Lundi 26 février 2024

Société

Région Centre/Yoba : un quartier de la capitale politique sans route praticable

08/01/2024 Commentaires fermés sur Région Centre/Yoba : un quartier de la capitale politique sans route praticable
Région Centre/Yoba : un quartier de la capitale politique sans route praticable
Entrée de l’Avenue Rongero sensée être l’une des routes principales du quartier.

Depuis sa création il y a une trentaine d’années, le quartier Yoba manque de routes dignes de ce nom. Ses habitants demandent à cor et à cri que les soi-disant rues et avenues qui s’y trouvent soient praticables et accessibles. En attendant, les automobilistes craignent d’abîmer leurs véhicules en s’engageant dans ce quartier.

Considéré comme le quartier le plus peuplé de la ville de Gitega, Yoba manque de routes depuis sa création. Bordé par la route goudronnée Gitega -Bujumbura, les visiteurs peuvent croire qu’ils peuvent traverser tout le quartier sans encombre.

Pourtant, les avenues et les rues bien adressées se terminent en cul de sac. En plus d’être trop étroites et non droites, des trous béants et des montagnes de gravats de toutes sortes gênent tout passage surtout pendant la saison des pluies.

La majorité des propriétaires de véhicules ne peuvent pas les faire rentrer chez eux. Ils doivent les laisser dans des stations à essence ou dans les parkings des écoles et des églises qui sont proches du quartier.

Le seul moyen de déplacement capable de circuler à l’intérieure du quartier Yoba est le vélo ou la moto qui sont capables de zigzaguer pour éviter de tomber dans les petits lacs artificiels qui se forment après la pluie.

« Parfois je me demande si tout le monde sait comment se présente le quartier Yoba en matière d’infrastructures routières. J’ai entendu qu’il y’a eu des fonds publics qui étaient alloués au traçage et à la construction des routes qui n’ont pas été utilisés alors que nous n’avons aucune route valable », souligne le prénommé Albert, un nouveau venu dans le quartier.

« Rouler sur ces routes, c’est détruire petit à petit son véhicule. Je le faisais avant mais c’étaient toujours des pannes de rotules, de transmissions », se plaint un conducteur de véhicule. Et d’ajouter qu’« aujourd’hui, nous sommes découragés. Cela fait plusieurs années que nous nous nourrissons des promesses que les routes vont être tracées mais en vain ».

La degradation progressive de celles qui existent si elle n’est pas arrêtée risque d’enfoncer le clou.

Et pourtant, ils avaient tout fait

Les habitants du quartier Yoba informent qu’ils avaient tout tenter afin de rendre leur quartier propre et viable. Et pour preuve, ils sont allés jusqu’à puiser dans leurs maigres ressources pour contribuer au pavage du quartier.

Ils indiquent qu’il y’a quelques temps, des rumeurs avaient circulé comme quoi le quartier allait être viabilisé et modernisé avant de se rendre compte que c’était une chimère.

« A l’époque, nous avons cru que le quartier va se développer. Nous avons même pensé à indemniser les personnes dont leurs maisons seront détruites par les travaux de traçage des routes », témoigne le prénommé.

Rien ne pointe à l’horizon

La population déplore que jusqu’aujourd’hui, rien ne pointe à l’horizon. Seulement, on voit quelques fois des camions benne déverser dans ce qui reste comme routes des gravats ramassés ici et là surtout dans les quartiers huppés lors des travaux de développement communautaire pour juste boucher les trous. Ironie du sort, ces matériaux posent de nouveaux problèmes notamment l’insalubrité.

« Notre quartier est devenu la poubelle des autres quartiers. Ce qui n’est pas autorisé ailleurs est tout de suite acheminé vers ici », proteste la prénommée Bernadette, une habitante de Yoba en escaladant une montagne de gravats jetée devant sa parcelle.

Agir vite

Les habitants de Yoba réclament aux autorités habilitées d’agir vite afin de changer la donne Ils estiment en effet que l’état actuel des rues et avenues de leur quartier fait la honte pour de la capitale politique du pays.

Situé à moins d’un kilomètre du centre-ville de Gitega, Yoba ne manque pas de belles maisons et d’habitants moyennement riches mais l’absence des routes amène l’insalubrité et le désordre dans les constructions. Chacun veut construire en maximisant sa parcelle sans tenir compte de la circulation et du passage des véhicules.

La population de Yoba exprime aussi le souhait de voir leur quartier accessible partout et de partout. Surtout qu’elle avait payé de l’argent comme contribution dans le pavage, il y’a des années.

Chaque ménage, boutique, bistrot, salon de coiffure, tous étaient appelés à payer cette contribution. Obtenir un service administratif était même conditionné par la présentation d’une preuve matérielle qu’on a contribué au pavage du quartier. Des amendes ont même été infligées aux récalcitrants.

Malheureusement, comme cela ne suffisait pas, de mauvaises langues affirment qu’au lieu des routes et du pavage, le quartier Yoba sera démoli et ses habitants chassés. Ceux qui veulent y habiter doivent construire des maisons en étages suivant le nouveau Plan directeur de la ville de Gitega.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Crise à l’Est de la RDC. On ne choisit pas ses voisins

Le 37ème Sommet de chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) s’est tenu dans un contexte très mouvementé de tensions dans plusieurs parties de l’Afrique. Lors du discours inaugural de la séance plénière, Moussa Faki Mahamat, président de (…)

Online Users

Total 1 185 users online