Vendredi 09 décembre 2022

Société

Un « petit-déjeuner » en enfer

22/07/2022 12
Un « petit-déjeuner » en enfer
Kick, la liqueur prisée des élèves en vacances

Tels des fonctionnaires qui se donnent rendez-vous le matin à la cafétéria pour prendre leur petit-déjeuner, dans quelques zones urbaines de Bujumbura, c’est presque devenu le même rituel pour certains élèves en vacances. Un petit-déjeuner   spécial ». A la place d’une omelette, un sandwich ou un verre de lait, les jeunes descendent des litres de liqueurs. Durant leur « petit déjeuner », un groupe de jeunes a accepté la présence d’un reporter d’Iwacu. Un récit qui fait peur.

Difficile de deviner à quoi ressemblent les journées de ces adolescents, si l’on ne baigne pas dans leur petit monde. Le temps d’une douche aux environs de 8 h du matin, le plus souvent après le départ de papa et maman au travail. C’est une autre journée qui commence pour eux. Derrière eux les examens, devoirs à domiciles et autres interrogations. Vive les vacances. Ils peuvent gérer librement leur temps comme bon leur semble. Pour ceux qui ont de l’appétit, deux ou trois cuillères dans les restes du repas du soir (umushusho) ou un morceau de pain. Une journée débute. Une autre. La routine. Les voilà sur les sentiers de leur bonheur. «A ce moment, histoire de bien digérer ou dissiper les cauchemars de la nuit. Ce qu’il nous faut, c’est un bon shoot de Kick ou Bols », murmure Eddy* (tous les prénoms ont été changés), un de ces élèves en vacances.

Aucun indice ne laisse penser que ce gentil garçon, peut ingurgiter au quotidien des litres entiers de liqueurs dont les degrés d’alcool dépassent 42%, la bouteille. « Et l’astuce veut qu’on ne commette  pas ‘’nos crimes’’  dans nos quartiers ». Une bonne stratégie, selon lui, qui permet de tromper la vigilance et de leurs parents et des forces de l’ordre en cas de descentes.

Dans cet avant-midi du mercredi 20 juillet, le natif du quartier Kibenga, est venu faire son « petit déjeuner » avec ses amis de Kinindo. Le « petit déjeuner ». C’est un code que seuls les initiés peuvent comprendre.

J’ai négocié. On a fait un « deal ». Ils vont me laisser assister à leur « petit déjeuner ». J’ai accepté de ne pas révéler les vrais noms. En retour, ils me laissent « planer » avec eux. En réalité, je ne sais pas ce que je vais vivre. J’avais déjà entendu parler de ce phénomène et le vivre excite ma curiosité de journaliste.

Aujourd’hui, ils ont choisi de se réunir chez  Jean * (les prénoms ont été changés), une cafétéria ? Non, plutôt une boutique  qui se trouve près de la paroisse Regina Pacis. A 10 h, presque tout le groupe est déjà au complet. Le temps de passer les commandes: Kick avec deux cigarettes, Bols avec de l’eau plate.

Malgré un choix riche et varié, ce jour, les six copains ont jeté leur dévolu sur Kick et Bols. Nom de deux liqueurs fabriquées localement par l’entreprise Meru Investment, dont le degré d’alcool est de 42%. Contrairement à ces autres cafétérias où le thé et le café se servent dans des tasses,  à la cafétéria dit chez Jean *,  les six copains partagent la bouteille. Une façon, disent-ils, de se rapprocher davantage.

Entre deux gorgées, ils ne cessent de s’extasier : « Du vrai miel ». J’observe, je prends note. Ils m’ignorent. Et c’est mieux ainsi. Après 10 minutes, la petite boutique qui fait à peine un mètre carré est devenue une vraie boîte de nuit. Autant dire que c’est désormais une règle chez Jean. Sur insistance de ses clients, « le petit déjeuner », se prend désormais sur fond musical. Ce jour, c’est Peter Tosh qui est à l’honneur avec son album « Legalise it ». Une chanson dans laquelle le Jamaïcain demande la légalisation du cannabis.

