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Politique

Guterres irrite Bujumbura

12-02-2018

Pour le secrétaire général de l’ONU, le projet de révision de la Constitution exacerbe les tensions. Une violation de la souveraineté, pour Bujumbura.

Antonio Guterres s’inquiète de la révision constitutionnelle.

Très critique sur le projet de révision constitutionnelle. Le secrétaire général des Nations unies a rendu aux 15 pays membres du Conseil de sécurité, son rapport sur la situation qui prévaut au Burundi. Selon Antonio Guterres, plusieurs changements proposés à la Constitution ont été mis en cause par l’opposition « comme des tentatives par le parti au pouvoir de consolider son emprise, pouvant créer des troubles.» Il se dit inquiet de la possibilité du président de briguer un autre mandat en 2020. « Ce qui risque d’exacerber les tensions avec l’opposition. »

Le secrétaire des Nations unies n’enlève pas pour autant au pays son droit souverain à amender la Constitution. Il indique néanmoins que le processus en cours requiert un environnement politique et sécuritaire qui permet la confiance de tous les acteurs politiques. Selon lui, un tel changement doit jouir d’une participation et d’un consensus les plus larges possibles parmi les acteurs clés de la vie politique.

Les propos d’Antonio Guterres surviennent dans un contexte d’enrôlement des Burundais pour les prochains scrutins qui a débuté ce jeudi 8 février. Le référendum constitutionnel quant à lui est prévu au mois de mai prochain. Un processus loin de faire l’unanimité. Les voix s’élèvent toujours pour contester l’opportunité de cette révision de la Constitution. La dernière sortie est celle de l’opposition interne et la coalition de l’opposition en exil, le Cnared. Tous convergent contre « le processus porteur de tous les dangers. »


>>Réactions

Agathon Rwasa : « Le contenu du rapport de Guterres est fondé»

Le vice-président de l’Assemblée nationale trouve le contenu du rapport d’Antonio Guterres fondé. Selon Agathon Rwasa, les arrestations sans procès de ceux qui sont contre la révision constitutionnelle ne vont pas démentir ce rapport. A cela s’ajoute les articles discriminatoires contenus dans le nouveau projet constitutionnel. « La révision de la Constitution devrait se faire dans un contexte de sérénité du peuple burundais, or ce n’est pas le cas. » Le pouvoir ne devrait pas prendre ce rapport comme une attaque, le secrétaire général n’a aucun intérêt à enfoncer le pays, il veut nous aider à aller de l’avant.

Gaston Sindimwo : « Regrettable »

Pour le premier-vice de la République, c’est regrettable qu’une aussi haute autorité telle Antonio Guterres n’ait pas une vision d’ensemble et parle un langage « d’opposant. » Tout comme il est aberrant qu’il s’immisce dans une affaire d’un Etat. Pour Gaston Sindimwo, la révision de la Constitution est une question de souveraineté nationale. Il se dit pour une divergence constructive, affirme que si les Burundais votaient contre le projet d’amendement de la Constitution, le gouvernement va tirer les conclusions qui s’imposent.

Pacifique Nininahazwe : « Ce ne sera pas une Constitution des Burundais. »

Selon l’activiste, le projet de révision de la Constitution est la plus grave menace à l’unité nationale. D’emblée, selon Pacifique Nininahazwe, la nouvelle Constitution apparaîtrait comme celle d’un homme, du président Nkurunziza, plutôt que celle d’une nation. La démarche quasi-secrète du Conseil des ministres, l’absence d’un débat, le contexte politique de crise et les menaces sur les opposants à la révision indiquent clairement que ce ne sera pas une Constitution des Burundais. « Pire, c’est la volonté affichée de réduire l’équilibre politico-ethnique né de l’Accord d’Arusha qui risque de remettre le pays dans des tensions ethniques. » Et d’appeler aux garants internationaux de l’Accord d’Arusha de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.

