A l’occasion du premier anniversaire de la signature de l’Accord de paix, de sécurité et de coopération dans la région des Grands Lacs, une conférence de presse a été organisée au siège de l’Union Africaine à Bujumbura. De l’espoir pour la région et le Burundi.

Ambassadeur Boubacar Diarra : « Nous ne pouvons pas imaginer un seul instant d’aller vers les élections de 2015 sans un accord politique inclusif entre toutes les parties concernées » ©Iwacu

Ambassadeur Boubacar Diarra : « Nous ne pouvons pas imaginer un seul instant d’aller vers les élections de 2015 sans un accord politique inclusif entre toutes les parties concernées » ©Iwacu

Elle était animée par l’ambassadeur Diarra Boubacar et Mudibo Touré. Respectivement représentant spécial de l’Union Africaine dans la région des Grands Lacs et au Burundi, et conseiller spécial de Mary Robinson, envoyée spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies dans la même région. Cette conférence visait à faire le point sur ce qui a été accompli au bout de cette année.

L’ambassadeur Diarra a rappelé que cet accord a été signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba par 11 Chefs d’Etat, auxquels se sont ajoutés récemment deux autres pays, le Kenya et le Soudan. Le conflit dans le nord Kivu, en RDC, étant devenu une menace pour la région. « Au moment où nous marquons le premier anniversaire, beaucoup de choses restent à faire. Mais il y a quand même des jalons importants qui ont été franchis et, petit à petit, se met en place un processus de concertation entre les différents acteurs », a indiqué M. Mudibo. « L’importance de l’accord, c’est que les 13 Chefs d’Etat l’aient signé, et cela les a engagés politiquement et a conduit, ce qui est un succès notable, à la neutralisation du M23 », a ajouté l’ambassadeur Diarra.

En soulignant qu’il y a encore 7.000 éléments rebelles qui sont en RDC qu’il faut cantonner, désarmer, démobiliser et réinsérer. « Mais nous devons veiller à ce que les groupes armés dont les éléments se seraient rendus coupables de violations massives de droits de l’homme ne soient pas amnistiés » a-t-il souligné.
En précisant que la prochaine étape est la neutralisation de la centaine de groupes armés qui pullulent en RDC, dont les FDLR, qui se sont créés pour exploiter illégalement les ressources minières : « La CIRGL a demandé la mise en place d’un processus de certification de ces ressources minières pour voir si elles ne contribuent pas à la guerre. »

La situation au Burundi est suivie de près …

L’ambassadeur Diarra a fait remarquer que l’accord s’intéresse également aux causes profondes du conflit que sont les problèmes de terre, de nationalité et de réfugiés : « Nous n’avons pas perdu de vue cette question fondamentale, nous sommes en train de réfléchir, avec les Chefs d’Etat, comment ces causes profondes peuvent trouver une solution. »

En répondant à certaines réponses sur le Burundi, l’ambassadeur Diarra a fait savoir – le Burundi faisant partie de l’accord – qu’ils suivent avec beaucoup d’attention ce qui s’y passe depuis quelques semaines. En soulignant que les Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Etats Unis, le médiateur et l’initiative régionale sont garant de l’Accord d’Arusha de 2000. « Tout ce qui peut interroger sur l’efficacité de cet accord nous interpelle…Je pense que nous tous nous travaillons à ce que le dialogue soit établi entre le pouvoir et le parti Uprona. Parce que ce dialogue est l’une des conditions du respect de l’esprit et de la lettre de l’Accord d’Arusha. »
L’ambassadeur Diarra a ajouté que beaucoup d’actions sont menées dans ce sens et qu’il est confiant en leur issue. Il a rappelé ce que le Chef de l’Etat a dit dans sa dernière intervention à Bujumbura rural : « Je suis partisan du respect de la lettre et de l’esprit d’Arusha, et je mettrai tout ce qui est en mon pouvoir pour que chacun se sente membre de la nation burundaise et que nous puissions tous vivre en paix. »

En appréciant les étapes déjà franchies dans le sens du dialogue, l’ambassadeur Diarra a invité tout le monde à continuer dans le processus déjà engagé « parce que c’est une inclusivité qui a manqué au processus électoral de 2010. »

Je n'approuve pas (2)
Mots-clés :