Balbutiant les paroles des chansons sans rien comprendre, les six copains sont déjà sur leur nuage. Un autre monde. Tels de vrais rastamen sur scène, à tour de rôle, ils se relaient sur un micro virtuel pour entonner un couplet. A chaque gorgée, ils se relaient la bouteille. Il fait chaud.
Les clients « normaux » qui entrent dans la boutique regardent pantois la scène. Dans certains yeux je lis la pitié. D’autres regardent, habitués, indifférents et ressortent.

Le groupe plane littéralement. Je pense que les jeunes ont oublié même ma présence. J’assiste à quelque chose de terrible. J’ai envie de leur dire, d’arrêter. Mais on a fait un « deal ». Je regarde et je ne dis rien.

Je pense aux dégâts que ces bouteilles d’alcool qui titrent 42° sont en train de faire dans leur foie, leurs estomacs, leurs reins obligés de filtrer ce poison. Je me surprends à détester ce métier. Mais je me fais violence. Je regarde, je note. Les heures défilent. Les bouteilles aussi. J’ai mal à la tête. A leur place. J’ai envie de vomir.

Mais eux, ils sont heureux, ils chantent

Plus étonnant, aucun d’eux ne laisse paraître un quelconque signe de gêne en buvant. Les bouteilles vides s’amoncellent. A ma surprise, ils en demandent encore.

Je dois travailler. Je suis là pour cela. Poser des questions. Je demande pourquoi ils préfèrent ces boissons au lieu des bières de la Brarudi, une simple réponse : «  Trop cher pour nous, et, ils ne procurent aucune sensation de joie ». Chiffres à l’appui, ils m’expliquent qu’avec 10.000 BIF, ils peuvent s’acheter 2 Kicks et un Karibu, ainsi partager à quatre. « Ce qui n’est pas le cas pour l’Amstel ou la Primus ». Quid des éventuelles conséquences sur leur santé, ils s’en fichent : «  En tout cas, c’est mieux que le Boost ou autres drogues. En plus,  on ne se bagarre pas.» J’ai envie de pleurer. Ce garçon pourrait être mon petit frère. Je ne sais pas que le pire est à venir.

La surprise

Soudain, un taxi s’arrête. A l’intérieur, trois jeunes adolescentes en tenue relax. « Mariko…4 Kicks, s’il vous plait », crie l’une d’entre elles en entrant. Interloqué, je n’en reviens pas : les filles en consomment, elles aussi !

Le moment de comprendre ce qui se passe, la jeune adolescente est déjà en train de taquiner les six copains. Ils se connaissent bien. Visiblement, elle a la vingtaine, avec ces cheveux tressés, sa casquette, elle est très belle. Mais ses yeux rouges trahissent une vie peu rangée. L’autre, ils me disent qu’elle s’appelle Yvette*. Très sûre d’elle-même, souriante, elle porte une mini-jupe. Les garçons lorgnent ses belles jambes.

Elle porte une belle montre dorée. Un français à l’accent impeccable. « Elle doit être une  ‘’come from’’ », une « arrivage ». Une autre, Kathy*, elle est complètement KO, je me demande si elle a dormi la nuit. J’ai mal pour ces jeunes. Mais je ne dis rien. Je note. Ils m’ont accepté. Je dois témoigner.

Une aubaine pour les boutiquiers

Ces boissons se remarquent, désormais, dans les rayons de chaque boutique

Avec une clientèle qui va crescendo, désormais dans les boutiques sur des étagères entières se trouvent les cartons de ces liqueurs et autres vins liquéfiés localement. A 1200 BIF, une bouteille de 30 cl avec un degré d’alcool de 16 %, Hozagara figure les boissons les plus prisées. Et depuis le début des vacances , Jean confie que les affaires vont plutôt bien. «Avec trois cartons de 24 pièces Hozagara écoulés par semaine et plus de 15 pièces Kicks ou Bols vendus le weekend. D’ici un mois, mon chiffre d’affaires peut doubler ».