Pierre Claver Kazihise : « Le peuple a le droit de décider de son destin. »

Pour le coordinateur de la société civile citoyenne (Socic), M. Guterres est tombé dans le piège du faux rapport. Selon Pierre Claver Kazihise, il s’est lourdement trompé. Il a colporté le discours d’un conglomérat d’acteurs qui refusent de reconnaître la souveraineté du peuple. « Nous l’invitons à se ressaisir et à accepter d’écouter le peuple qui a le droit de décider de son destin. » Pour Kazihise, c’est par la voie des urnes qu’on peut trancher le débat de la révision de la Constitution.

Analyse

Le feu rouge clignote dangereusement, selon le patron des Nations unies. Le projet de révision de la Constitution est perçu par la communauté internationale et par l’opposition burundaise comme inopportun et porteur de tous les dangers. Plusieurs y voient un sentier débroussaillé par le président Pierre Nkurunziza qui lui permettra de rester au palais présidentiel pour les années à venir.

Par ailleurs, la pilule risque de ne pas passer avec ce projet. Cela même au sein de la classe politique du numéro Un burundais. Certains lorgnent sur le trône. A en croire le président lui-même si on tient compte des propos cinglants tenus lors des cérémonies de la journée du combattant au mois de novembre dernier. Il a évoqué des membres de son propre parti prêts à la « trahison. »

Le patron de l’ONU ne joue pas les oiseaux de mauvais augure quand il craint que changer la Constitution, dans un contexte de manque de concertation ne présage rien de bon. La page de la récente crise de 2015, découlant de la protestation contre un mandat de plus du président Pierre Nkurunziza n’est pas encore tournée. « Qu’adviendra le Burundi, s’il décidait de se présenter en 2020, encore ? » s’interroge un analyste.

Bujumbura quant à lui balaie toutes craintes d’un revers de la main. Il se dit plutôt victime d’acharnement. Cette communauté internationale qui ne respecte pas la souveraineté nationale n’a qu’à aller voir ailleurs. Elle ne veut pas mettre la main dans la poche pour soutenir les élections? Très bien, la population va ‘contribuer volontairement’ aux prochains scrutins. Et les Burundais aux voix dissonantes qui veulent saboter le projet ? ‘Nous les avons à l’œil’ clame le pouvoir en place. Il a tiré les leçons de 2015 et ne va tolérer aucun débordement. Et celui qui murmure dans l’oreille de Guterres ne doit pas dormir tranquille après la sortie de son patron. Michel Kafando doit dorénavant savoir qu’il a franchi la ligne rouge. Et comme ses prédécesseurs avant lui, il risque d’être banni.

Reste à savoir si le Conseil de sécurité va adhérer à la rhétorique de Guterres. « Les amis du Burundi » ont souvent veillé à calmer les ardeurs du bureau du secrétaire général.

  12   Vos commentaires
  1. Fofo

    Le  »Secrétaire » reste secrétaire, quand bien même on y ajoute le  »Général », pour dire qu’il exécute que les ordres qui viennent de quelque part.

  2. Jereve

    Je comprends ceux qui évoquent le droit du peuple de décider de son destin. Les choses deviennent plus compliquées quand le prince prend ses désirs pour ceux du peuple (le peuple, c’est moi !). La stratégie dans ce cas consiste à mettre ce peuple au pas pour qu’il vote selon les désirs du prince. Nous ne sommes pas loin de ce schéma.

    • Gacece

      @Jereve
      C’est pour cela qu’il y a des élections! Dans l’isoloir, personne n’est avec toi pour t’obliger à choisir quelqu’un que tu ne veux pas choisir!

      Une fois que tu as voté, on peut t’intimider ou te violenter, mais cela ne changera pas le vote! On ne va quand même pas s’en prendre à plus de 50% qui vont voter pour vous!

