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Editorial

Eviter la dérive violente

Antoine KaburaheDes jeunes. Des barrières. Des policiers. Des militaires. Des rafales. Des explosions de grenades. Des services publics fermés… On se croit quelques années en arrière, entre 1993-1996.

Les plus âgés renouent avec des souvenirs qu’ils espéraient enfouis. Les plus jeunes découvrent un autre visage de leurs quartiers, de leurs cités.

Dans ce climat lourd, la seule bonne nouvelle reste l’absence des clivages ethniques dans le mouvement. Les leaders de la contestation et les manifestants contre le 3ème mandat du président Nkurunziza sont en effet de toutes les ethnies.

Mieux, les manifestants, malgré les tirs à balles réelles de la police contre eux, les pertes dans leurs rangs, les arrestations, jusqu’ici, ont pu contenir la violence.

La réapparition de l’horrible supplice du collier ce jeudi à Nyakabiga est une dérive grave qui entache le mouvement.

Des ministres se sont déplacés à Nyakabiga pour dénoncer le meurtre et leurs auteurs. C’est très bien car aucun meurtre n’est légitime.

Mais les manifestants regrettent, avec raison, cette « sensibilité sélective » et se demandent pourquoi ces ministres n’ont pas fait preuve de la même affliction pour les nombreux morts occasionnés par la police dans leurs rangs dont des mineurs.

La réaction du pouvoir après le meurtre de Nyakabiga devrait servir de leçon aux manifestants. Leur mouvement est sur le fil. Les organisateurs doivent être vigilants, s’abstenir et condamner toute forme de violence.

La contestation contre le 3ème mandat du président Nkurunziza doit rester pacifique car la moindre dérive violente sera fatale au mouvement et légitimera la réaction brutale d’un pouvoir adepte du passage en force.

  17   Vos commentaires
  1. Jean-Pierre Ayuhu

    Cher Antoine,

    Votre Edito est très bien pour ceux qui ne connaissent pas le Burundi.
    Si dans un premier temps, la contestation semblait légitime, très rapidement, elle a pris d’autres tournures. Et dire qu’une connotation ethnique n’y est pas, je ne vous crois pas. Bien évidement que tous les ethnies y sont. Les uns de bonne foi parce qu’il s’agit d’un combat juste, celle d’un 3ème mandat de trop. En revanche, l’arbre cache toujours la forêt. Je vous laisse étudier/analyser la configuration géographique des manifestations, la configuration de ceux qui appellent à manifester et vous tirerez les conclusions.
    Espérons une chose. Que notre chère patrie ne sombre dans des problèmes que l’on a longtemps cru résolu.
    Comme les Burundais ne disent jamais la vérité et qu’ils n’osent jamais nommer les choses, la quasi totalité de la classe politique tutsi est unanime pour la rue, la jeunesse tutsi est instrumentalisée, en revanche, les hutu sont certes contre le 3ème mandat mais ne plongent pas dans les violences. C’est la réalité….qui blessent ou plaisent, je n’en sais rien!

  2. Nganji

    La Belgique vient d’annoncer la suspension temporaire de son aide à la CENI et à la Police nationale du Burundi. None ibindi bihugu birindiriye iki ngo navyo bizihagarike vy’agateganyo ko mu Burundi ibintu vyayangaye. Abantu benshi bapfungiwe ubusa, abakomerekeye mu myiyerekano bari mu bitaro, amabarabara ni imyiyerekano n’ingwano z’igipolisi gusa, impunzi zo ntawoba akivuga, kandi abo bose ni abagomba gutora canke kwitoza. Ahubwo baratevye guhagarika izo mfashanyo kuko vyifashe nabi mu Burundi. J’espère que ça ouvrira les yeux à Nkurunziza n’abajejwe sécurité mu Gihugu. La paix et la sérénité aux citoyens d’abord, les élections après. Ntiwoja gutora canke gukora campagnes électorales mu bantu imitima yahahamutse nukuri. Nibayategure neza hanyuma akorwe en toute sérénité.

