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Santé

Bujumbura-Mairie : cocaïne, quand tu nous tiens !

Soit tu deviens accro, soit un consommateur périodique. Les conséquences sont désastreuses. Après hésitation, certains acceptent de témoigner sous anonymat.

Des drogues de différentes sortes (cocaïne, chanvre,...) saisies le 1mai 2013 par le service national des renseignements ©Iwacu

Des drogues de différentes sortes (cocaïne, chanvre,…) saisies le 1mai 2013 par le service national des renseignements ©Iwacu

Des jeunes témoignent : « Au début de l’année 2013, un gramme de cocaïne s’achetait à 60.000 Fbu. Aujourd’hui, le prix a grimpé jusqu’à 90 mille Fbu. » Un consommateur de la cocaïne n’est pas physiquement différent des autres. Des jeunes en prennent, des personnes adultes, des riches, des moins riches aussi.

« On peut en trouver chez des dealers puisqu’il y a une demande. A condition de s’intégrer dans le groupe ou plus précisément dans le réseau », témoigne un jeune homme qui vient de passer 4 ans en tant que consommateur. Sans aucune gêne, il explique qu’il a sniffé pour la première fois par curiosité : « Je voulais découvrir de nouvelles sensations et vivre la même chose que mes amis qui ont commencé quelques années avant moi. » Ce jeune homme consomme la cocaïne occasionnellement car, dit-il, c’est un luxe qui coûte cher : « C’est comme boire du champagne. »
Il indique que la commande se fait par téléphone, de préférence si le client est dans le réseau des consommateurs. « Quand tu prends de l’alcool et qu’en même temps tu sniffes, tu peux faire la fête et tenir deux à trois jours sans te fatiguer», avoue le jeune homme.

Difficile de rompre la dépendance toxicomaniaque

Une autre jeune mère de trois enfants, larmes aux yeux, reconnaît qu’elle ne peut pas se passer de la cocaïne : «  Chaque fois que je suis en manque, j’ai toujours un dilemme : accepter de suivre une cure de désintoxication ou continuer à prendre de la coke. » Elle aussi a été entraînée par ses amis et ils s’entraident financièrement pour s’en procurer. Toutefois, la jeune femme mentionne qu’elle sent une sensation exquise après avoir sniffé cette drogue dure : « Tu as du punch, tu ressens plus la fatigue et ce feeling qui te manque quand tu n’en as pas pris. » Son mari ignore que sa femme est une toxicomane.

Le service national de renseignement a saisi, le 1 mai, plus 57 paquets de chanvre, 3 sachets contenant des graines de drogues non encore identifiées, une quantité pas moins importante de cocaïne et une machine broyeuse. Trois trafiquants ont été appréhendés dans le quartier de Kigobe (Nord de la capitale Bujumbura) : une Ougandaise, un Nigérian et un Rwandais. En moins d’un mois, d’autres personnes d’origine étrangère avaient été arrêtées à l’aéroport international de Bujumbura avec des sacs de cocaïne.
Sylvère Sakubu (psychiatre) : « la prise de la cocaïne a un effet néfaste sur le cerveau » ©Iwacu

Sylvère Sakubu (psychiatre) : « la prise de la cocaïne a un effet néfaste sur le cerveau » ©Iwacu

Pour le Dr. Sylvère Sakubu, psychiatre, psychothérapeute et neurophysiologue, la consommation de la coke est une réalité ici à Bujumbura. La prise de cette substance, qu’il qualifie de psychoactive (ayant une action néfaste sur le cerveau), cause des conséquences fâcheuses : douleur abdominale intense, sommeil prolongé adynamique, des éléments dépressifs, instabilité de l’humeur, attaques de panique, paranoïa, mort par overdose, … Et 2 à 3h après la dernière prise, ajoute le docteur, l’état de manque est là et le deuxième jour, le craving (degré d’en reprendre) est à son niveau maximum.

« Le patient doit avoir une volonté ferme pour abandonner »

Les demandes de désintoxication, Dr Sakubu en reçoit beaucoup. Mais, il note que ce n’est pas évident de rompre avec cette dépendance toxicomaniaque. Il explique que la dépendance est d’abord psychique : le consommateur prend la coke comme seule source d’épanouissement. Ensuite la dépendance physique où l’organisme manifeste des symptômes. « La personne est prête à tout pour s’en procurer et organise sa vie en fonction de la drogue », fait savoir le docteur. Ils se sentent libres des exigences de la réalité et mènent une vie marginale. Les consommateurs de la cocaïne sont de vrais manipulateurs pour avoir ce qu’ils veulent et pour gagner la confiance surtout dans leurs familles.

Concernant le traitement, Dr Sakubu, indique que ses patients ont des sentiments ambivalents (suivre une cure de désintoxication ou continuer dans la même voie). Pour la plupart, ils viennent en désintoxication sous la pression de leurs familles ou sous influence des amis qui s’en sont bien tirés. « J’essai de détecter, après trois à quatre consultations, la vraie motivation du toxicomane en lui demandant aussi d’exprimer clairement ses problèmes », note le psychiatre. Le docteur précise que le patient doit avoir une volonté ferme pour abandonner sinon il le renvoie à la maison. Pour la cocaïne, il faut prévoir un programme spécifique combinant des médicaments et une psychothérapie comportementale. Après le traitement, le toxicomane rentre avec des techniques de communication très utiles pour son retour en communauté. Et un suivi, de la part du médecin, doit se faire.

