Samedi 17 janvier 2026

Société

RSF : « la justice s’entête à maintenir Sandra Muhoza en détention »

03/12/2025 4
RSF : « la justice s’entête à maintenir Sandra Muhoza en détention »
RSF en appelle à la libération immédiate de Sandra Muhoza

Après la demande de libération de la journaliste Sandra Muhoza par sa défense, la Cour d’appel de Ngozi a décidé, le 1er décembre, son maintien en détention, dans son communiqué, Reporters sans frontières (RSF) en appelle à sa libération et dénonce ce qu’il qualifie « d’entêtement de la justice burundaise » dans cette affaire.

Après les tribunaux de Bujumbura, s’indigne cette organisation de défense de la liberté de la presse, ceux de Ngozi maintiennent Sandra Muhoza enfermée. La cour d’appel de Ngozi a confirmé le 1er décembre le maintien en détention de la journaliste du média en ligne La Nova Burundi.

Six semaines plus tôt, le 14 octobre, le tribunal de première instance de la ville avait déjà rejeté la demande de libération provisoire déposée par la défense de la journaliste. La date de la prochaine audience n’a pas encore été communiquée.

Pour RSF, la seule lueur d’espoir : l’état de santé de la journaliste s’est amélioré ces dernières semaines, selon sa famille. Sandra Muhoza était apparue en béquilles lors de son transfert de la prison de Mpimba vers celle de Ngozi le 26 septembre, puis durant l’audience du 14 octobre.

« Sandra Muhoza est une journaliste particulièrement ciblée au Burundi. Elle a été arbitrairement arrêtée et injustement condamnée. Pire, quatre demandes de liberté provisoire lui ont été refusées depuis le début de son emprisonnement, en avril 2024. Ce qui prouve l’entêtement des autorités judiciaires à maintenir la journaliste en détention dans des conditions difficiles, malgré des accusations abusives et une procédure brouillonne. RSF déplore cette décision injustifiée et continue d’appeler à sa libération immédiate », indique Sadibou Marong, Directeur du Bureau Afrique subsaharienne de RSF.

En décembre 2024, Sandra Muhoza a été condamnée par un tribunal de première instance de Bujumbura à 21 mois de prison – 18 mois pour “atteinte à l’intégrité du territoire national” et trois pour “aversion raciale”.

Selon RSF, c’est une condamnation désormais caduque, la cour d’appel de Mukaza ayant considéré, le 13 juin dernier, que les tribunaux de Bujumbura étaient territorialement incompétents pour juger l’affaire, contrairement à ceux de Ngozi.

RSF a saisi en mars 2025 la rapporteuse spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique au sein de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), afin de dénoncer le caractère arbitraire de la détention de cette journaliste.

C’est au moment où les chances de la voir bénéficier d’une grâce présidentielle de même que le blogueur Kenny-Claude Nduwimana également en détention, sont minimes. Le chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye s’est exprimé sur ces deux affaires tout en demandant de bien voir si les infractions commises ne s’écartent pas de leur métier.

RSF

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Gacece

    Nous devons faire attention à ce que nous supportons et condamnons. La majorité des adultes burundais, qui sont au fait des massacres qui ont endeuillé des milliers de familles, connaissent aussi les ravages que peuvent causer les rumeurs au Burundi et dans la région.

    La crise de Ntega-Marangara a commencé par des rumeurs de l’armée préparant des massacres des Hutus. Ces derniers s’en sont pris aux Tutsis, supposément pour ne pas mourir seuls. On connaît la suite.

    On connaît évidement tous les massacres qui ont été commis avec des machettes, que ce soit au Burundi et dans les pays voisins, surtout au Rwanda.

    Avant de les publier, un(e) journaliste est censé(e) s’assurer de la véracité du contenu de ses publications. Même si c’est pour les relayer. Relayer une rumeur, c’est y participer!

    Ces organisations internationales se contentent de défendre aveuglement des accusés, sans égard aux conséquences de leurs actes. D’ailleurs, ils n’en parlent jamais. Vous ne verrez jamais une phrase comme celles-ci dans les publications de ces organisations de défense de je-ne-sais-quoi :
    « La rumeur qu’elle a relayée aurait pu avoir comme conséquences : une panique généralisée dans la population, des massacres, de nombreux nouveaux réfugiés, une nième instabilité politique, etc. »

    Sans être insensible à une justice équitable, je pense que le crime commis est plus grave que les erreurs de procédure commises au cour du procès et des audiences. On a affaire à des conséquences sur une seule personne et ses proches. On aurait pu avoir affaire à beaucoup plus de victimes.

    Mais puisque l’erreur est humaine, restons humains. Elle a commis une erreur et, à mon avis, elle a assez été punie et elle a bien appris sa leçon. Le reconnaît-elle?

    Comme mentionné au début de mon commentaire, nous devons faire attention à ce que nous supportons : L’un comme l’autre, le crime et l’injustice sont autant insupportables.

    Laissons la « Justice » suivre son cours.

    • Kabingo dora

      @Gacece
      Vous dites qu’il faut laisser la justice. D’accord pour le principe . Mais est ce que la justice est équitable dans ce pays ? Ma réponse est non ! On a une justice à deux poids : qui frappe plus durement certains et laissent d’autres coupables tranquilles . Un tellement réglement s’appelle injustice

    • Gacece

      @ Kabingo dora
      J’ai mis «J»ustice en majuscule pour une raison.

  2. kabingo dora

    Je pense que les Burundais doivent faire absolument attention à ce qu’ils font . Si la justice avait été indépendante il y a plusieurs personnes , même les anciennes autorités qui auraient droit à une justice équitable . Or les principaux fossoyeurs de la liberté sont souvent les hautes autorités . Elles ne sont pas immunisées contre de telles injustices. Une justice équitable est bonne pour tout le monde, les petits comme les grands . J’ai vraiment envie que ceux qui ont été emprisonnés un jour , comme Bunyoni , reviennent au pouvoir . J’ espère que leur travail ne sera pas de se venger .

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