  3. Jean Louis

    Et qu’en est-il de nos étudiants universitaires qui avaient élu domicile devant l’ambassade des États-Unis???

  4. Kana Antoine-Marie

    Le troisième mandat de Nkurunziza est un mal comme le sont les scènes de violence qu’on voit ces derniers jours dans certains quartiers de Bujumbura. Toutefois, entre deux MAUX, il faut choisir le moindre. L’image d’une personne brulée est inacceptable. Cela rappelle les sombres moments de l’épuration ethnique des quartiers et, personne n’oserait penser que les organisateurs des manifestations voudraient donner ce genre de message.
    Une autre chose est que, malheureusement, les jeunes et le bas peuple semblent être sacrifiés. Les images montrent des badauds et des femmes de modestes conditions des quartiers pauvres. Ce qui laisse penser que ce sont des gens exploités à des fins politiciennes. Les politiciens et les représentants de la société civile ne devraient pas exciter le bas peuple à manifester du fonds de leur confort? Ils devraient prendre les devants pour donner de la valeur à la cause. S’ils veulent que l’histoire se rappelle d’eux, ils devront pouvoir vaincre la peur et avoir une vision rassembleur. Le statu de personnalité publique vient avec des risques que des gens comme Gandhi, Mandela, Martin Luther King, Rwagasore, Ndadaye….n’ont pas eu peur de braver. Sinon, ils perdent leur précieux temps qu’ils pouvaient utiliser ailleurs pour leur bénéfice personnel et des leurs.
    Juste un dernier conseil, le jeu de la chaise vide ne vous a pas servi ou servi le Burundi. Autant le Burundi a besoin d’un gouvernement au service de tout Burundais, autant il a besoin d’une opposition forte capable de garder l’oeil sur l’action gouvernementale.

  5. Wise

    Je viens de lire sur Africatime.com see AFP du 8 mai 2015 que

    « …….Selon M. Djinnit, la communauté d’Afrique de l’Est « exige que le président confirme publiquement que son troisième mandat sera le dernier, qu’il garantisse un espace politique pour l’opposition et traite la question des réfugiés ». Selon l’ONU, 50.000 Burundais ont déjà fui vers les pays voisins – See more at: http://fr.africatime.com/burundi/articles/burundi-le-conseil-de-securite-appelle-une-nouvelle-fois-au-calme-et-au-dialogue#sthash.SqAfkoHS.dpuf….

    • mafaranga

      Nous sommes le 13 mai! Il y’a toujours des retardataires qui suivent les évènements.
      M. Djinnit sait très bien que la répression de manifestations pacifiques n’est pas la solution.

  6. Tlsls

    Pourquoi le président n’a toujours pas encore été convoqué à l’ONU par exemple pour expliquer ce qui se passe dans son pays ???
    Tous ces ‘ bla-bla » des politiciens me dépassent. Je suis au bord de l’implosion de frustration quand je vois que mon peuple meurt et soufre chaque jour. La solution est toute simple  » Isoler, écarté, Mettre hors d’état de nuire les différents éléments nuisibles »
    Jour après jour, mon pays s’approche du gouffre. Une fois que le chaos se sera installé, ils vont venir avec leus casques bleus, des tantes pour réfugiés … Nous n’avons besoin de cela ! Nous avons besoin d’isoler les quelques éléments nuisibles puis nous tourner vers l’avenir.
    Tant que ces éléments nuisibles seront en liberté, there will be no peace in my country.
    So … à la communauté internationale… please arretez LE SHOW DIPLOMATIQUE et faite dans le concret.

    Tlsls, un Burundais dégouté

  7. Wise

    Cher burundais ntimuzotangare le sommet de mercredi va officialier une deception pour ceux qui ont soif de la democratie.
    Ne vous laisser pas sombrer dans la violence unitilement.

