http://www.iwacu-burundi.org/wp-content/uploads/2016/12/DG-Advisor-USAID-9-o-20-DEC.pdf
Archives

Bourse d’étude : les étudiants n’en peuvent plus

21-06-2011

Avec cet appui financier de l’Etat, un étudiant externe ne peut pas bien faire ses études et répondre aux exigences sociales (rendre régulièrement visite à sa famille). Le ministre de l’enseignement supérieur, Dr. Julien Nimubona voudrait que la bourse soit plutôt remboursable.

Emery, 23 ans, regarde les dernières annonces sur le panneau d’affichage au campus Mutanga de l’université du Burundi. Cet étudiant externe (qui vit à l’extérieur du campus) s’intéresse aussi aux offres d’emploi, car pour lui comme pour les autres 10 500 étudiants de l’Université du Burundi, les 30 mille francs Bu qu’il reçoit mensuellement de l’Etat sont insuffisants pour joindre les deux bouts du mois. Pourtant, en instaurant cette bourse, le gouvernement voulait assurer une certaine aisance financière aux étudiants. Mais la réalité est actuellement tout autre : « Pour arriver à un enseignement supérieur de qualité, il faut repenser complètement le système de bourse et le côté vie sociale des étudiants, » précise le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Julien Nimubona. L’ancien professeur d’université ajoute qu’aujourd’hui il faut qu’il y ait plus d’accessibilité à l’enseignement secondaire.

« C’est très peu ! »

Ainsi, avec 30.000 FBu par mois, les possibilités d’étudier mais surtout de vivre sont très restreintes pour assurer logement, fournitures académiques, transport, nourriture. « C’est insignifiant, » explique le président de l’association Fraternité des Etudiants de Rumuri (FER), Aaron Ndayisenga : « Il y avait un temps où cette bourse suffisait, mais avec l’augmentation des prix sur le marché local, elle ne couvre plus les besoins élémentaires de la vie quotidienne. Depuis la dernière augmentation de la bourse en 2006, le prix de logement, de l’alimentation et du ticket transport ont augmenté.» A la question de savoir si on peut s’acheter un ordinateur, qui est plus ou moins obligatoire pour bien étudier, Aaron sourit : « C’est impossible. » Les étudiants internes ne reçoivent que 9 000 FBu. Le loyer de la chambre et le coût des repas au restaurant universitaire étant à charge de l’Université. Concernant la situation des logements au campus Mutanga, Aaron Ndayisenga montre qu’il y a un grand manque. Bien que tous les étudiants doivent avoir la possibilité d’être logés, environ 7 000 n’ont pas une chambre. De même, tous les étudiants de la troisième année ne sont pas logés au campus.

Cela frise la mendicité

Pour combler le vide, des étudiants compte sur la charité des amis : « C’est avec leur aide qu’on parvient à survivre. Puisqu’on ne trouve pas de boulot, » se désole Emery. Le président de l’association des étudiants estime qu’il faut au moins le triple de la bourse actuelle pour permettre aux étudiants de s’en sortir. A la question de savoir s’il aura une augmentation de la bourse, le ministre limite : « Si augmentation il y a, ce serait pour des filières stratégiques. » Pour lui, avant d’augmenter la bourse d’étude, il faut revoir à la hausse le budget des universités : « On donne 30 000 FBu à tous les étudiants et on ne donne rien à l’université pour récupérer les frais de laboratoires, pour garantir un accès aux ordinateurs, pour un enseignement de haute qualité.» Comme système fiable, il prend comme exemple le cas du Rwanda : « Là-bas, la bourse d’étude est remboursable. C’est-à-dire qu’à la fin de sa formation, l’étudiant va la rembourser. Pour les étudiants burundais, le ministre a annoncé de soumettre au conseil des ministres, à la fin de l’année, un projet allant dans ce sens.

Publicité