Quid de l’âge légal pour consommer ces liqueurs. Réponse sèche : «  Effectivement qu’on n’en tient compte ! » Pourtant, à Kinindo, dans ce coin de perdition, dans ce mini enfer, j’ai vu que la plupart des jeunes gens rencontrés avaient entre 15-17 ans, 20 ans au maximum. Selon plusieurs témoignages, la seule préoccupation des boutiquiers et autres tenanciers d’échoppes : « C’est l’amende que leur collent les policiers s’ils surprennent une personne en train de boire en dehors des heures permises par la loi » Or, révèle, un parent complètement démoralisé rencontré dans le quartier 4 de la zone Ngagara, c’est une guerre perdue d’avance. « Si  certains de ces agents de l’ordre sont dans leurs poches, comment vaincre cette tendance ? ». Il donne l’exemple d’un boutiquier arrêté,  il y a une semaine, suite à la vente de ces boissons aux élèves en vacances, mais très vite libéré.  Pour lui, une preuve qui montre à suffisance que c’est un réseau très bien huilé qui sera difficile à anéantir. «Même au sommet de l’appareil étatique, les vrais boss jouissent d’une certaine protection ». De Kinindo en passant par Musaga à Ngagara, selon des sources concordantes, la situation risque de prendre de l’ampleur si des mesures claires ne sont pas arrêtées.

Une règlementation qui peine à entrer en vigueur

Pourtant dans un communiqué du ministère de l’Intérieur sorti le 16 novembre indique : « Les boissons à plus de 20% d’alcool embouteillées en plastique ne seront plus autorisées sur tout le territoire national ».

Motif : selon des témoignages et des lamentations de la population, ces boissons sont néfastes sur la santé des consommateurs. Elles provoquent également un impact négatif sur l’accroissement de la production au niveau national et surtout dans des foyers.

La correspondance du ministère demande aux gouverneurs des provinces d’instruire les administratifs communaux et les commissaires provinciaux et communaux.

Preuve d’une certaine volonté, ladite mesure suivait celle du Bureau de normalisation burundais (BBN) prise fin août 2021, informant que dans 6 mois, les boissons de plus de 16 % d’alcool ne seront plus certifiées. Pourtant, jusqu’ici, aucune parmi ces sociétés n’a été inquiétées.
Les grandes sociétés locales (Imena et Crown Royal) commercialisant ces boissons continuent à les produire.

Envie de s’en sortir

Bien qu’ils semblent prendre du plaisir en consommant ces boissons, certains jeunes ont eu comme un petit éclair de lucidité. Un m’a confié vouloir s’en sortir. « Mais où aller ? Comment s’occuper ? », s’interrogent-ils en chœur. « Si tout au moins, il y avaient des activités ou petits emplois qui nous   aideraient à tuer notre temps, nous serions moins exposés », lâche un d’entre eux, entre deux hoquets, les yeux déjà vitreux.

Quand j’ai vu le groupe commander, je ne sais plus la huitième ou neuvième bouteille, je suis sorti. Ce n’était plus un reportage, mais une non-assistance à personnes en danger. Je suis sorti, ils ne m’ont même pas vu partir.

L’encadrement durant les vacances en question

Certains observateurs estiment que l’ennui expliquerait cette délinquance. Un avis partagé par Kana, parent habitant l’avenue Jeudi,  du quartier Kibenga. Il estime que s’il y avait des activités d’encadrement, les jeunes pourraient s’occuper utilement. Il se demande si les autorités à la base sont au courant de la situation. Oui, «  c’est une question dont on a pris à bras le corps », rassure Patience Itangishaka , chef de zone Kinindo.
Par rapport à la consommation de ces boissons prohibées, il indique que de concert avec les forces de l’ordre, ils mènent une campagne contre les boutiques ou autres personnes qui vendent ces boissons en dehors des heures permises par la loi ou à des enfants qui n’ont pas encore l’âge légal. « Si besoin, on leur inflige des amendes. Si nécessaire nous fermons ces établissements commerciaux ».