    • Shaka

      Et où est le problème, si le Burundi reste le Pays des burundais? On agira certe en conséquence n’est-ce pas? Reka turindire ico bitanga.

    • Mandela

      You are day dreaming brother! And go ahead….it is your right.

  8. Nokiragute

    Seulement des conseils au lieu de condamner avec la dernière énergie tout assassinat et comprendre que l’idée maîtresse derrière ces manifestations finit peu à peu à se dévoiler malgré tout.
    Ça rappelle les fameuses villes mortes qui n’ont servi qu’à renforcer la prise de conscience du danger d’un pouvoir discriminant et tuant, depuis l’indépendance, ces pauvres hutus comme si c’était un droit acquis.
    Les jeunes du parti au pouvoir ont-ils les même droits que ces autres? Pourtant même si ces manifestants les traitent de tous les maux rien ne prouve vraiment ce qu’on leur reproche, à part les traquer. Mais ceci n’est pas difficile: Pas de miracle car le parti en a et ils sont nombreux. il suffit d’aller où ils sont. Mais pourquoi chercher à prouver qu’ils sont mauvais,….
    Cela prouve les failles de toute mobilisation sans vrai conscience comme un philosophe s’interrogeant sur tout avant d’agir, d’une jeunesse au sang chaud avec le langage tournant en dérision toute personne du partie au pouvoir quelque fois avec raison mais finalement beaucoup de fois sans raison car sa thèse à défendre doit passer. Quel militant politique, depuis 94 jusque 2003, n’y avait pas cru ?
    Revenez quand même à la raison élémentaire rappelant que « Igihugu tugisangiye » malgré tout.

  9. Jambo

    Merci du conseil cher Antoine,la clé de la réussite de cette manifestation pacifique ,c’est de ne pas céder a la provocation des imbonerakure et cela jusqu’au jour J. Les adeptes de la non-violence ont vaincu les armes patiemment mais assurément.

  10. Theus nahaga

    Pour Nkurunziza et sa clique, il y a deux possibilités: attendre que la faim nous broie et nous fasse céder ou que certains d’entre nous perdent les nerfs et se laissent entrainer dans le vertige de la violence. Il parait qu’il y a un plan de Nkunziza et Nshimirimana pour nous faire descendre aux enfers (libre belgique). On a l’impression qu’ils comptent sur nos erreurs pour mettre en marche cet infernale entreprise, sinon il est très difficile de comprendre cette myopie politique dont Nkurunziza fait preuve en allant déposer sa candidature alors que nous savons pertinement que des élections ne peuvent pas être organisées dans les conditions actuelles.
    Nkurunziza et sa clique doivent partir, nous y tenons. Après on trouvera une ou plusieurs personnalités qui pourront organiser des élections libres et transparentes dans les prochaines 3-6 mois.

  11. Muhire

    Rien sur l’arrestation d’Audifax dans ton edito?

  12. Citoyen2

    Vous avez raison cher Kaburahe.mais la question est: jusque quand ces jeunes malmenés tous les jours par le pouvoir parviendront -ils a rester calmes et sereins ? ça se voit que la dernière carte du pouvoir est désormais la provocation pour que la contestation sombre dans la violence et ….. ainsi le pouvoir saisira l’occasion pour décrédibiliser les manifestants et même les réprimer plus durement. aussi machiavélique que cela puisse être, on voit bien qu’on tend vers la.

  13. yemwe ivyo nivyo.

    • hat

      L armée assiste les bras croisés aux forfaits des policiers et leurs seconds qui sont les imbonerakure. Est ce vraiment l attitude à prendre pour une armée? C est non assistance à un peuple qui fait vivre ces militaires. C est de la trahison pure et simple. Quant à la violence ,souvenez vous des groupes armés dont Nkurunziza arrivé au pouvoir les armes à la main. Des fois n’y a de choix que la violence. Courage ,nta joro ridaca.

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