Mercredi 29 mai 2024

Santé

La ministre peine à convaincre les députés sur des questions récurrentes

22/09/2023 12
La ministre peine à convaincre les députés sur des questions récurrentes
Dr Sylvie Nzeyimana : « Nous continuons de donner des conseils à l’endroit des prestataires pour un bon accueil des patients »

Aux préoccupations du manque et des départs vers l’étranger des médecins, de la mauvaise qualité des services de santé, des mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement dans certains hôpitaux…, la ministre de la Santé, Dr Sylvie Nzeyimana n’a pas pu donner des réponses satisfaisantes lors des questions orales des députés. C’était le 19 septembre 2023, à l’Assemblée nationale.

Parmi les principales questions posées figure la question du manque criant de lits et de matelas pour des patients hospitalisés et des garde-malades même dans des grandes structures de santé comme l’Hôpital Roi Khaled, l’Hôpital Prince Régent Charles et la Clinique Prince Louis Rwagasore.

La commission des finances publiques des affaires économiques et de la planification est revenue sur la lenteur des services, le manque de médecins et la raison qui les poussent à partir pour prester à l’étranger ou dans le secteur privé, l’évasion des patients hospitalisés, les mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement dans certains hôpitaux et centres de santé, etc.

Sur le manque de lit et de matelas, la ministre Nzeyimana reconnaît que dans certains hôpitaux, il y a une insuffisance. « Le problème est lié à une forte fréquentation de ces structures », explique la ministre invitée à l’hémicycle de Kigobe.

Elle avance aussi le non-respect du circuit du malade qui prévoit un passage du patient à part le centre de santé, l’hôpital communal, l’hôpital de district et régional avant de se rendre à l’hôpital national.

« Nous constatons malheureusement que beaucoup de patients, consultent les hôpitaux nationaux même pour les pathologies qui devraient être traitées au premier ou au deuxième niveau, d’où l’insuffisance de lits et de matelas ».

La ministre Nzeyimana fait savoir néanmoins que les solutions sont en train d’être trouvées. Elle a confié que son ministère est à un bon niveau de construction et d’ouverture des hôpitaux communaux.

Selon la ministre Nzeyimana, il y a également des initiatives entreprises dans la construction des bâtiments mère-enfant au sein de la Clinique Prince Louis Rwagasore, de l’hôpital Régional de Gitega, celui du district de Gitega, l’hôpital de Kiremba et l’hôpital de Cibitoke.

Sur la question des mauvais services, elle indique que son ministère continue de donner des conseils à l’endroit des prestataires pour un bon accueil des patients.

Pourtant, elle soutient que cela est surtout dû à un nombre élevé des patients qui consultent dans les hôpitaux publics suite à la politique de la gratuité des soins ciblés (femmes enceintes, enfants de moins de 5 ans, femmes qui accouchent) et les pathologies subventionnées (paludisme, tuberculose, VIH), la prise en charge des indigents, l’utilisation des mutualités communautaires et les coûts des prestations bas.

Quant aux départs des médecins qui vont pour prester à l’étranger en grand nombre, la réponse de la ministre de la Santé est claire : « Le constat est là le ministère est en train de réfléchir sur la question ».

Interrogée sur les solutions envisagées, elle a indiqué qu’elle prévoit de proposer une réflexion profonde pour trouver des moyens de fidélisation des professionnels de santé.

La ministre Nzeyimana a reconnu comme les députés qu’ils s’observent des mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement dans certains hôpitaux et centres de santé.

Elle a expliqué néanmoins que pour relever ces défis, les formations sanitaires ont mis en place des comités d’hygiène. « Les contrôles des infections sont régulièrement organisés. » Pour elle, des efforts sont faits : « C’est un combat de tous les jours ».

Les départs des médecins au centre des préoccupations

Le député Sylvestre Ngendakumana ne comprend pas par exemple comment la ministre peut dire que son ministère réfléchit encore sur le départ des médecins burundais pour prester à l’étranger. « Je doute que la question soit en train d’être étudiée. La ministre devrait être plus claire avec des chiffres à l’appui ».

Son collègue, Jean-Claude Nimubona estime que la réponse du ministre sur la question n’est pas du tout rassurante. Il a confié que par exemple l’hôpital de Kiganda, ne reste qu’avec son médecin directeur alors qu’il avait 5 médecins généralistes.

Pour lui, donc, le phénomène est inquiétant. Il demandait au ministère de la Santé de revoir à la hausse le salaire des médecins aux cas où ils partiraient à cause de maigres salaires.

