Environnement

« Si rien n’est fait, nos aires protégées vont disparaître ! »

23/05/2020 Alphonse Yikeze Commentaires fermés sur « Si rien n’est fait, nos aires protégées vont disparaître ! »
« Si rien n’est fait, nos aires protégées vont disparaître ! »

Ce vendredi 22 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, Léonidas Nzigiyimpa, expert en biodiversité et représentant légal de l’association Conservation et Communauté pour le Changement, a alerté sur la menace qui pèse sur la faune et la flore au Burundi.

Quel est l’intérêt d’une journée dédiée à la biodiversité ?

Cette journée a été pensée au moment de la mise sur pied de la convention sur la biodiversité en 1993. Mais le monde entier n’a commencé à la célébrer qu’en 2000, pour mettre l’accent sur l’importance de la biodiversité dans la vie de notre planète. Cette journée montre l’importance écologique, économique, sociale et culturelle de la biodiversité. Car sans cette dernière, pas de vie sur terre !

Quelles sont les espèces les plus menacées au Burundi ?

Les quelques grands mammifères encore existants au Burundi, à savoir les buffles, les hippopotames, sont extrêmement menacés dans leurs habitats. On ne trouve par exemple les buffles que dans le Parc national de la Ruvubu. Ailleurs, ce fauve a complètement disparu. Les quelques hippopotames qui restent, quant à eux, subsistent dans la Rusizi, la Ruvubu, une petite quantité dans le lac Tanganyika et une autre dans la Malagarazi. Et il ne se passe un mois sans qu’un hippopotame ne soit braconné. C’est donc une espèce très menacée dans notre pays. Le Chimpanzé est l’autre espèce en grande fragilité. Les statistiques nous disent qu’il subsiste 300 individus dans le Parc national de la Kibira, une cinquantaine dans la Réserve naturelle de Bururi, de petits groupes éparpillés dans les montagnes de Rukambasi, Kaberenga et Nyabukumba dans la commune Vyanda (Province Bururi), etc. Pour que ce groupe demeure génétiquement viable, il faut au moins la présence de 500 individus. Or, force est de constater que ce chiffre est loin d’être atteint dans notre pays. Si des efforts ne sont pas déployés en coordination avec les communautés locales, cette espèce risque de disparaître. Aussi, le Crocodile du Nil, autrefois existant en grande quantité, est aujourd’hui braconné par ceux qui pratiquent l’élevage en captivité. Une activité somme toute illégale.

Comment en est-on arrivé là ?

Nous sommes dans un pays à forte explosion démographique où l’homme dépend directement de l’exploitation des ressources naturelles pour ses besoins essentiels. Face à cette situation, la conciliation entre cette explosion démographique et la préservation de la biodiversité n’a jamais eu lieu. Voilà le nœud du problème !

Quid des espaces naturels protégés ?

Beaucoup sont menacés et certains sont même en voie de disparition. Je citerais le cas des aires protégées du sud du pays, dans les provinces Makamba, Rumonge et Bururi. Il y a notamment la disparition imminente du paysage de Rukambasi, celui de Mabanda, sans parler du paysage de Kinoso (Makamba) qui a même été rayé de la carte ! A l’Est, il y a la disparition imminente du paysage de Gisagara (Cankuzo) et à l’Ouest, le parc national de la Rusizi menacé d’extinction. Ainsi, la situation de nos aires protégées est alarmante ! Si rien n’est fait, elles vont complétement disparaître !

Votre appel à la population et aux pouvoirs publics ?

Aux décideurs politiques, je demande d’affecter des moyens conséquents pour faire face à la déforestation, au braconnage et au commerce illicite qui frappent la flore et la faune.

Aux populations, il faut qu’elles comprennent que leur bien-être et le développement durable passent obligatoirement par la préservation de la biodiversité. C’est d’ailleurs dans cette optique là que la devise de la Convention sur la biodiversité est : La biodiversité, pilier du développement durable. Donc, j’en appelle à la conscience de tous pour le sauvetage de la biodiversité dans notre pays.

 

Propos recueillis par Alphonse Yikeze

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