Une délégation israélienne de docteurs spécialisés en soins d’urgence néonatals est au Burundi pour former le personnel médical et fournir du matériel de pointe. Avec l’appui de l’ambassade d’Israël au travers MASHAV l’Agence israélienne de coopération internationale au développement, cette mission vise à renforcer durablement les compétences en réanimation néonatale afin de réduire la mortalité infantile.
La formation rassemble des médecins issus de plusieurs établissements publics et privés, parmi lesquels l’hôpital militaire de Kamenge, l’hôpital Prince Régent Charles, le centre hospitalo-universitaire de Kamenge (connu sous le nom d’hôpital Roi Khaled), la clinique Prince Louis Rwagasore ainsi que Kira Hospital. Pendant plusieurs jours, les participants seront formés autour de notions essentielles telles que la « minute d’or », les techniques de ventilation de base et avancées, l’intubation et les pratiques de simulation clinique.
Le Dr Meir Ezra Elia, spécialiste en néonatologie et membre de la délégation, a souligné l’objectif central de cette initiative : « On est ici pour avoir des séances de formation et d’échange d’expérience en vue de renforcer les capacités des équipes médicales de différents hôpitaux du Burundi, afin de sauver la vie de nouveau-nés en améliorant les compétences en réanimation néonatale et en garantissant une transmission durable des connaissances médicales. »
L’un des formateurs, le Dr Franck Kouadio, pédiatre néonatologiste ivoirien et membre de NFA (Neonatologists for Africa), a rappelé les chiffres préoccupants sur la mortalité infantile en Afrique. « En réalité, lorsque nous avons parcouru un peu les différents chiffres et la régulation mondiale, nous nous sommes rendu compte que les données de l’OMS et même des ministères nous disent qu’en Afrique en général, nous avons une mortalité infantile de 30 pour 1 000 naissances. Il y a même certains pays qui atteignent une mortalité infantile de près de 67 pour 1 000. Et c’est une mortalité très, très importante. »
Comparant la situation africaine à celle des pays développés, il ajoute que : « Lorsqu’on compare cette mortalité à celle des pays développés comme les États-Unis, on est à 6,5 bébés qui vont mourir pour 1 000 naissances vivantes. Et en Israël, on est encore plus faible, à 2,7 pour 1 000. Et donc, vu l’expérience de ces pays comme Israël, qui ont un taux de mortalité infantile très faible, on a voulu venir au Burundi, pour pouvoir appuyer le Gouvernement à atteindre leurs objectifs de réduction de la mortalité infantile. »
La « minute d’or », cœur de la formation
Une part significative du programme concerne l’apport de matériel spécialisé destiné aux unités néonatales. Le Dr Kouadio explique que l’équipe a apporté des équipements permettant d’améliorer la prise en charge des nouveau-nés en situation critique. Il insiste sur l’importance de la première minute de vie pour la survie des nourrissons : « Il faut savoir que près de 90 % des nouveau-nés qui meurent, en réalité, décèdent durant la première minute de vie. Alors, comment pouvons-nous aider à réduire la mortalité infantile ? C’est simplement en aidant à réduire les morts de ces bébés-là durant la première minute de vie. Et lorsqu’on fera cela, je pense qu’ici au Burundi, et même dans certains pays d’Afrique, on pourra réduire de façon très drastique la mortalité. »

Il précise également que la mission ne se limite pas à transmettre des connaissances théoriques, mais qu’elle met l’accent sur la pratique : « Nous tenons véritablement à non seulement former, mais surtout à pratiquer et à apporter un appui matériel nécessaire pour accompagner cette formation. »
Le Directeur général de l’hôpital militaire de Kamenge, le Général de brigade Dr Marc Nimburanira, salue l’initiative qui vient répondre à des besoins concrets rencontrés dans les services néonatals du pays. Il explique que son équipe a déjà été confrontée à des situations critiques qui ont mis en évidence certaines limites techniques. Il cite notamment un épisode où ses équipes ont eu à gérer la naissance de six jumeaux : « C’était une situation à laquelle on n’était pas préparé. Et comme techniquement on n’était pas préparé, nous avons perdu deux enfants sur les six. Du coup, on a réfléchi sur comment on pourrait améliorer nos connaissances et notre plateau technique pour que cette situation ne se reproduise plus. »
Pour lui, cette formation représente une étape déterminante pour améliorer la prise en charge des nouveau-nés en détresse : « La formation que nos professionnels de santé qui s’occupent des enfants en néonatologie vont recevoir va nous permettre d’acquérir des connaissances qui nous permettront de bien nous occuper de ces enfants qui naissent avec une instabilité hémodynamique, avec des difficultés respiratoires. Et comme ça, il y aura moins de décès à la naissance. »
Il voit également dans cette initiative un investissement direct dans l’avenir du pays : « Cela nous permettra d’être rassurés dans le futur pour faire face à toutes les situations qui se présenteront. Et pour cela, tout enfant qui naît pourra grandir, arriver à l’âge adulte et contribuer au développement de notre pays, et à la vision du Burundi 2040-2060. »
La délégation compte huit médecins : sept spécialistes israéliens et un médecin ivoirien, tous experts en néonatologie, soins intensifs néonatals, ventilation, intubation et formation par simulation. Ils possèdent une solide expérience dans la formation du personnel médical dans plusieurs pays.
Cette mission s’inscrit dans une dynamique de coopération à long terme entre Israël au travers de l’agence MASHAV, le secteur de la santé burundais et NACHAM Africa. Elle ambitionne d’assurer un transfert durable de compétences, en formant également des formateurs locaux capables de perpétuer et de diffuser les bonnes pratiques après le départ de la délégation.





Nous disons Merci pour la délégation israëlienne. En tant que burundais, nous sommes vraiment reconnaissant pour votre aide.