La correspondante du journal en ligne La Nova Burundi, Sandra Muhoza a encore une fois été devant Tribunal de Grande Instance de Ngozi ce vendredi 19 décembre, après l’ajournement de la précédente audience. L’affaire a été entendu au fond.
Selon Me Prosper Niyoyankana, avocat de la défense, l’audience a commencé vers midi, en raison d’une réunion du personnel judiciaire. À l’ouverture, le ministère public a rappelé les deux chefs d’accusation. « Atteinte à l’intégrité du territoire national » et « aversion raciale ».
Pour la première infraction, le parquet reproche à la journaliste Sandra Muhoza des propos sur une supposée distribution de machettes. Selon l’accusation, « ces propos pouvaient inciter la population à se soulever ou à s’armer ».
La défense a rejeté cette qualification. D’après Me Niyoyankana, « l’atteinte à l’intégrité du territoire national » suppose l’existence d’un groupe armé organisé, agissant depuis l’extérieur du pays. Aucun de ces éléments n’est présent dans ce dossier. « De simples propos tenus par une seule personne ne peuvent constituer cette infraction ».
Il a dénoncé également un traitement inégal. « Deux journalistes ayant participé aux échanges à l’origine des poursuites, dont Joseph Mvyariye de l’Agence burundaise de presse (ABP), n’ont pas été inquiétés ». Selon lui, leurs propos ont été interprétés favorablement, contrairement à ceux de sa cliente.
S’agissant de la provocation à la haine raciale, l’avocat estime que l’infraction n’est pas établie. Il reproche au ministère public de s’être fondé sur une interprétation subjective, sans investigations suffisantes. Pour lui, les propos incriminés relevaient d’un langage imagé et ne visaient aucune communauté.
L’affaire a été mise en délibéré. La décision est attendue au plus tard le 19 janvier 2026, avec la possibilité d’un prononcé avant cette date.
Pour rappel, la cour d’appel de Ngozi a confirmé le 1er décembre le maintien en détention de Sandra Muhoza, correspondante à Ngozi du journal en ligne, la Nova Burundi. Ses problèmes de santé persistent, elle est apparue avec sa béquille.





C’est vraiment triste pour des gens supposées humaines de garder (en prison) une maman en état de santé aussi précaire comme celui de Sandra.Ou bien quand elle comparaît tout le monde ferme les yeux !!!!
Maintenir cette pauvre Dame en prison et dans les conditions que l’on connaît pour avoir tenu , dans un contexte privé de tels propos, c’est grave et révélateur du peu de considérations que l’on doit à un être humain . De tels propos sont regrettables mais dire qu’ils peuvent porter atteinte à l’intégrité d’un pays , il faut oser ! Je me demande si la conscience des juges peut être sereine dans un contexte pareil !
C’est triste !