Léopold Hakizimana, n’a pas compris comment la ministre n’a pas de réponse à la question des médecins qui partent à l’étranger ou qui préfèrent prester dans le secteur privé alors que c’est une question qui ne date pas d’hier.

Les députés n’ont pas cru aux réponses de la ministre Sylvie Nzeyimana. Pascal Gikeke n’a pas mâché ses mots : « Difficile de savoir que ce sont des réponses de la ministre elle-même ».

En-tout-cas pour les députés qui ont réagi aux réponses écrites de la ministre, les réponses de la ministre de la Santé et de la lutte contre le Sida sont moins convaincantes et très superficielles.

Le président de l’Assemblée nationale a regretté qu’elle n’ait pas pu donner des réponses qui avaient même été posées antérieurement. « Toutes les questions abordées avaient été posées quand l’Assemblée nationale avait adopté la loi sur les pharmacies », a-t-il commenté.

D’après lui, cela montre que cette loi n’a pas été mise en application. Pour la prochaine occasion, les députés ont demandé à la ministre de venir avec des réponses claires. Celle-ci a demandé pardon tout en soulignant que les réponses écrites peuvent ne pas convaincre.

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Jean Pierre Hakizimana

    Il serait intéressant d’entre l’avis d’un médecins mais si je dois spéculer sur les raisons de ces départs, je me dis qu’ils ne sont pas si loin des autres professions. Il ne faut pas oublier que c’est sont des maris/femmes, pères ou mères d’enfants comme tout le monde. Donc la question de standard de vie prenne le dessus de tout.

    Les salaires venue des billets imprimés qui perdent leur pouvoir d’achats ne servent à rien. Ils ne sont pas dupes.

    Quel est l’avenir des leurs enfants? Les opportunités potentielles pour ces jeunes générations? etc… vous voyez ce que je veux dire.

    Et la sécurité! Ne fut ce que des petits trucs que etre tranquille au travail en sachant que votre maison ne sera pas cambriolée, ou pouvoir marcher tranquille dans les rues sans se soucier de rien. A quoi cela sert d’avoir de l’argent dans pays gouverné par les ripoux!

    J’en ai rencontré des docteurs Burundais qui sont aujourd’hui qui ont quitté les pays Africains. Ils m’ont tous donné la même réponse : L’avenir de mes enfants! Et puis, ma tranquillité.

    L’exposition aux nouvelles technologies, l’evolution de leurs connaissances en sont tous, des dividendes inattendus. N’oublient pas qu’un médecin Burundais passe toutes ses journées à traiter des maladies liées à une pauvreté extrêmes, choses que les sociétés développées n’ont plus.

    En conclusions, ce qui se passe est une logique simple, des consequences de bien bcp de problèmes endémiques Burundais et Africains en général

  2. Pce

    Que touche un médecin généraliste en début de carrière?

  3. Barack

    Question de salaire pour un médecin au Burundi?

    Y aurait-il un salaire compétitif que le Burundi pourrait offrir à nos médecins pour les dissuader de rester en comparaison avec les salaires des médecins qui prestent en Europe par exemple? Pour payer les mêmes salaires, il faudrait avoir les mêmes ressources financières en payant par exemple les mêmes tarifs de prestation de soins.

    La question est très sérieuse. Une des simples solutions, c’est accepter qu’il n’ya pas de solutions miracle. Toutefois, prévoir le tiple du nombre de médecins d’ici 10ans pourrait atténuer les conséquences. Une partie de ces médecins va exporter les services médicaux pour nous ramener des dévises et une autre “malheureuse” restera au Burundi pour s’occuper de nos patients burundais. C’est mieux de penser à des solutions durables pour alléger leurs fardeaux. Il faudrait une pitié pour ces gens qui travaillent trop sans congés.

    Merci

  4. Barack

    Le départ des médecins n’est pas en soit un problème. Aller prester à l’étranger devrait être considéré comme une exportation de services qui ramène des dévises et qui équilibre la balance commerciale.

    Par contre, le problème est qu’il n’ y a pas de médecins suffisants pour combler ces départs. C’est là où se trouve une question très diffice à résoudre:

    – Il est vrai que le salaire d’un médecin est trop petit, trop insignifiant. Toutefois, sachant qu’il ya une nouvelle politique salariale à mettre en place, toute augmentation de salaire devrait être étudiée sérieusement pour éviter des grèves connues des années passées. Cette question dépasserait peut-être une simple solution d’un seul ministère. Ma suggestion serait d’augmenter les salaires de tous les fonctionnaires pour stimuler la consommation, qui à son tour stimule la production et ainsi la croissance économique.

