Jeudi 15 avril 2021

Société

Rumonge : une coopérative des pêcheurs du Burundi voit le jour

13/01/2021 Commentaires fermés sur Rumonge : une coopérative des pêcheurs du Burundi voit le jour
Rumonge : une coopérative des pêcheurs du Burundi voit le jour
Emmanuel Mvuyekure: « Il faut qu’il y ait d’autres textes qui clarifient les aspects liés à la sécurité. »

Son assemblée constitutive s’est tenue à Kabezi il y a deux mois, les travaux de toilettage des textes qui vont la régir sont au bout. Les pêcheurs et les patrons-pêcheurs s’en réjouissent.

Selon Emmanuel Mvuyekure, le président, la défense des droits des pêcheurs et la promotion de la pêche sera l’objectif phare de la coopérative qui regroupe des pêcheurs et des patrons-pêcheurs de tout le Burundi. Il indique que depuis longtemps le pêcheur est laissé à lui-même, ses droits violés. Les techniques de pêche au Burundi restent rudimentaires, les défis liés au conditionnement, au transport et à la commercialisation du poisson sont nombreux.

Emmanuel Mvuyekure précise qu’une loi régissant la pêche au Burundi existe mais nécessite d’autres textes d’accompagnement, compte tenu des spécificités des activités de pêche au Burundi. « Il faut qu’il y ait d’autres textes qui clarifient les aspects liés à la sécurité, à l’exportation et à l’importation du poisson, à la conservation et à la commercialisation. » Il souhaite que la coopérative des pêcheurs soit consultée et associée avant la mise en place des politiques qui régissent la pêche au Burundi. Il en est de même avec d’autres décisions qui sont prises par différentes autorités sans consulter les pêcheurs qui doivent les mettre en exécution.

Il souligne qu’aujourd’hui la sécurité des pêcheurs et de leurs biens est une grande préoccupation à laquelle les services concernés devraient se pencher pour trouver une solution immédiate. Le président de la coopérative précise qu’une dizaine de moteurs à pirogue ont été volés ces trois derniers mois dans les eaux du lac Tanganyika par des hommes armés. Il demande que des stratégies soient prises pour démanteler et mettre hors d’état de nuire ces bandits armés.

Les droits socio-professionnels pris en compte

Roger Ntahimpera, un pêcheur, indique qu’il s’apprête à adhérer à la coopérative des pêcheurs car celle-ci va s’intéresser plus aux droits socio-professionnels des pêcheurs plus que la fédération des pêcheurs qui existe mais s’intéresse plus aux associations qui composent cette fédération. Selon lui, la famille d’un pêcheur qui va décéder suite à un accident professionnel recevra des frais funéraires d’un million de francs burundais. .

Les pêcheurs constitueront une caisse, à raison de trois mille francs par mois, afin de subvenir aux accidents de pêcheurs en pleine activité dans le lac. Concernant l’assurance des pêcheurs, il est content que les gestionnaires de cette coopérative vont s’entretenir avec les maisons d’assurance afin de fixer un montant consensuel que les pêcheurs vont verser pour s’affilier à une maison d’assurance.

B.N, un patron pêcheur rencontré dans la ville de Rumonge se dit satisfait de la naissance de cette coopérative car les intérêts et les droits des patrons-pêcheurs sont pris en compte.
Ces derniers constituent le patronat.

Consolateur Nitunga, gouverneur de la province de Rumonge félicite les pêcheurs de s’être organisés en coopérative et promet que l’administration ne ménagera aucun effort pour la soutenir. Il demande aux responsables de collaborer avec les différents services pour maintenir et renforcer la sécurité dans les eaux du lac Tanganyika. Le gouverneur leur exige le port des gilets de sauvetage pour se prévenir d’éventuels accidents dans le lac.

Signalons que plus de 17.000 familles vivent de la pêche au Burundi.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Hippocrate au secours !

« Dans toute maison où je serai appelé, je n’entrerai que pour le bien des malades. » Cet extrait du serment d’Hippocrate « échappe » à certains praticiens du corps soignant. Iwacu a mené une enquête en rapport avec le traitement des patients dans (…)

Online Users

Total 983 users online