Dimanche 07 mars 2021

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PNUD-Burundi : Des projets à mille diverses réalisations au Nord du pays

07/12/2020 La Rédaction Commentaires fermés sur PNUD-Burundi : Des projets à mille diverses réalisations au Nord du pays
PNUD-Burundi : Des projets à mille diverses réalisations au Nord du pays
Thérèse Nibogora (gauche) et Modeste minani (droite), bénéficiaires de l’aide légale se disent satisfaites de cet appui du PNUD

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Burundi appuie les efforts du Gouvernement pour la réalisation de la
vision du Plan national de développement 2018-2027 à travers différents projets qu’il initie au profit des populations vulnérables dans les domaines de l’amélioration de l’accès aux services administratifs et judiciaires et au droit, de l’autonomisation socioéconomique des femmes, entre autres. Dans les provinces de Ngozi, Kayanza et Kirundo, les bénéficiaires rencontrés expriment leur satisfaction.

En tant que partenaire technique et financier du Burundi pour l’élimination de la pauvreté et la réduction des inégalités, le Programme des Nations Unies pour le développement met en œuvre des projets qui ciblent les populations vulnérables. Ses interventions couvrent, entre autres, l’amélioration de l’accès aux services administratifs et judiciaires et au droit par l’aide légale aux populations vulnérables, la décentralisation de certains services publics qui étaient uniquement à Bujumbura, l’autonomisation socioéconomique des femmes à travers l’énergie solaire.

Une Aide légale saluée

Dans le cadre de l’amélioration de l’accès aux services judiciaires, environ 200 dossiers pénaux et civils ont été traités et des jugements rendus par le Tribunal de grande instance de la province Kayanza, grâce à l’aide apportée aux populations vulnérables par le PNUD, qui a mis à leur disposition des avocats expérimentés pour défendre leur cause.

Pascal Sabikunze de la colline kibati, zone rugazi, kabarore est l’un d’entre eux. Il a intenté une action en justice contre son voisin qui veut le dépouiller de sa propriété. Il se dit ravi d’avoir eu un avocat qui va défendre sa cause. « Je remercie vivement le PNUD qui nous a soutenus. Nous espérons que nous serons rétablis dans nos droits. Le procès d’un vulnérable face au riche n’aboutit jamais. Nous étions injustement traités par des puissants économiquement. Nous ne savions pas à quel saint nous vouer », raconte-t-il.

Même sentiment de satisfaction chez Thérèse Nibogora de colline Kivuvu, commune kabarore. Son mari l’a délaissée mais veut vendre leur maison et la propriété en connivence avec certains administratifs à la base. Elle remercie vivement le PNUD qui a pensé aux vulnérables. Pour elle cette aide légale est essentielle. « J’avais subi une injustice dans la juridiction de base. Avec mon avocat, je me permets d’espérer que les juges vont dire le droit ».

Modeste Minani, colline pfundo, zone rwegura en commune Muruta, avait engagé un procès contre son mari qui l’a délaissée avec huit (8) enfants et vendu leur maison en location à son insu. Le tribunal de résidence avait déclaré irrecevables ses demandes. Elle s’est confiée au TGI Kayanza où il a eu un avocat dans le cadre de l’aide légale apportée aux populations vulnérables par le PNUD. « C’est une joie intense d’avoir ce soutien combien important. Je suis pauvre victime d’injustice et sans appui je ne peux rien», dit-elle. Au PNUD, elle demande de continuer cette noble mission et de soutenir d’autres vulnérables qui sont aux prises avec la justice.

Marie Mbabayimana, femme mutwa de la colline Gihororo : « La régularisation des unions libres a ramené la joie dans les familles »

Du côté de la juridiction, Ménédore Nyamibara, greffière en chef au TGI Kayanza, se dit également satisfaite de l’impact du projet. « Les dossiers ont été traités dans les brefs délais, sans traîner dans les tiroirs. Ils ont été jugés selon les procédures normales dans l’équité comme il se doit. Il y avait des avocats pour défendre ces vulnérables. Cela a permis d’avoir une même lecture des lois », nous confie-t-elle.

