Dans le hameau de Binyange, sur la colline et zone Rukana de la commune Cibitoke en province de Bujumbura, plusieurs familles de la communauté batwa vivent dans des maisons de fortune couvertes d’herbes ou de feuilles de bananier. Elles dénoncent une pauvreté extrême et affirment manquer de soutien et de représentation.
A Binyange, un petit regroupement de ménages batwa se retrouve dans des conditions de vie particulièrement difficiles. Sur place, on découvre des familles entassées dans de petites huttes construites avec des matériaux de récupération. Les toits sont souvent faits d’herbes ou de feuilles de bananier, signe d’une grande précarité.
Interrogés sur les raisons de ces conditions de vie, les habitants expliquent que la pauvreté les empêche de se construire des maisons décentes comme les autres citoyens. Selon eux, ils souffrent également d’un manque de représentation et d’appui.
Kana Ndangora, 49 ans, considéré comme le responsable de ces familles, vit avec son épouse et leurs quatre enfants. Il explique que toute sa famille partage une petite maison d’environ deux mètres sur trois mètres et demi.
« La faim nous pousse parfois à mendier. Dans cette localité, certains partent chercher du travail occasionnel, d’autres demandent de l’aide pour trouver de quoi manger. Parfois, nous trouvons quelque chose, parfois non. On nous dit souvent que nous avons des représentants dans les institutions de l’État. Mais, nous ne voyons jamais leur aide », déplore-t-il avec amertume.
Un autre habitant, connu sous le nom de Muhomohoma, père de trois enfants, affirme qu’une ancienne ministre chargée notamment des questions sociales s’était rendue dans leur localité et leur avait promis la construction de maisons modernes. Les bénéficiaires disent avoir même participé à la délimitation des parcelles et à la pose des fondations. Cependant, les briques qui avaient été déposées sur place ont été abandonnées et les travaux n’ont jamais commencé. « Nous avons l’impression que personne ne nous représente réellement. Nous sommes obligés de nous débrouiller seuls », regrette-t-il.
L’autorité locale reconnaît le problème
Contacté à ce sujet, l’administrateur communal de Cibitoke indique qu’il est au courant des difficultés auxquelles font face ces familles batwa. Toutefois, il estime que certains comportements compliquent les efforts d’accompagnement.
Selon lui, il arrive que l’aide qui leur est accordée soit mal utilisée et que certains continuent malgré tout à mendier. Il encourage les membres de cette communauté à s’organiser en associations ou en coopératives comme les autres citoyens afin de pouvoir bénéficier des différents programmes d’appui au développement.
De leur côté, des responsables des organisations représentant les Batwa au niveau national annoncent qu’ils prévoient prochainement des visites dans toutes les provinces du pays. L’objectif sera d’écouter les préoccupations de la communauté et d’identifier des initiatives pouvant améliorer la participation des Batwa aux programmes de développement.








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