Concernant les activités d’encadrement durant les vacances, M. Itangishaka fait savoir qu’elles débutent le 25 juillet. «Outre les activités culturelles (danse traditionnelle, tambour), des activités sportives et des séances de moralisation sur la santé reproductive et méfaits de la consommation des drogues et  ces boissons prohibées sont prévues ».

Des pistes de solutions


« Si la loi de 2013, interdit aux boutiques de vendre des liqueurs dans leurs rayons. Pourquoi existent-elles encore ? », s’interroge David Ninganza, conseiller technique de la Sojpae. A l’instar de la Brarudi qui déconseille aux enfants de moins 18 ans de consommer des bières, il estime que cela devrait également être le cas pour ces boissons. « Or, aucune enseigne ». Revenant aux pistes de solutions, M.Ninganza propose qu’il y ait un plaidoyer à haut niveau. «Un cadre rassemblant toutes les parties prenantes qui peuvent statuer sur la question ». Entre autres, il cite le ministère de la Santé, celui de l’Intérieur responsable de l’encadrement de la population à tous les niveaux, le ministère du Commerce. A défaut de cela, prévient-il, le gouvernement devra en payer le prix fort. « Mis de côté la santé de ces jeunes gens, ce sont les grossesses non désirées auxquelles sont exposées les filles. ». Pour venir à bout de ce phénomène, il insiste également sur la sensibilisation des parents. « Ils doivent prendre conscience de la nécessité du dialogue parents-enfants». Or, durant les vacances, la tendance de certains parents est de se décharger de certaines responsabilités envers leurs enfants. « Un grave problème parce qu’ils peuvent penser que l’enfant dort alors qu’il est en état d’ébriété totale ».

Aussi, une attention particulière doit être accordée aux boutiques alimentaires. « Si c’en est une. Il faut qu’elle ne vende que  les denrées alimentaires et non les boissons ». Mais pour que tous ces efforts ne soient pas vains, il propose la mise en place des espaces « amis de l’enfant ». «  De par les thématiques explorées, les activités sportives et culturelles. Dans ces espaces, se trouvent un psychologue et un médecin qui sensibilisent sur les méfaits de la consommation de ces boissons ».


Consommer ces alcools est un suicide

« Quand bien même il existe les protocoles médicaux d’alcoologie et d’addictologie, et que l’addiction se soigne médicalement, psychologiquement… et même dans certains cas spirituellement, la consommation de telles boissons expose le consommateur plus souvent à l’addiction », explique N’ZI N’GLO Lucien, pharmacien, Expert en Réduction des Risques (RdR) chez les personnes usagères de Drogues (PUD). «Bien sûr, pour l’addiction,  tout est une question de dosage/degré ».A titre d’exemple, il cite certains médicaments. « Les sirops contre la toux contiennent de l’alcool, mais, ils ne peuvent pas te rendre accro à l’instar de ces boissons ». Parmi les autres conséquences, il indique que ces boissons peuvent être à l’origine des brûlures, ulcérations, perforations du tube digestif… surtout l’estomac. Idem que « la détérioration du foie, entraînant des affections hépatiques graves, parfois irréversibles telles que les cirrhoses du foie ». Et de conclure : « A cela, il faut ajouter, l’état d’ébriété qui parfois causer des délires avec risques de se blesser ou de violenter d’autres personnes »

 

 

L’œil d’un expert / « Si tu transformes, tu dois te conformer ».

Gervais Nzinahora, expert certifié dans l’analyse de la qualité des produits,  explique que  comme c’est la vie des gens en danger, les entreprises qui transforment ces produits, doivent se conformer aux normes internationales.

 

Gervais Nzinahora : « Si le BBN a conclu que ces produits ont un impact néfaste sur la santé de la population, il faut des mesures drastiques »

Votre commentaire par rapport à cette note du BBN du 31 août 2021 concernant la restriction des emballages de certaines boissons alcoolisées ?