Même son de cloche chez Mme Désirée Bizimana, procureur de la République à kayanza, qui déclare que cette « aide légale a fortement impacté le déroulement des procès ». Grâce aux avocats, poursuit-elle « les procès ont été rapides. Dans leurs plaidoiries, demandeurs et défendeurs se sont exprimés tranquillement sans incompréhensions. Auparavant, ils pouvaient oublier le jour du procès ou se tromper de juridiction compétente pour leurs dossiers ». Pour elle, accepter l’issue du procès même en leur défaveur n’est plus un problème grâce à la sensibilisation.

Toutefois, compte tenu du nombre de dossiers qui sont encore à traiter, ces autorités judiciaires sollicitent plus de planification et d’appui pour des audiences en itinérance dans les communes. Elles suggèrent que ce projet soit élargi à tous les dossiers, sans tenir compte de la vulnérabilité mais plutôt de la distance selon les communes.
Comme en province Kayanza, les populations vulnérables de la province de Kirundo ont aussi bénéficié de l’aide légale initiée par le PNUD. Depuis 2018, au tribunal de grande instance de Kirundo, 135 dossiers civils et pénaux ont été traités et les jugements rendus. 27 autres sont en cours.

Les femmes au cœur des projets du PNUD

Gloriose Ndayisenga, une des femmes Kirundo, Busoni, colline Nyagisiga, bénéficiaire d’énergie solaire ne tarit pas d’éloge

Le « projet d’autonomisation socioéconomique des femmes à travers l’énergie solaire » mis en œuvre par le PNUD a octroyé des plaques solaires, et de batteries rechargeables aux groupements des femmes en zone Nyagisozi de la commune Busoni. Gloriose Ndayisenga, une des femmes de cette localité de la colline Nyagisiga II membre du groupement « Kerebuka mukenyezi » ne tarit pas d’éloges. « Nous ne sommes plus dans les ténèbres. Maintenant c’est facile de faire les travaux ménagers la nuit », a-t-elle témoigné. Elle demande néanmoins d’autres lampes car sur 80 octroyées à leur groupement, il ne reste qu’une trentaine. Les 50 lampes ne fonctionnent plus. Elles sont endommagées.

Toutes les unions libres des Batwa régularisées

Dans cette même perspective de faciliter l’accès de la population à différents services administratifs, le PNUD a appuyé en commune Gatara, province Kayanza, les services de l’état civil et l’enregistrement des terres au bureau foncier communal. Ce qui a permis à deux cents (200) couples Batwa de la commune de régulariser leurs unions. Ces Batwa témoignent que depuis la régularisation de leurs unions, leurs couples ont retrouvé la paix et plus d’histoire de concubines dans leurs ménages. Marie Mbabayimna est l’une des femmes Batwa de la colline Gihororo. « La régularisation des unions libres a ramené la joie dans les familles. Parmi nous pas de femme maltraitée, pas de femme répudiée la situation est normale. Mais auparavant, la situation était insupportable. Mon mari ne me bat plus comme il avait coutume de le faire. Même en cas de manque de ration nous nous soutenons mutuellement ».

Elle se réjouit d’avoir célébré le mariage en tenant le drapeau national. Elle remercie vivement le PNUD et les autorités qui les ont sensibilisés. Pour le moment, ils suivent des enseignements tous les lundis à la paroisse de Gatara en vue de célébrer le mariage religieux. Le baptême et le mariage de tous les couples des Batwa sont prévus en avril, le jour de Pâques.

Même sentiment de satisfaction chez Dieudonné Bucumi, colline Gihororo, commune Gatara. Leur mariage n’a été légalisé qu’après 10 ans d’union libre. Il salue un projet qui a ramené la paix et l’ordre dans les familles. « Avant un homme avait deux, trois et plus de femmes. Ce qui n’est plus le cas. Nous sommes contents d’être dans la légalité. Nous avons trois enfants. Ils ont pour le moment des actes de naissances ».

Bob Arakaza, responsable du site des Batwa de Ghororo : « tous les couples ont régularisé leurs mariages ».