  3. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Le deni et les manifestations obligatoires, intempestives, de plus en plus ridicules d’aileurs, ne changeront en rien le connstat implacable des NU et de tous ceux qui travaillent dans le domaine des droits de l’homme au Burundi.
    Quand des Imbonerakure font des entrainements militaires klashinikov et roquettes en bandoullière, en scandant des chansons haineuses à l’encontre de certaines communautés, cela est visible comme une maison et ne trompe pas..! Nous sommes dans le Rwanda de Havyalimana de la fin des années quatre-vingt-dix si on n’y prend pas garde..! Je me demande toujours où est passée l’armée burundaise dans tout cela? Elle se fait remplacer par une milices sans réagir..? Soit elle est complice soit elle dort. Si elle dort, il faut qu’elle se réveilel avant qu’il ne soit trop tard pour le Burundi, je pense..!

    • Gacece

      @RUGAMBA RUTAGANZWA
      Laissez le Rwanda où il est, et les Burundais où ils sont! Si vous venez de faire un voyage vers le passé et que vous vous trouvez dans ce Rwanda-là, restez-y tout seul!

      Les Burundais, nous sommes au Burundi de 2018! Nous ne voulons même pas du Rwanda de 2018! Vos histoires de kalashnikovs et de chansons haineuses semblables à des maisons visibles, gardez-les dans votre tête! Elles y sont plus confortables!

      Quant à l’armée que vous accusez de dormir, je vous suggère une solution… Allez la réveiller pour vérifier! Je suis sûr que vous savez comment!

  4. Gacece

    On entend à gauche, à droite, devant, derrière… peut-être même en haut et en dessous (quoi!… dans le ciel les avions sont pleins de voyageurs… et dans le sous-sol, on ne sait jamais…)… on entend tout le monde et personne… dire que le projet de constitution n’est pas inclusif, n’arrive au bon moment, et patati, et patata, et j’en passe!

    Si on doit attendre que tout le monde dise « OK! C’est un ‘Go!’… Vous pouvez changer la constitution! », ou si on doit attendre que ce soit la bonne opportunité,… Eh bien! Rien ne se fera de si tôt! Et l’opportunité tant souhaité et redouté risque de ne jamais arriver.

    Connaissant la nature de certains Burundais et leurs schémas de pensées, il y aura toujours quelqu’un pour provoquer des troubles et clamer qu’aucun changement n’est souhaitable. Que ce n’est pas le bon moment!

    Depuis 2010, cela n’a jamais étê « le bon moment » pour organiser les élections, pour voter une loi, pour construire un immeuble, pour mettre en place la CVR, pour…

    … Mais vous savez quoi? « Petit à petit, l’oiseau fait son nid! » Et c’est grand à grand que le nid fait son oiseau!

    • Mugisha

      Je répondrais à monsieur Guterres que s’acharner sur le plus faible parce qu’il est jsutement perçu comme faible est tout à fait abject aussi bien dans une cour de récré d’une école que sur le plan des relations internationales.

    • SENYAMWIZA Jean-Claude

      @GACECE,
      Cela n’a jamais ete surtout le bon moment pour manipuler les institutions, massacrer à tour de bras Hutu, Tutsi, Twa, enfants, femmes, viellards, tous ceux qui ont osé manifester contre cette volonté là de s’éterniser au pouvoir (sans rien y faire pour la population burundaise) en dépit des règles et lois qui régulent le Burundi y compris l’Accord d’Arusha qui vous a malheureusemnt emmené au pouvoir pour le plus grand malheur de vos compatriotes..!! Mr GACECE, vous pouvez changer tout ce que vous voulez mais à mon avis vous n’avancez pas et surtout notre pays n’en profite pas du tout..! Sinon, comment avancerions-nous quand votre Gouvernement est sous investigations internationales pour crimes graves dont des crimes contre l’humanité, quand ce même Gouvernement à pousdé hors des frontieres du Burundi par la terreur et les assassinats ciblés près de 5% de ses citoynes??? Non cher Gacece et consorts, vous pouvez raconter des histoires mais les faits sont là, têtus, implacables. Vous avez mis le pays, ce magnigique pays dans un gouffre très profont et il n’en sortira que quand vous partirez, et j’espère bientôt, car là la vase commence à déborder avec toutes les exactions qu’on entend à gauche à droite, dans tous les secteurs de la vie nationale, lesquelles exactions sont commises par les Imbonerakure (que les NU qualifient de milice du CNDD-FDD..) au vu et au su de la police, de l’armée et de l’administration..! Notre pays va vraiment mal..! Qui le sauvera???