Une bonne initiative parce que les effets de ces produits sur la santé de la population et de l’environnement ne cessent de s’amplifier. Toutefois, à bien d’égards, je trouve que ladite note comporte des zones d’ombres. Je pense que le BBN doit davantage expliquer aux consommateurs et aux opérateurs économiques.

Pour éviter toute confusion, par exemple, il doit faire une liste de boissons qu’il considère comme nocives à la santé humaine. De la sorte, éviter des interprétations à tout va à l’endroit du consommateur ainsi que de leurs fabricants.

La mesure stipulait que les demandeurs de certificat des boissons alcoolisées dont le degré d’éthanol dépasse 16,5%, empaquetées dans des plastiques ne seront plus éligibles pour recevoir le certificat de qualité…

A ce niveau, ma question est celle-ci : quelle est la suite réservée aux importateurs ou autres fabricants dont les normes des boissons sont conformes à la métrologie internationale, mais dépassent les 16,5% d’alcool. Ici je cite les Whisky, Rhum, Gin, etc. Compte tenu de cette situation, leurs certificats ont-ils été annulés ?

Une aberration parce que pour délivrer un certificat pareil, en principe, le BBN doit avoir  déjà constaté que telle entreprise travaille dans les normes ou remplit les conditions requises par la métrologie internationale pour la fabrication de telle boisson. Un rétropédalage, à mon avis, qui laisse à penser qu’il y a des non-dits.

Ladite note précisait aussi que pour être certifiées, les entreprises doivent changer de contenants. En l’occurrence les bouteilles en verre à la place des plastiques. Et jusqu’à maintenant, visiblement rien n’a encore été fait.  Votre réaction ?

Un autre bémol. A ma connaissance, depuis la fermeture de la Verundi (entreprise de verrerie), il n’y a aucune autre entreprise qui fabrique les bouteilles en verre. Le BBN s’est empressé de prendre des décisions sans pour autant prévoir des mesures accompagnatrices. Un tas de désagréments à l’origine de ce que l’on appelle, en commerce international, les obstacles techniques au commerce (OTC).

Si elle est tant salutaire, pourquoi le gouvernement a tant attendu avant de prendre une telle décision?

Plutôt, il faudrait  s’interroger sur le protocole que suit l’octroi de ce certificat de qualité. Ces certificats sont-ils délivrés dans le respect de la procédure habituelle ? Je ne doute point que si le BBN s’était bien informé sur la nature du produit fabriqué, le processus d’implantation des infrastructures, l’analyse des dangers (chimique, biologique, microbiologique), le respect des mesures et les bonnes pratiques d’hygiène, il ne se serait pas remis en question de la sorte.

Mon autre interrogation concerne ces cinq normes identifiées dans la note auxquelles la qualité des boissons doit se conformer. Les boissons alcoolisées de plus de 16,5%, sont-elles les seules qui mettent en danger la population ? A ce niveau, conformément à l’ordonnance ministérielle portant contrôle de la qualité des produits commercialisés au Burundi, son article 20 est clair : « Comme c’est la vie des gens qui est en danger, si tu transformes, tu dois te conformer.»

Un délai de grâce de six mois avait été accordé. Est-ce opportun de prolonger la durée alors que la boisson continue à emporter des vies?

Effectivement, c’est une contradiction. Si le BBN a conclu que ces produits ont un impact néfaste sur la santé de la population, il faut des mesures drastiques. Je me demande si réellement il y a cette volonté politique d’endiguer ce mal qui tue en silence. Tout compte fait, je pense que, pour vider ce type de questions, les opérateurs économiques et les qualiticiens du BBN doivent s’asseoir ensemble. Je suis sûr qu’au risque de mettre la clé sous le paillasson, cet opérateur économique qui fabrique des produits ne remplissant pas les normes voudra s’y conformer.


Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. NKUNZUMWAMUI

    Pourquoi incriminer le Burundi pour ces petites boissons en vente enivrantes?
    Dans toutes les grandes surfaces en France, dans toutes les boutiques du quartier qui ouvrent jusque tard dans la nuit, entrez. Demandez un »Flash ». Une petite bouteille fortement alcoolisée. Du Wisky, du Rhum, du Cognac… et surtout de la vodka. Pour moins de 5 euros! A côté on trouve des boissons énergisant genre Redbull à base de Taurine. Les très jeunes et les « fauchés » en raffolent. Avec une cannette de Coca, le mélange et vite fait. Avec une cannette de redbull, la vodka est incluse. Et adieu les contrôles policiers!. On n’arrête personne qui boit un coca cola ou un red!!Cela a l’avantage de faire planer plus vite q’une bouteille de vin ou de bière!! les tentatives de ne pas vendre de l’alcool aux mineurs ne servent à rien. dans le groupe des potes, il y a toujours un majeur!! Et puis, qui irait demander une CNI à un gars les yeux exorbités par le cannabis ou pire le crack (résidus de cocaïne hautement enivrants et dépendants) au risque de recevoir un coup de couteau dans le bide? La solution est ailleurs. Scolariser les jeunes et les informer de tout cela. Si descolarisés, leur donner une chance de travailler pour avoir ces « Nike Air » à la mode. Car vous ne pouvez pas les empêcher de se mettre à la page américaine!

  2. Karikurubu

    Où ces jeunes trouvent-ils cet argent ?
    Leurs parents n’ont plus de familles dans nos collines bakabarungika gufasha kurima mu myonga ?
    Ou alors chaque commune n’a qu’organiser les travaux de vacances d’été : nettoyage des caniveaux, propreté des rues, des marchés,…
    Les parents, les autorités administratives, où sont-ils ?

  3. Stan Siyomana

    Quand nous étions en classe de seconde (scientifique B, 1969/1970) au Collège Don Bosco (aujourd’hui Lycée Don Bosco de Burengo), on nous permettait de « sortir » en ville chaque dimanche. A cette époque la ville de Ngozi se trouvait encore à quelques 2 ou 3 km.
    Un soir après la sortie, un camarade de classe a voulu quitter la salle d’études (qui réunissait tout le monde sauf les jeunes de la 7 ème préparatoire) pour aller aux toilettes.
    Comme il avait trop bu, il a essayé de ramper les gradins de l’escalier à quatre pattes et les Pères Salésiens l’ont renvoyé CETTE NUIT MEME.
    Il avait en général de bonnes notes, il était parmi les meilleurs en français et il jouait bien le football.
    Je me demande toujours ce qui lui est arrivé après.
    C’est resté un grande leçon dans ma vie.

  4. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« Aucun indice ne laisse penser que ce gentil garçon, peut ingurgiter au quotidien des litres entiers de liqueurs dont les degrés d’alcool dépassent 42%, la bouteille… »
    2. Mon commentaire
    A en croire les statistiques sanitaires de la Russie, ce « gentil garçon » risque de mourir prématurement s’il continue de boire tant d’alcool.
    « La conséquence la plus directe de cette consommation élevée et prolongée d’alcool est une baisse de l’espérance de vie chez les patients atteints de pathologies éthyliques. L’espérance de vie en Russie en 2012 était de 64 ans pour les hommes et 75 ans pour les femmes, ce qui est largement inférieur aux moyennes européennes38. La consommation annuelle élevée de 15,7 litres d’alcool pur relevée par l’OMS est en grande partie responsable, bien qu’il ne s’agisse pas de l’unique facteur. Ainsi, une étude publiée par The Lancet relevait que sur une population saine, mais consommant de l’alcool et du tabac, le risque de mourir avant 54 ans était de 16 % pour les personnes buvant entre 0,5 l et 1,5 l de vodka par semaine. Ce chiffre grimpant à 35 % pour ceux buvant plus d’un litre et demi hebdomadairement, et augmente encore considérablement avec l’âge. Sur l’échantillon statistique initial de 57 361 individus, plus de 2 000 hommes étaient décédés dix ans plus tard de pathologie liée à la consommation d’alcool telles que le cancer du foie, le cancer de la gorge, la pneumonie ou les altérations du pancréas39… »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alcoolisme_en_Russie#:~:text=L'alcoolisme%20en%20Russie%20est,43%20%25%20entre%202003%20et%202016.