Pour Arakaza Bob, responsable du site des Batwa de Ghororo tous les couples ont régularisé leurs mariages. C’est un projet d’importance capitale qui est venu pour éradiquer les mésententes dans le foyer. « Pas de deux ou plusieurs femmes. Parmi les conjoints, il n’y a plus de violences liées au concubinage, qui avait atteint un niveau inquiétant ».
Il explique que celui qui avait deux femmes a accepté de laisser la deuxième femme pour ne rester qu’avec la première. Mais les enfants issus de ces unions ne devraient pas être victimes.

Les fautifs sont leurs parents. Les pères se sont engagés à assurer leurs besoins vitaux pour leur avenir.
Les Batwa de Gihororo demandent des projets de développement pour relever leur niveau de vie. Ces familles, qui ont de petits lots de terre ou presque rien, vivent dans des conditions précaires. Avoir de quoi mettre sous la dent est un casse-tête.

Un service foncier communal qui est fonctionnel

Le PNUD a également aidé à mettre en place un service communal foncier. Victor Gateranya, colline muhingira en commune Gatara est parmi les premiers qui ont fait enregistrer leurs terres. Il fait savoir que faire enregistrer les lots de terre permet d’éviter des problèmes qui peuvent surgir. Il parle surtout des terres achetées auprès des parents quand leurs enfants étaient encore petits. « Ces derniers pourraient refuser que leurs parents n’ont pas vendu. Même leurs propriétaires peuvent se dédire».

M. Gateranya remercie le PNUD car des certificats fonciers servent d’hypothèque pour demander des crédits à la FENACOBU. « C’est une chose importante pour celui qui veut faire un business. Le PNUD est venu à point nommé car je peux me développer grâce à ma terre ».

Selon Sylvane Gakuyano, administrateur de la commune Gatara, l’octroi des titres a beaucoup aidé à réduire les conflits fonciers dans les ménages. Auparavant, il y avait des gens qui se passaient pour des propriétaires des terres qui ne leur appartiennent pas. Mais pour le moment celui qui a déjà fait enregistrer son lot de terre et eu un certificat foncier est en sécurité. « Personne ne s’aventure.

En ce moment que le bureau foncier communal est fonctionnel personne n’est venu se plaindre».

Tous les documents de voyage, permis de conduire et autres, délivrés à Ngozi

La province Ngozi a bénéficié de la politique de décentralisation des services offerts par différentes institutions publique comme la Police judiciaire, la Police de l’air, des frontières et des étrangers ainsi que la Police spéciale de roulage. Il s’agit d’un guichet unique provincial de Ngozi qui dépend du ministère de la fonction publique et de l’emploi.

Jérémie Nfshimirimana, responsable du guichet unique provincial de Ngozi parle d’un projet efficace

Depuis le 12 février 2018, les documents de voyage comme passeport ordinaire, de service, diplomatique, les laisser-passer et carte CEPGL sont délivrés à Ngozi. Les permis de conduire provisoire et définitif et les extraits de casier judiciaire sont également faciles à obtenir sans dépenses colossales. Plus de 15210 documents ont été délivrés au guichet unique de Ngozi.
Les habitants de Ngozi sont ravis. Ils saluent cet appui du PNUD, car d’après eux, le voyage vers Bujumbura pour se procurer des documents a été raccourci grâce à ce guichet. Ndizeye Jean Marie, conducteur de moto de la commune Busiga a déjà son permis de conduire. « La joie m’échoit et je remercie vivement le gouvernement et son partenaire qui est le PNUD. C’est un pas important dans la décentralisation des services. Se rendre à Bujumbura pour avoir un permis était un casse-tête».

Il est rejoint par Annonciatte Tuyisabe, habitant de la ville de Ngozi. Elle se dit contente d’avoir eu son extrait de casier judiciaire sans se lasser. « Pas question de se rendre à Bujumbura ».

Pour sa part Jérémie Nshimirimana, directeur du guichet unique de Ngozi c’est un honneur d’avoir un tel service qui était uniquement dans la capitale économique. Il tient à remercier le gouvernement du Burundi et le partenaire technique et financier qui a aidé l’implantation de ce guichet unique provincial.

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