Société

FIDA mobilisé pour le développement de la filière riz

10-03-2017

Le PAIVA-B est un projet du Gouvernement du Burundi en cours d’exécution, sur le financement du FIDA, depuis septembre 2009, dans 7 provinces dont la province de Karuzi. Les bénéficiaires et l’administration de la commune Gitaramuka dressent un bilan largement positif.

James Ndayisaba, responsable du marais de Nyabiho : «La récolte est comprise entre 5 et 5,5 tonnes alors qu’il oscillait entre 500 kg et 1,5 tonne avant l’aménagement du marais».

James Ndayisaba, responsable du marais de Nyabiho : «La récolte est comprise entre 5 et 5,5 tonnes alors qu’il oscillait entre 500 kg et 1,5 tonne avant l’aménagement du marais».

«Avant l’aménagement de ce marais, la moisson était tellement mauvaise. La récolte était toujours comprise entre 500 kg et 1,5 tonne du riz sur un hectare. Certains lui préféraient déjà d’autres cultures vivrières dont le haricot, le maïs et la patate douce. Spectaculairement, nous en sommes maintenant à 5 tonnes voire 5,5 tonnes sur un hectare», a déclaré, James Ndayisaba, responsable du marais de Nyabiho, le mercredi 1er mars, lors d’une visite effectuée par l’équipe du projet dans ce marais.

Le marais de Nyabiho est situé dans la commune Gitaramuka. Il a été aménagé en 2011, dans le cadre du projet d’appui à l’intensification et la valorisation agricole du Burundi (PAIVA-B), pour la culture du riz. La partie aménagée s’étend sur 150 hectares subdivisés en 6 périmètres dont chacun est doté d’un comité d’usagers. Il est muni de 6 barrages hydro agricoles. Il est exploité par 2612 bénéficiaires.

Dans le marais de Nyabiho, les riziculteurs sont répartis, en raison de la division du travail, dans trois groupes en vue d’une rentabilité. D’un côté, une équipe réduite appelée « champ-école paysans » chargée de tester et de sélectionner les semences productives dans ledit marais. De l’autre, celle des multiplicateurs de bonnes semences pour la vulgarisation et de l’autre encore, un bon nombre qui s’occupent de la culture du riz pour la consommation.

Dorothée Nsabimana fait partie de l’équipe «champ-école paysans». Elle confie qu’elle a suivi une formation au Burundi et au Rwanda avec l’appui du PAIVA-B. «Nous préparons nous-mêmes les semences du début à la fin. Nous desservons même d’autres provinces telles Kayanza, Ngozi et Kirundo.»

Hilaire Sindayigaya, responsable de l’équipe de multiplication, affirme que son équipe produit des semences dites «bases» à partir des pré-bases qu’elle reçoit de la part de l’Institut des sciences agronomiques du Burundi (Isabu).

Ces semences sont certifiées par l’Office nationale de contrôle et de certification des semences (Onccs).

«90% de nos clients sont les riziculteurs»

Carine Bavumiragira dans son compartiment où elle multiplie de bonnes semences pour la vulgarisation.

Carine Bavumiragira dans son compartiment où elle multiplie de bonnes semences pour la vulgarisation.

Pour une bonne gestion de la production, les exploitants du marais de Nyabiho ont conjointement créé avec ceux du marais de Ndamuka, une coopérative dénommée «Shigikiribikorwa».

Etienne Mbarushimana, président de cette dernière, fait savoir que leur coopérative est utile dans la mesure où les membres travaillent de concert et échangent des expériences. Il témoigne que les avantages s’observent sur plusieurs aspects.

«Notre coopérative nous permet de lutter contre le gaspillage de la production. De surcroît, elle sert de passerelle pour nombre d’entre nous pour contracter de crédits auprès de la coopérative d’épargne et des crédits (Coopec) de Gitaramuka, étant donné que nous n’avons pas tous de compte personnel. L’accès aux intrants est devenu aussi facile »

Il ajoute que la coopérative s’occupe, en plus du stockage de la production de ses membres, de la vente des denrées alimentaires, principalement du riz et du haricot.

Et de soutenir avec fierté que l’implantation de la coopec dans la commune de Gitaramuka a été entraînée par la coopérative des riziculteurs exploitant le marais de Nyabiho.

Selon Moïse Mateso, responsable de la Coopec Gitaramuka, l’établissement d’une agence dans cette commune a été motivé par de sollicitations incessantes de ses habitants. Il affirme que plus de 90% de la clientèle sont des riziculteurs.

«Avant l’implantation de l’agence dans cette commune, ils étaient obligés de faire le trajet Gitaramuka-Buhiga. Nous avons voulu raccourcir le déplacement de nos clients fidèles. Ils s’acquittent des crédits dans les meilleurs délais.»

«Le PAIVA-B a changé mon train de vie»

La maison en dur, de Noël Manirakiza, dont la construction a été possible grâce au projet PAIVA-B.

La maison en dur, de Noël Manirakiza, dont la construction a été possible grâce au projet PAIVA-B.

Les bénéficiaires du projet PAIVA-B ne tarissent pas d’éloges envers le gouvernement et le Fonds International pour le Développement Agricole(FIDA) pour l’avoir respectivement initié et financé. Ils s’accordent tous à affirmer que le projet d’Appui à l’Intensification et la Valorisation Agricole du Burundi leur a permis d’améliorer considérablement leurs conditions de vie.

Carine Bavumiragira, veuve originaire de la colline Rubuga, témoigne de faire vivre ses sept enfants de la culture du riz dans le marais de Nyabiho où elle s’occupe de la multiplication des semences. Elle fait savoir qu’elle a réussi à supporter un examen médical grâce à un crédit qu’elle a contracté auprès de la coopérative «Shigikiribikorwa» dont elle est membre en sa qualité de rizicultrice.

«Je ne vis aux dépens de personne. Je suis à mesure de m’acheter un pagne de 12000 Fbu voire de 15000 Fbu. Il n’y a pas désormais ce qui me différencie sur l’aspect vestimentaire de femmes qui ont de maris. Je m’endimanche comme elles. Je suis vraiment reconnaissante envers le PAIVA-B. Il a complétement changé mon train de vie.»

Noël Manirakiza, riziculteur, confie avoir non seulement construit une maison en dur mais aussi acheté un domaine et deux vaches grâce à la culture du riz. «J’ai pu me procurer des couvertures, du ciment,…J’entretiens un champ prolifique de bananes. Je vends un seul régime à 15000 Fbu.»

Quant à Clémentine Kanyange, elle soutient que son mari et elle ont pu s’acheter une propriété grâce à la culture du riz. «J’ai été mariée à un orphelin dépourvu d’héritage. Néanmoins, nous avons maintenant un domaine.»

«La commune en tire des impôts»

Philibert Simbabaje, conseiller communal chargé du développement, fait savoir que la culture du riz contribue remarquablement dans le développement de la commune. Il dit qu’elle perçoit des taxes et impôts sur le riz et des activités connexes.

Selon lui, chaque riziculteur s’acquitte d’un impôt foncier de 1500 Fbu et de 500Fbu pour l’entretien du marais.

Et d’ajouter que la commune ne connaît pas de banditisme suite à la riziculture qui occupe une grande partie de la population de Gitaramuka.

Signalons que le marais de Nyabiho est accessible grâce à une piste tracée dans le cadre de ce Projet d’Appui à l’Intensification et la Valorisation Agricole du Burundi (PAIVA-B) pour acheminer la production vers le hangar de la coopérative des riziculteurs qui est au chef-lieu de la commune.

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