Lundi 12 avril 2021

Société

Visite de la ministre chargée des médias à Iwacu : «Montrer ce qui ne marche pas dans la véracité»

05/03/2021 Abbas Mbazumutima 2
Visite de la ministre chargée des médias à Iwacu : «Montrer ce qui ne marche pas dans la véracité»
Visite à l’imprimerie

Fonds d’appui aux médias, retour au pays des journalistes burundais en exil, rétention de l’information, appui à la dynamique du développement, … telles sont les questions abordées au cours de la visite au Journal Iwacu effectuée ce jeudi 4 mars par la ministre en charge des médias.

« Montrer ce qui ne marche pas ce n’est pas être contre ’’l’action gouvernementale, c’est aussi une manière de contribuer à la construction du Burundi, nous sommes des patriotes », a déclaré le directeur des publications du Groupe de Presse Iwacu, Léandre Sikuyavuga. C’était juste après une visite guidée dans différents services de cet organe.

Il a tenu à rappeler le leitmotiv du Journal Iwacu : « Nous sommes là pour toutes les voix du Burundi, notre souci est d’informer avec rigueur, indépendance et impartialité. Tous les citoyens ont droit à la parole, sans distinction, Iwacu est ouvert à toutes les opinions pour autant qu’elles respectent la loi ».

Léandre Sikuyavuga : « Nous voulons croire que le pire est derrière nous. Et votre visite conforte nos espoirs »

Le directeur des publications du Groupe de Presse Iwacu a salué l’esprit d’ouverture affiché par le chef de l’Exécutif burundais envers les médias et a réitéré ses remerciements pour la libération des 4 journalistes d’Iwacu par mesure de grâce présidentielle.

Malgré différents coups durs, a-t-il souligné, Iwacu est resté fidèle à sa devise : une tribune pour tous. « Avec la crise de 2015, nous avons perdu un confrère, Jean Bigirimana, d’autres ont été contraints à l’exil, des collègues ont connu la prison. Iwacu a traversé bien des péripéties. Nous voulons croire que le pire est derrière nous. Et votre visite conforte nos espoirs ».

Dans son message, la ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et des Médias, Marie-Chantal Nijimbere a rappelé cette crise qui a frappé de plein fouet les médias privés burundais. « Ce qui s’est passé doit nous servir de leçons pour plus de respect de la déontologie, des règles d’éthique afin d’être en harmonie avec les lois du pays ».

La ministre Marie-Chantal Nijimbere insiste beaucoup sur ce point : « Il faut donner des informations constructives, vérifiées, fouillées et équilibrées. Je suis d’accord qu’il faut montrer ce qui ne marche pas mais il faut le faire dans la véracité ».

Elle appelle tous les médias à accompagner le gouvernement dans ses initiatives pour le développement du pays : « Les élections sont finies, nous sommes conscients que les médias sont un partenaire incontournable de le processus de développement, il faut qu’ils s’inscrivent dans la dynamique du développement et de la promotion de l’image du pays ».

60 millions BIF comme Fonds d’appui aux médias

La ministre Marie-Chantal Nijimbere : « C’est aux journalistes en exil qui ne se reprochent de rien de prendre une décision de rentrer »

Pour ce qui est du fonds d’appui aux médias, la ministre en charge des médias a révélé qu’il s’agit de 60 millions de francs burundais. Même si c’est insuffisant, regrette-t-elle, dans les prochains mois nous allons essayer de partager cette somme aux différents médias selon leurs besoins.
« Nous ne parviendrons pas à couvrir tous les besoins des médias, au vu des problèmes financiers auxquels ils font face, nous ne pourrons même pas couvrir la moitié des besoins, même pas un quart», a-t-elle fait savoir.

Pour la question des journalistes en exil, la ministre Marie-Chantal Nijimbere, appelle ceux qui n’ont aucune charge contre eux de regagner la mère patrie : « Il y a le principe de  retour volontaire et il revient à ceux qui ne se reprochent de rien de prendre une décision. Le pays a besoin de tous ses fils et filles pour se développer ».

Au moment où certains journalistes sur terrain se retrouvent face au refus des autorités locales de communiquer, la ministre Marie-Chantal Nijimbere suggère, pour remédier à ce problème de rétention de l’information, de changer de technique d’approche.

«Il faut que ces reporters s’introduisent chez ces autorités avec leurs cartes de presse pour que ces administratifs puissent les reconnaissent. Il y a ces derniers jours prolifération de médias privés et en ligne. Il faut ensuite décliner son identité et son média, et présenter par après la thématique afin d’éviter tout malentendu ou désagrément », propose-t-elle.

D’après la ministre en charge des médias, il faut bien collaborer avec les autorités locales. «Ce sont des partenaires incontournables sur terrain parce que certaines informations ne nécessitent pas l’intervention du porte-parole de telle institution. Il y a de nouveaux journalistes, il faut les encadrer, cela facilite les relations avec l’administration locale ».

 

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Pce

    Entre-temps l’aide de l’UE attendra . De toutes facons je pense que les politiques n’en ont plus besoin , les populations si . Et les populations ils n’en ont rien à cirer .

  2. Jereve

    Je déteste ces mots « ceux qui ne se reprochent de rien ». C’est un mauvais souvenir de 1972 où il était dit que « ceux qui ne se reprochent de rien » n’avaient rien à craindre, pouvaient circuler librement et se présenter aux autorités locales. Nombreux de ceux qui y ont cru sont maintenant dans les fosses communes. Où vais-je en venir ? En décidant l’ouverture des médias, le Président a amorcé une nouvelle réflexion qui sort des sentiers battus. Pour dire : nous ne pouvons plus continuer à nous cantonner dans les décisions des années passées. Il nous faut évoluer dans notre réflexion et dans la façon de voir les vrais problèmes et solutions de notre pays. Je m’attendais à ce que la Ministre abonde dans ce sens en disant que la question des journalistes en exil est sur la table. En répondant que « ceux qui ne se reprochent de rien » peuvent rentrer, elle reste dans les schémas du passé et en a fait une question taboue. Pas rassurant.

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