      • Gacece

        @SENYAMWIZA Jean-Claude
        Je reconnais là le propre (ou plutôt le sale) des Burundais. Ils vous accusent sans vous connaître, sans savoir ce que vous faites, sans même savoir où vous vous trouvez!
        Vous en incarnez l’exemple parfait! Je ne peux que vous souhaiter de persévérer dans votre délire… à défaut de trouver autre chose que d’en guérir!
        Bonne chance dans vos allergies à la tolérance!

        • SENYAMWIZA Jean Claude

          Wauh..La vérité qui fâche..! Il faut me contredire par des arguments qui tiennent la route et non par une rhetorique mensongère que nous connaissons deja tous par coeur..! Le disque est rayé maitenant Gacece: des slogans qui ne ne vont convaincre personne y compris les paysans que vous dépouillez jour et nuit pour vous aider de force à manipuler les institutions..! Malheureusement eux ne peuvent pas s’exprimer comme je le fais de peur des représailles des Imbonerakure, votre milice..!!!

          • Casimir

            Bien dit….tu as mis Gacece K.O!!!!

            • Gacece

              @SENYAMWIZA Jean-Claude & @Casimir

              Félicitations! Vous savez que c’est « mon » gouvernement!… Vous savez que je suis sous enquête!…ET… Et @Casimir vous félicite de m’avoir mis K.O!!! Bravo!

              Je suis tellement K.O. que je ne pense (que dis-je! Je ne peux même plus penser) ne plus jamais me relever d’ici les siècles et les millénaires à venir… J’en tremble tellement que je n’oserai plus contredire un seul mot de tout ce que vous dites mes seigneurs!

              @Gacece est K.O. dans l’Internet!… Il a reçu tellement de coups numériques bidons que l’Internet a dû lui couper tous ses accès pour lui éviter d’autres coups fumants d’un (1) certain ou de deux (2) incertains certains combattants d’une sombre lumière qui se prennent pour des Muhamad Ali réincarnés dans le cyberespace!

              Allez! Je vous invite à me donner d’autres coups… pour m’achever!

              L’invitation?

              La voici : « JE RÉPÈTE QUE VOUS ÊTES ALLERGIQUE À LA TOLÉRANCE!

              Ce n’est ni un argument qui lâche ou qui tient la route, ni un slogan qui vise à convaincre qui que ce soit d’autre que « pas vous! »… Et les disques, ça joue de la musique et des discours!… et des slogans… et des « invitations »! 🙂

              Allez-y! Cognez! Fessez-moi dessus! Passez-moi un autre tabac pour encore réalisez l’exploit que même les plus grands bagarreurs et combattants n’ont jamais réussi… en temps normal et non normal (anormal) : « Passer le K.O. à quelqu’un qui est déjà K.O!

              Vous n’allez quand même pas refuser une telle invitation! Elle vient de quelqu’un dont vous ne pouvez tolérer une existence aussi notoire et néfaste!… Et qui (en plus!) joue des disques qu’il a rayé exprès pour vous agacer avec des slogans si insoutenables et tellement irritants!

              Auriez-vous d’autres nouvelles fleurs à vous lancer chers @SENYAMWIZA Jean-Claude et @Casimir?

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