  15   Vos commentaires
  1. d

    Qu’est ce que ca avoir avec les ethnies? Abantu biyumvira uko nibo bazotuma tudatera imbere, n’abo baja murumogi muri mubaka espoir et ils se tournent muri drogue. C’est un fleau de societe pour une fois nimwiyumvire nk’abarundi!

  2. NOM A LA COCAINE

    La drogue ne choisie pas d’ethinie ! Detrompez vous, certes, elle frequente surtout les milieux de jeunes aises, que je sache, de nos jours, toute ethnie a une elite de jeunes financierement aises ! Donc, ceci en fait un probleme nom discriminatoire ! Ahubwo, abarundi basigaye barataye umutwe, demain, ce serra difficile de vivre a buja, a voir le taux de criminaliter izoba ihari…abo ba police nibata cagura neza ngo bagwanye igwo rudandaza, bizo bagarukako..kuko dans le future ce serra au tour de leur enfants yo kubijamwo…c’est un cercle vicieux…l’argent salle n’amene jamais le bonheur !! Tot ou tard, l’on paie sa facture a la caisse !!

  3. Tycoon

    To our sisters and brothers de Bujumbura muraheba gufata ivyo bishano ngo ni Cocaine please Uburundi bwizeye kuri mwebwe nyene hama mwibuke ubukene turimwo iyo 60.000 ou 90.000 fr.bu par gramme mwo yakoresha muri vyinshi bizima!!
    In the name of Jesus Christ, I bind every evil spirit and every plan made kuri kazoza ki Burundi!!

  4. Rukundo

    Kuri bashiki bacu na benewacu Tutsi de bujumbura turabasavye mureke kugwa muriyo mitego y’umwansi mukurya naduke mwari mugisigaranye canke mwari mugishobora kuronka tuva hirya no hino!! Shalom

    • Mugunza

      @Rukundo

      Uvugubesha sha abo batutsi benewanyu ukebura utaronse ico ubagaburira bazokwihekurira kubiyovy’ubwenge!

      • Rukundo

        Basha ntabakebura gusa murantuga ncuti kuko nibo bafata izo champagne ntizo cocaine kandi nkibaza abafata ivyo ko batabuze ico bafungura was only asking them to spend it carefully!! Komera

      • NOM A LA COCAINE

        L’ignorance irica nayone ! Unomusi abo batutsi nta mahera bagira ya cocaine ! Hariho utugwi dushasha twaba jeunes bubwoko buharawe, que je sache nabonyene bagendera aho iyo cocaine igurishwa…aho ndakubwira ivyo nabonye namaso yanje !! Muragabe rero, muze murye mubika ayo kuzo vuza abana banyu namwe ! Sinom, ico noba terera kindi ni kuja kumavi namwe tugasengera ugwaruka gwuburundi ! Umwasi subwoko ncuti, umwasi ni satani !

  5. QUERIES

    Muhirwe iyo Reference biblique utubwiye siyo? Jn 4: 16-18? Usengera hehe wewe?

  6. Rukundo

    Yesu arafashwa Muhirwe ntubeshe abantu, ugwaye il faut te faire soigner.

  7. Jean Claude Nkundwa

    le sous titre du dernier paragraphe semble nous annoncer ce qui est different de cequi est ecris. il fallait nous dire comment ce traffic se fait chez nous et le reseaux du commerce.

  8. Si jamais le besoin de mettre en place les centres de désintoxication je suis prêt à venir aider. Je sais à quel point ce fléau fait des ravages ici au Canada.

  9. CAMPINGWE

    A MUHIRWE,

    Cher Monsieur, cessez de baver devant un problème national grave, à savoir, la toxicomanie….Voilà ce que le Service National de Renseignement devrait traquer et réprimer sans pitié au ,lieu de casser du FNL et de l’opposant…qui ne soutient pas les DD…! Ariko ko harimwo akanoti j’ai peur ko bazohava bahumiriza kugira bagabure….! Ariko turagowe ko cocaine itwinjiranye mu gihugu kweri..! C’est uen catastrophe surtout chez les jeunes gens prêts à tuer pour voler et trouver de l’argent pour s’approvisionner..La guerre des gangs va bientôt comemncer comem cela s’observe à Marseille et surtout dans les pays de l’Amérique latine comme la Colombie….! C’est uen triste nouvelle pour le Buurndi..Ve hasi mugwanye abadandaza ivyo biyovya bwenge…!

  10. Muganga

    Allez voir si tout ce monde arrêté se trouve encore à la prison. Si vous les y trouvez, je vous donnerai quelque chose (Nzobaha akantu). La justice burundaise, elle est trop facile à corrompre. Les policiers font leur boulot, arrêtent les malfaiteurs, les transfèrent au parquet, et dès que les policiers s’éclipsent, hops, les criminels arrivent à la maison chez eux avant même que les policiers n’arrivent dans leurs casernes. Sur 100 criminels arrêtés, seulement 5 restent en prison au-delà d’un mois. Et ces 5, ce sont les petits voleurs qui n’ont rien à donner aux magistrats.

    • Derbie

      C’est grave comme problème quand vous dites que un petit sache coûte 60mille ça c pour les riche il y a une drogue moin cher communément appelé BROUWN SUGAR peut s’en procurer à parti de 2000fbu et qui a des effets encore plus néfaste que la cocaïne la personne ne se lave près plus et ne manger que du pain , des fruits et limonade

  11. Muhirwe

    Nta muti atari Yesu akiza inyota zose abahinga bashobora kuronka!Soma Jean 4:16-18
    Akira Yesu urakira mwe n’abo mu nzu yawe(ibikubamwo)

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