    -Pour les conditions de travail: il faut embaucher plus de médecins afin de travailler confortablement. Il est très regrettable de voir que le personel soignant y compris les infirmiers n’ait pas de temps de repos suffisant, le temps de congés pour être avec leurs familles.

    Pour préparer des solutions durables, il faudrait augmenter le nombre d’étudiants qui fréquentent les facultés de médecine. Ainsi, le Burundi pourra exporter les services médicaux tout en gardant un nombre suffisant de médecin sur place.

    Un autre problème qui serait dérrière ces départs, c’est le manque d’équipements modernes. L’Etat devrait équiper au moins un ou deux hôpitaux avec des équipements modernes et faire un recyclage de médecins dans ces hôpitaux pour qu’ils gardent un contact avec des équipements modernes qu’ils souhaitent utiliser.

    Dans tous les cas, aujourd’hui ce sont des médecins, demain ça sera d’autres catégories de professionels. Les maigres salaires avec une inflation galopante nous réserve une surprise!

    Pourquoi ne pas à prendre des pays riches qui acceptent même de s’endetter pour donner des salaires adéquats afin de stimuler la consommation! Par exemple pendant la période de covid-19, ces pays payaient même les employés confinés, sans travail pour stimuler cette consommation, qui stimule à son tour la production et ainsi la croissance économique.

    Merci

  5. Kagabo

    it is clear that the actual health Minister is not feeting the ministry. I can suggest NEVA, to think of another one, even the former minister Thadee is good than Sylivie

  6. Manirakiza

    Le problème des médecins trouve ses racines au ministère de l’éducation. la collation des grades académiques au Burundi est partiale. Tu deconsideres un diplôme de doctorat en médecine, et la fonction publique et la finance en profitent pour lui coller un maigre salaire, alors que juste à côté dans les pays voisins, d’une même communauté, on te reçoit avec estime qui te doit.
    La question d’hygiène dans les hôpitaux trouvera la réponses dans la gestion interne des hôpitaux.
    Les evasions: il faut une obligation à tout citoyen d’adhérer à une mutualité. c’est au ministère de la solidarité.
    Notre chère ministre est une battante, je le dirais toujours, il lui faut une bonne équipe, pas des prétentieux avec des soucis personnels.

  7. Kaziri

    Le manque de médecins est criant, j’en conviens mais le problème est plus profond qu’on ne le pense ; c’est tout le système éducatif c’est tout ce qui a trait à la matière grise qui n’a plus de place au Burundi. Nous avons des dirigeants qui n’ont aucun sens de l’école et du diplôme et des compétences intellectuelles. Il faut oser dire les choses telles qu’elles sont la vie au Burundi pour la majorité excepté une poignée de gens, est devenue impossible. Tous les signaux sont en rouge. Sous d’autres cieux les ministres du commerce et de la santé devraient démissionner d’elles-mêmes. Mais il n’y a pas qu’elles. Tant que le pays est dirigé par des gens non pas parce qu’ils sont compétents mais parce qu’ils militent bien, on continuera de jouer du théâtre à l’hémicycle de Kigobe.

    Je sais que mon message ne sera pas publié mais ça ne fait rien.

  8. Bite

    Hahh je me demande pourquoi les députés ne demandent pas de changer la Ministre. Ils disent que ce n’est pas la première fois, ils oublient qu’ils représentent le peuple qui les a élus. Si la cotation du ministre est mois de 80% , il faut qu’elle soit changée.

    • Paul

      Rwasa niwe yari gusaba le départ de cette ministre. Ariko umengo arasinziriye.

  9. Tharcisse

    En augmentant le salaire d’un médecin généraliste à au moins 1 million de FBU, on devrait garder quelques uns pour quelques années.

  10. Tharcisse

    On gaspille l’argent dans les lapins et en achetant des armes au lieu d’augmenter les salaires des médecins

    • Ishimwe

      Je pense que lors de l’harmonisation des salaires on n’a pas beaucoup réfléchi en négligeant le diplôme des médecins. Maintenant si on veut y remédier en ne donnant que des primes c’est encore loin de la solution. A mon avis faut donner une réponse définitive: redonner au médecin sa vrai valeur et sa vrai place dans la société burundaise qui en a tant besoin.

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