Société

Rutegama : une maladie mystérieuse touche les lycéennes

Des jeunes demoiselles du Lycée communal Rutegama en province de Muramvya tombent en syncope presque tous les jours, en plein cours. Certains parlent déjà d’esprits malfaisants. Les parents, les élèves et les éducateurs sont tous préoccupés.

Lycée communal de Rutegama
Lycée communal de Rutegama

En présence des élèves apeurés, les filles s’évanouissent de manière subite et en cascade. La situation est intenable voire incontrôlable pour les professeurs. Les cours sont perturbés. Et ce qui est inquiétant, c’est que ce phénomène se répète de temps en temps.

Jusqu’à présent, il n’y a pas encore d’explication, chacun y va de son interprétation. Le dernier cas date de ce mardi le 31 janvier, une élève est tombée en syncope en poussant des hurlements alors qu’elle était en plein cours.

Un sauve-qui-peut général s’en est suivi. Les élèves couraient dans tous les sens. Aidés par leur professeur, les plus courageux ont pu calmer leur camarade victime de cette maladie mystérieuse.

Interrogé, le directeur du Lycée communal de Rutegama a signalé qu’il y a eu trois crises au sein de cette école, il y a une semaine. Il avoue que des cas d’élèves qui tombent dans les pommes se multiplient. Cette situation inquiétante l’a poussé à aviser la hiérarchie et le comité des parents.  D’après lui, ce phénomène a commencé depuis le début de ce deuxième trimestre.

«Nous n’avons pas d’explications pour l’instant. Tout a commencé par une élève qui a piqué une crise en plein cours. Elle a poussé des cris de détresse avant de s’écrouler», raconte François Bandyatuyaga.
Les élèves et les autorités de ce lycée sont inquiets, cette maladie bizarre ne vise et n’affecte que les jeunes filles. Les garçons sont jusqu’à présent épargnés. Le nombre de jeunes filles qui piquent cette crise ne cesse de s’accroître.

D’un âge compris entre 15 et 18 ans, ces élèves tombées dans les pommes en poussant des cris terribles. Approchées, deux de ces élèves victimes de cette maladie confient qu’elles seraient possédées par les mauvais esprits.

«Ce ne qu’après avoir entendu psalmodier quelques versets de la Bible que je retrouve mes esprits », révèle-t-elle. Au niveau des familles, les parents parlent d’esprits maléfiques. Et une autre de nous faire comprendre qu’elle serait possédée ou hantée par les esprits de ses ancêtres. «Ils m’ont peut-être vendue au diable pour des raisons de la sorcellerie. C’est par la prière que je suis toujours en vie. J’ai peur qu’un jour je ne retrouve pas mes esprits après une crise. C’est pourquoi j’ai été obligée d’embrasser l’Eglise protestante pour qu’elle m’aide à conjurer ce mal».

«Nous avons peur d’attraper cette maladie»

Les élèves de ce lycée communal rencontrés expliquent qu’ils vivent la peur au ventre à cause de cette situation surréaliste. «Quand nous avons entendu qu’elles sont hantées par les esprits, nous avons eu peur, nous craignons d’être touchés à notre tour», lance un lycéen.

Quant aux parents d’élèves, l’heure est au désespoir.  «J’ai déjà mis mon enfant dans les mains du Seigneur. Avant je croyais que c’étaient des crises d’épilepsie ou hystérie mais avec la prière, nous avons réussi à connaître l’origine du mal qui les tourmente», assure un des parents.
Ce qui ne convainc pas Thérèse Kayandakazi, une chrétienne qui affirme que seules les prières ne peuvent pas guérir toutes les maladies. Elle demande aux parents de ces élèves de recourir aussi à la médecine moderne.

«Personne ne doute que le diable existe mais il ne faut pas toujours se focaliser sur les mauvais esprits car l’épilepsie ou l’hystérie peuvent avoir des signes semblables à celui d’un possédé. Il faut toujours amener la personne malade à l’hôpital avant de faire toute autre chose. Certes la prière guérit mais il existe des maladies qui nécessitent des médicaments ordinaires», a-t-elle interpelé.

Forum des lecteurs d'Iwacu

7 réactions
  1. OIRCC

    [email protected]
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  2. MUBI

    C’est inquiétant cette interprétation de la maladie par les parents et les élèves eux-mêmes : l’obscurantisme !!!!
    Les malins arriveront toujours à manipuler ce peuple. Qui a dit que nous sommes encore au Moyen Age ?

  3. Gihugu

    C’est une crise d’hystérie et demander à tout psychologue avisé il vous dira que c’est normal que les filles piquent une crise d’hystérie pour des adolescentes qui vivent dans un coin où la sexualité est totalement taboue. Rassurez-vous un simple psychologue mettra fin à cette situation!

  4. Mayugi

    J’aimerais bien savoir si toutes les jeunes filles ayant vécu ces épisodes ont été amenées à l’hôpital et si des examens complets ont été pratiqués. Comme ce mal semble frapper uniquement les filles, l’intervention de gynécologues, psychiatres, neurologues, diététistes et psychologues permettrait de trouver des réponses. Encore faut-il que ces professionnels soient disponibles pour intervenir. Quant aux fameux “esprits des ancêtres”, j’appelle ces jeunes à ne pas s’enfermer dans la noirceur de ces croyances sans aucun fondement scientifique.

  5. Ndabemeye Hermes

    penser aussi à la famine qui hante les communautés.

  6. Ndabemeye Hermes

    Il faut aussi verifier si ces cas ne sont pas causés par la crise de la famine.

  7. Jean Paul

    Il fallait approcher un psychologue et vous auriez eu de réponses adéquates sans se limiter aux histoires de sorcellerie. Un peu de rigueur quand même!

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