Vendredi 15 octobre 2021

Société

Trafic humain: «4000 victimes depuis 2015»

07/11/2018 Commentaires fermés sur Trafic humain: «4000 victimes depuis 2015»
Trafic humain: «4000 victimes depuis 2015»
Jacques Nshimirimana : «Les victimes recensées viennent de toutes les régions du Burundi»

Le phénomène de la traite des êtres humains prend de l’ampleur au Burundi et s’étend de plus en plus sur tout le territoire. Selon Jacques Nshimirimana, président de la Fédération des associations engagées dans le domaine de l’enfance (Fenadeb), quatre provinces étaient les plus touchées en 2015 à savoir Rumonge, Gitega, Muramvya et Muyinga.

«Aujourd’hui, les victimes recensées viennent de toutes les régions du pays», a-t-il déclaré, ce mardi 6 novembre, lors d’un atelier sur l’élaboration d’un plan d’éradication de la traite des personnes piloté par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au moins 4 mille jeunes filles burundaises ont été vendues dans les pays du golfe depuis 2015. «Cependant, parler des chiffres exacts paraît particulièrement difficile». Il recommande une enquête nationale pour identifier toutes les victimes.

Entre autres causes de l’extension de ce phénomène, la pauvreté vient en tête selon cet activiste de la société civile. «La plupart de ces victimes consentent. Et parfois, elles cherchent elles-mêmes les trafiquants». Outre la pauvreté, M. Nshimirimana souligne l’ignorance des victimes au sujet des conséquences et le chômage.

Nécessité d’une synergie

Cet activiste des droits humains n’est pas contre le départ des Burundais à l’étranger à la recherche de l’emploi : «Cela n’est pas mauvais». Il faut simplement un cadre légal de coopération entre les pays du golfe et le Burundi. «Ces pays profitent de l’absence de ce cadre pour violer les droits de nos citoyens».

«La traite des êtres humains est un crime qui nous concerne tous en raison des problèmes qu’elle pose», a déclaré Gaston Sindimwo, 1er vice-président de la République. Il appelle au travail en synergie entre la société civile, la police et le gouvernement pour lutter contre les réseaux des trafiquants.

D’après lui, les pays de transit, notamment la Tanzanie et le Kenya, doivent coopérer. Cette criminalité dépasse les frontières. «La justice pénale doit aussi les franchir».

Kristina Mejo, représentante de l’OIM, abonde dans le même sens. «L’Union fait la force», a-t-elle martelé dans son intervention. La collaboration de différents acteurs est essentielle. L’éradication de la traite des personnes passe par la prévention, la poursuite des criminels et l’assistance aux victimes.

L’OIM soutient « des migrations dignes, ordonnées et bénéfiques pour tous».

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