temps. Je suis ridicule et naïf mais je persiste et signe : les hutus et les tutsis n’existent pas, la seule ethnie qui existe ce sont les pauvres et les riches. Nous sommes pris en otages uniquement par les forces du mal, la haine ethnique est une création politique datée de 1959 au Rwanda et qui retourne hélas avec son triomphe au Burundi.

  4. Stan Siyomana

    @Buntu
    Vous pourriez trouver une LECON DE TOLERANCE ENVERS L’AUTRE DANS UNE DEMOCRATIE(dans ce message de bonne annee du president francais Emmanuel Macron):
    « Je sais que plusieurs d’entre vous ne partagent pas la politique qui est conduite par le gouvernement aujourd’hui; JE LES RESPECTE ET JE LES ECOUTERAI TOUJOURS; JE M’ASSURERAI QUE TOUS LES DEBATS SOIENT CONDUITS ET QUE TOUTES LES VOIX Y COMPRIS DISCONCORDANTES SOIENT ENTENDUES mais pour autant , je n’arreterai pas d’agir… »
    (Voir Voeux du President de la Republique pour l’annee 2018, http://www.elysee.fr, 31 decembre 2017).

  5. Stan Siyomana

    @Buntu: »Izo ni rapport sous ordre des imperialistes »
    LA MEILLEURE CRITIQUE envers Faustin Ndikumana serait de demontrer que ce qu’il dit est faux.
    Jusqu’a maintenant, je n’ai vu personne qui avance des statistiques pour contredire Mr Ndikumana.

  6. Znk

    @Source du Nil
    « … les deux chefs d’Etats se parlent régulièrement… »

    Qui se ressemble s’assemble! Quant au ridicule, faites gaffe car il se pourrait qu’il soit contagieux!

  7. Buntu

    Izo Ni Rapport Sous Ordre Des Imperialistes Twarabahinyuye.Karabarya Ko Inzahabu Zabacitse.Mureke Guharabika Igihugu.Uwo Faustin Ntari Mubagomba Kukigabira Aba Colonies Iy Arusha.Naturure Amazi Ntakiri Yayandi.

  8. Source du Nil

    Malgré une decenie de defiance entre les deux pays, les deux chefs d’Etats se parlent regulièrement et les échanges commerciales entre leur postes frontaliers se portent à merveiles.Mais les DD ont decidě de baricader les deux portes frontières avec le Rwanda.Si le ridicule pouvait tuer!

  9. PC

    Le taux de croissance en berne ! Taux de croissance est de 0% depuis 3 ans alors que le taux de natalité est de 3%. Comment améliorer l’économie sans exportations. S.E Nkurunziza est fière d’avoir fermé les frontières avec le voisin du Nord alors que c’est le moins facile de faire des exportations avec . La politique et l’économie vont ensemble et en politique les intérêts sont au dessus de tout autres choses. Aujourd’hui 70% des exportations du Rwanda se font avec le Congo. « Can you imagine » ?

  10. Meursault

    @Koko Carariwe
    Pourtant le secrétaire général du parti de l’aigle crie haut et fort que le peuple burundais a choisi le programme dd comme étant le meilleur pour son développement et son bien-être.Qui dit vrai entre lui et ce directeur du PARCEM qui crie au désastre?

  11. Bundes

    Ikibaraje ishinga ni « référendum »

  12. koko carariwe

    Faustin, ivyo uvuga n’ivyo. Ariko harakenewe abantu benshi nkawe. N’uburyo bunini rwose bwo kusemerera bukwiye kuboneka.
    Hanyuma, ibinyamakuru binini, bifise n’uburyo nyabwo birakenewe.
    Ariko, uko igihugu kimeze n’ubutegetsi buhali ntibizokunda.
    Bandanya usemerera, ngira haraho hoboneka abantu bakwumva.

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