La Direction provinciale de l’Education en province de Burunga enregistre plus de 11 000 cas d’abandons scolaires depuis le début de l’année scolaire 2025-2026 en cours. Certains partenaires de l’éducation demandent qu’une réunion soit tenue pour mettre en place des stratégies de nature à réduire le phénomène.
Elias Ndikumana, directeur provincial de l’Education fait savoir que ces cas d’abandons ont été enregistrés depuis l’école fondamentale jusqu’au post-fondamental.
Les raisons en sont multiples. Il cite notamment la pauvreté dans les familles, les grossesses non désirées, la recherche du travail au Burundi et à l’extérieur du pays avec l’aval des parents, le trafic des être humains, l’exode rural ainsi que la démotivation des élèves suite au manque de référence dans leurs milieux.
Il fait aussi remarquer que l’encadrement des parents et de la communauté en faveur des élèves a diminué.
Beaucoup d’abandons s’observent au niveau du fondamental où des élèves mineurs sont employés dans le commerce surtout ambulant et dans la pêche où ils font la cuisine, la propreté et le gardiennage du matériel de pêche surtout dans les communes Nyanza et Rumonge, souligne-t-il.
Le directeur Ndikumana précise que quarante-sept cas d’abandons scolaires à la suite des grossesses non désirées ont été déjà enregistrés depuis le début de cette année scolaire et que la commune Rumonge vient en tête.
Comme explication, il avance que dans les centres urbains et semi-urbains, les élèves ne bénéficient d’aucun encadrement parental. En effet, ils fréquentent des écoles souvent privées et louent des maisons. Partant, les élèves filles sont souvent manipulées par des délinquants urbains qui les engrossent.
Une mobilisation de tout le monde
Certains partenaires de l’éducation en province de Burunga trouvent que l’effectif de plus de 11 000 abandons au deuxième trimestre est « trop grand ». Ils demandent que tout le monde se mobilise pour pouvoir maîtriser la situation.
Les confessions religieuses, le collectif des comités de gestion des écoles, les syndicats, les responsables des associations de défense et de promotion des droits de l’enfant demandent qu’une réunion urgente soit tenue pour se pencher sur cette problématique et arrêter ensemble des stratégies pour combattre le phénomène.
Les partenaires estiment qu’un effort supplémentaire doit être consenti pour faire retourner certains élèves à l’école tout comme une grande sensibilisation doit être menée à l’endroit des parents et de la communauté afin que le phénomène de démotivation de certains élèves s’arrête.
Privilégier l’enseignement des métiers
Un défenseur des droits de l’enfant suggère que l’enseignement fondamental soit gratuit et obligatoire pout tout enfant burundais et que l’enseignement des métiers et professionnel soit renforcé. Et pour cause, tous les élèves ne peuvent pas embrasser l’enseignement post-fondamental, technique ou supérieur. Ainsi, un élève qui termine l’école fondamentale pourra apprendre un métier qui lui permet d’être utile pour lui-même, pour la communauté et pour le pays.
Il trouve que le gouvernement doit injecter beaucoup de moyens dans la formation des métiers et professionnel en dotant du matériel technique, des consommables et un personnel qualifié aux centres d’enseignement des métiers (CEM) et aux centres de formation professionnelle (CFP) déjà existants. Ce défenseur note par ailleurs qu’au Burundi, un institut supérieur professionnel a déjà ouvert ses portes.
Il déplore en outre que l’exode rural et le trafic des êtres humains touchent un grand nombre d’élèves, un phénomène qui doit être combattu.
Des dizaines d’enfants ont été déjà arrêtées au niveau des frontières entre le Burundi et la Tanzanie en province de Burunga et remis à leurs familles respectives. Certains de leurs bourreaux qui leur promettaient du travail ainsi qu’une bonne rémunération dans la sous-région ou les pays du Golfe ont été arrêtés.




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