Alors que la province de Gitega s’affirme comme un pôle de formation technique, le mécanisme de financement des stages professionnels grippe. Avec le retard dans le paiement des indemnités et la diminution des jours à payer de la part du ministère de tutelle, les élèves, les tuteurs d’entreprises et les professeurs encadreurs naviguent à vue.
Sous un soleil de plomb, à la sortie d’un garage de la place, le prénommé Jean-Claude essuie ses mains couvertes de graisses noires. Elève en mécanique, il vient de passer deux semaines à apprendre les rouages du métier. Mais, derrière son sourire de futur diplômé, l’amertume pointe. « On nous a promis des frais de stage pour nous aider. Mais, le stage est presque fini et nos poches sont vides », confie-t-il. Comme lui, des centaines d’élèves des écoles techniques publiques de Gitega attendent le déblocage des frais de stage par le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique. Une attente qui dure, s’étire et finit par transformer une opportunité d’apprentissage en un fardeau financier.
Le problème ne s’arrête pas aux seuls élèves. Les professeurs encadreurs et les tuteurs d’entreprises où se déroulent les stages sont aussi touchés. Pour ces derniers, la déception est double. Non seulement les fonds se font attendre, mais aussi le mode de calcul pour le paiement a changé. Au lieu de compter 30 jours de stage, on considère 20. « Réduire la période de paiement à 20 jours alors qu’ils sont là pendant un mois entier, c’est nous dire que notre travail n’a pas de valeur les dix derniers jours », regrette un tuteur dans une entreprise publique.
D’après eux, cette décision, perçue comme « un rabotage injustifié », s’est faite sans communication préalable.
Pour les professeurs, dont les frais de mission et de déplacement sont essentiels afin d’assurer le suivi pédagogique sur les lieux de stage, la situation devient intenable.
Un climat de méfiance
Pour les élèves, les tuteurs d’entreprises et les encadreurs, chaque franc compte. Les frais destinés aux élèves servent souvent à payer le transport quotidien vers l’entreprise ou à s’offrir un repas à midi. Dans les entreprises partenaires, l’agacement est palpable. Le tuteur, souvent un employé déjà surchargé par ses propres objectifs de production, consacre du temps à transmettre son savoir. Selon eux, l’indemnité prévue de160 FBu par stagiaire et par jour est modeste, même si elle symbolise la reconnaissance de l’État.
Dans cette tourmente, les directeurs d’écoles techniques se retrouvent en première ligne. Assaillis de questions par les parents d’élèves, les tuteurs mécontents et leurs propres personnels, ils n’ont que peu d’éléments à fournir. « Nous sommes les premiers à subir la pression de la part des personnes lésées tout comme nous ignorons les raisons des retards dans le paiement », confesse un directeur d’établissement sous couvert d’anonymat. Selon lui, cela crée un climat de méfiance entre eux et leurs partenaires du secteur privé.
Rien n’a changé
Contacté par téléphone, la Direction de l’Enseignement post-fondamental, Technique et de la Formation professionnelle indique que tout est mis en œuvre pour débloquer la situation le plus tôt possible. Concernant la réduction du nombre de jours à payer, la direction rassure que rien n’a changé. Il affirme haut et fort que les frais de stage s’étalent sur 30 jours et non 20. Il parle de rumeurs. « Ces allégations sont infondées. Je comprends mal pourquoi ils ne cherchent pas des informations sûres chez les élèves et tuteurs de Buhumuza et Burunga qui ont déjà reçu ces frais de stage », déclare Fidel Bizindavyi tout en promettant d’éventuelles majorations des frais de stage pour les années prochaines.





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