Une location annuelle de 700 000 FBu sera désormais perçue sur chaque hectare de palmiers à huile à partir du mois de février 2026. Cet argent est prévu dans l’exercice budgétaire en cours de la commune Rumonge. Les cultivateurs du palmier à huile parlent d’une décision non concertée et prise précipitamment. Ils demandent de surseoir à la décision afin d’organiser une large concertation de tous les intervenants dans la filière palmier à huile.
Gaudence Nizigiyimana, directrice générale de l’Office de l’huile de palme (OHP) annonce que depuis le mois de février 2026, une location annuelle de 700 000 FBu sera perçue sur chaque hectare de palmiers, par l’Office burundais des recettes, OBR. Elle nuance toutefois que ce sont les champs de palmier qui sont dans les blocs de palmeraies se trouvant dans les terres domaniales et non les blocs de palmeraies villageois.
Elle précise que cette allocation est prévue dans l’exercice budgétaire en cours et que partant, elle devra être perçue au cours de cet exercice budgétaire même.
La responsable de l’OHP fait savoir que cette location pourra participer dans le drainage des rivières Dama et Murembwe ainsi que dans la réhabilitation des pistes menant dans les plantations de palmeraies.
Elle souligne en outre qu’en commune Rumonge, les champs de palmier à huile se trouvant sur les terres domaniales s’étendent sur plus 5 000 hectares.
Elle lance un appel aux palmiculteurs de s’acquitter de cette location. Sinon, des mesures seront prises pour la recouvrer.
Les palmiculteurs s’interrogent
Des cultivateurs du palmier à huile ont indiqué dans une réunion tenue à leur intention dans la zone Gatete en commune Rumonge que cette décision a été prise sans aucune concertation avec les concernés. Bien plus, ils estiment que la décision a été prise précipitamment. Et pour preuve, ils en ont été informés au mois de janvier 2026. Être en ordre avec le mois de février en cours devient ainsi difficile.
Beaucoup d’interrogations autour de cette location annuelle restent aussi sans réponses, selon certains cultivateurs du palmier à huile rencontrés dans la ville de Rumonge.
Ils rappellent qu’à l’avènement de la Société régionale de développement de Rumonge (SRD) en 1980 dont la première mission était de faire la reconversion du palmier à huile, les cultivateurs ont payé une location de plus de 489 000 FBu. Selon les termes du contrat y relatif entre les cultivateurs et la SRD Rumonge, ce montant était pour payer les services rendus par la SRD. Elle avait notamment apporté des plants de type Tenera plus productifs en huile par rapport à l’ancienne variété de palmier à huile dite « Dura » qui était moins reproductive ainsi que les engrais chimiques.
Ils ajoutent que la majorité des cultivateurs se sont déjà acquittés de cette « location unique ». Ils ne comprennent pas pourquoi alors on leur exige de payer une autre location.
D’autres cultivateurs ne comprennent pas pourquoi l’OHP dit que leurs terres sont des terres domaniales alors qu’elles ont toujours été exploitées par leurs grands-parents depuis la période coloniale.
« Une commission d’enquête est nécessaire »
La majorité des concernés demandent qu’une commission d’enquête soit mise en place pour déterminer une allocation juste et équitable à percevoir. Pour eux, le gouvernement devrait surseoir à cette décision en attendant le rapport de la commission.
Dans leur entendement, la commission devra être composée par des parlementaires, des représentants des organisations de la société civile engagées dans la gouvernance, des représentants des cultivateurs du palmier, des représentants de ceux qui louent des champs de palmiers ainsi que des représentants des usines de transformation de l’huile de palme.






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