Jeudi 17 juin 2021

Société

Quid du manque de témoins actifs ?

07/05/2021 1
Quid du manque de témoins actifs ?

Ces temps-ci, des messages de haine enflamment la Toile. Un individu ou un groupe social peut être pris à partie. Même ceux qui contre laissent faire. Pourquoi cette passivité ? Eclairage de Jérôme Niyonzima, journaliste œuvrant dans le domaine de la résolution des conflits.

Pourquoi nombre de personnes restent passives face aux discours de haine ?

Primo, il y a des gens qui sont indécis de nature. Pour eux, il ne faut pas que les gens se rendent compte que c’est eux qui ont pris position. Une telle personne reste passive en attendant ce qui adviendra. Elle a peur du qu’en-dira-ton. Des telles personnes sont dangereuses. Elles se cachent.
Secundo, certaines personnes trouvent leur compte dans la diffamation, les injures, les calomnies qui peuvent être publiées. Ils pensent pouvoir en profiter pour se donner un statut et une réputation. Voilà pourquoi, ils restent inactifs face à cette situation.

Des messages de haine circulent souvent sur les réseaux sociaux. Quelles répercussions dans la communauté ?

Ils peuvent avoir des conséquences néfastes dans la communauté. Des gens commencent à imaginer et à faire le jeu d’alliance. Certains se rangent d’un côté, d’autres de l’autre. La haine s’installe. Le plus souvent, un groupe qui se sent visé, malmené, vexé peut décider de contre-attaquer. Des conflits qui conduisent à des violences. A un certain moment, ils provoquent des cycles de vengeance.

Comment multiplier les témoins actifs?

La multiplication des témoins actifs doit passer par des efforts conjugués par plusieurs catégories des personnes. D’abord, les internautes doivent faire preuve de retenue. Avant de transférer un message, il faut faire le croisement de sources. Sur les réseaux sociaux, il ne faut jamais propager des messages de haine. Ils portent préjudice à l’unité et la réconciliation.

Ensuite, ce sont des journalistes. Ils ont l’obligation de vérifier si le message est vrai ou faux en confrontant les sources pour éventuellement démentir les informations diffamatoires, destructrices. Ils ont également un travail de montrer leurs conséquences.

De surcroît, ce sont des techniciens de l’information sur internet. Il s’agit des gestionnaires de sites et plates-formes d’informations. Pour garder leur réputation, ils ont intérêt à vérifier que ce qui passe sur leurs sites sont des informations valides, correctes et constructives. Sinon, les gens ne consulteront plus leurs sites, et leur notoriété sera mise en cause.

Quid des pouvoirs publics ?

Il s’agit notamment du conseil national de communication, du ministère de la communication et du ministère de la Sécurité publique. Ces institutions publiques ont l’obligation de détecter ces messages de haine et de découvrir leurs auteurs pour les décourager et les punir.

Propos recueillis par Jérémie Misago

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. roger crettol

    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage …
    A force de prêcher la retenue et la civilité, IWACU finira bien par en toucher quelques-uns. Comme pour le capitalisme, il n’y a pas là de “petits profits” ; chaque adhésion est une victoire. Pour le Burundi !

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