  5. Arnaud R.

    A vrai dire, l’oisiveté est un mal qui gangrène les jeunes, bien plus que ces drogues..

    Un jeune qui est délaissé à lui même est une proie facile à toute sorte de déviation.

    Je trouve que la responsabilité incombe en premier lieu aux parents.

    Comment s’attendre à ce que le gouvernement intervienne efficacement si les parents ont abdiqué ?

    D’accord hari abarengewe, mais il faut une initiative des parents qui se concertent et voient ensemble un cadre pour aider ces jeunes.

    Et puis les associations suivent, les églises incluses, et puis les autorités.

    C’est fort domage et c’est urgent d’agir, sinon avec le temps ce sera une situation de plus en plus difficilement gérable.

    Merci pour le reportage et clin d’oeil @IWACU

    Vraiment touchant d’autant plus que je suis originaire du même quartier, pas loin des boutiques citées.

  6. Fabi

    J’ai mal au coeur, c’est triste de voir le Burundi de demain mu rwaruka rwa kino gihe.

  7. Kibinakanwa Médard

    Que ce soit en Agriculture, travaux publics, drogue. L’explication de tels désastres: une corruption à la zairoise et à tous les niveaux
    Iyo nos dirigeants bashimira imana mu bikorane . What do really they think?

    • Yan

      « What do really they think? »
      Poser la question c’est déjà y répondre

  8. Sebarazingiza

    Occuper les jeunes pendant les vacances? Par qui et où?

    Mfise imyaka 57 nkaba nakuriye i Bujumbura!
    Tukirabana, vacance zigeze twaduga ruguru kuragira no kurima. Muci harinigihe twaja kugisha!

    Muri make; abavyeyi benshi ngaho i Bujumbura nomuyindi miji, barafise iyo baje bava, kandi barahafise nivyo twokwita amatongo y’imiryango yabo.
    Barakwiye rero kwiyumvira neza, bakagira ama projets kugatumba, kandi bakabishira mumitwe y’abana babo kuva bakiri bato. Kuja kurima canke kuragira muri vacance nivyiza cane kandi barashobora kuhakura akarusho kanini kumiryango yabo nabo nyene (abana), bakahakura udufaranga bokoresha ivyo bashaka.

    • Yan

      @Sebarazingiza

      Ufise imyaka 57 kandi ukaba wavukiye i Bujumbura. Ushobora kuba ufise umwana afise imyaka 27 nawe nyene akaba yavukiye i Bujumbura. Nibaza ko uwo mwana wawe arinda kuba ata kinini yabonye kuvyerekeye itongo rya sekuru ryagabuwe na génération 2. Kwiyumvira kugira ama projets ku gatumba nibaza ko ari utopie (indoto) ku bana bafise basekuru batigeze baba ku gatumba. Ah »ubwo n’ukuraba ingene abandi babigenza mu bindi bihugu hanyuma umuntu akaraba ibishoboka gukorererwa mu gihugu cacu bijanye n’akaranga (culture). Umenga hari ibihugu abana bagenda muri scoutisme mu buruhuko; abandi bakaja mu myimenyerezo y’inkino nka football, basketball, volleyball; natation etc. Bakabigira nk’amayinga ashika 3. Ico gihe baba baronse akaryo ko kwigira iruhande ababosha nabi.

  9. Barekebavuge

    Edifiant.
    Things fall apart comme dirait Chinua Achebe

    • Stan Siyomana

      @Barekebavuge
      Dans son commentaire, Fabi (par exemple) dit:« J’ai mal au coeur… », donc ce récit n’est pas du tout édifiant.
      «  édifiant, édifiante
      adjectif

      1. Littéraire. Qui édifie par sa valeur, ses qualités, etc., qui exerce par son exemple une influence morale salutaire ; exemplaire : Une vie très édifiante.
      Synonymes :
      exemplaire – moral – moralisateur… »
      https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais

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