Vendredi 19 avril 2024

Santé

Plus de 47 % des Burundais sans assurance santé : faut-il une loi sur l’assurance maladie obligatoire ?

Plus de 47 % des Burundais sans assurance santé : faut-il une loi sur l’assurance maladie obligatoire ?
Prosper Bazombaza : « Il faut rendre obligatoire l'assurance maladie »

La proposition d’une loi sur l’assurance maladie obligatoire en vue d’inciter la population à s’en doter, tout en garantissant une couverture sanitaire universelle et une équité dans les contributions, est une étape cruciale pour améliorer le système de santé au Burundi.

Les grands défis de l’accessibilité aux soins de santé, de la qualité des soins et de la garantie de la couverture sanitaire universelle, ont été mis en lumière lors d’un dialogue de haut niveau sur le financement de la santé.

Ce forum s’est clôturé ce mercredi 14 février 2024 à Kinindo, avec la présence du premier vice-président, Prosper Bazombaza, aux côtés du ministère de la Santé publique et d’autres acteurs concernés.

Malgré les efforts déployés par l’État, notamment avec la création de mutuelles pour le secteur public et des associations d’assurance privées, des défis persistent : une grande partie de la population burundaise n’a pas encore saisi l’importance de souscrire à une assurance maladie.

C’est dans ce contexte que le premier vice-président de la République a proposé qu’il y ait une loi sur l’assurance maladie obligatoire avec pour objectif d’inciter la population à se couvrir pour améliorer leur état de santé.

Le défi majeur réside dans la manière d’imposer une telle loi : « La moitié de la population burundaise n’est pas assurée selon les études disponibles. De plus, la préférence pour les paiements en espèces lors des soins de santé et l’augmentation progressive des coûts de ces soins, sont des défis supplémentaires à relever », a déclaré Arcade Nimubona, secrétaire exécutif permanent de la Commission nationale de la protection sociale.

Un autre obstacle est le manque de culture de prévention au sein de la population burundaise. Pour y faire face, les acteurs dans le domaine de la protection sociale proposent de réorganiser le mécanisme assurantiel en se basant sur les structures existantes.

Il s’agit notamment les mutuelles de la fonction publique, la mutuelle des entreprises du secteur privé structuré (MSP), les mutuelles de santé communautaires et la carte d’assurance maladies (CAM), afin de couvrir le plus grand nombre possible de personnes.

« Des cotisations ne doivent pas être liées aux risques individuels, mais plutôt à la capacité contributive de la population. Cela garantit une équité dans les contributions, où chacun contribue proportionnellement à ses moyens, tout en ayant accès aux mêmes prestations », a expliqué Calixte Nkurunziza, coordonnateur national du programme de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Pour relever ces défis, il est essentiel d’obliger tout le monde à adhérer à un mécanisme d’assurance maladie, comme l’ont souligné les différents intervenants lors du dialogue.

La question qui se pose est de savoir si une loi sur l’assurance maladie obligatoire est réalisable au Burundi, alors que plus de 47 % de la population burundaise n’est couverte par aucun mécanisme assuranciel en santé.

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Stan Siyomana

    1. Mwanditse muti:« Un autre obstacle est le manque de culture de prévention au sein de la population burundaise… »
    2. Ico ndabivuzeko.
    a). Abarundi twama twizigiye ngo Imana iratubona kandi niyo izodukingira muri vyose. Ivyo bigatuma twizera ivyo indongozi zitubwira vya Vision Burundi pays emergent en 2040 kandi ubu ubutunzi bw’igihugu/economie bumeze nabi. Ahandi mukubaka bikatunanira kubahiriza n’imiburiburi imetero 150 kuva kumazi y’ikiyaga Tanganyika (kandi bizwi ko ayo mazi yigeze kuduga cane mu 1964?).
    b). Vyodufasha kuja twibuka « loi de Murphy »
    « La loi de Murphy, élaborée par l’ingénieur aérospatial américain Edward A. Murphy Jr., est un adage qui affirme : « Tout ce qui est susceptible d’aller mal ira maltrad 1. » Ou, selon une variante plus détaillée : « S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »… »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Murphy

  2. Claypton

    Le Burundi a une bonne expérience avec la Mutuelle de la fonction publique ,je NE sais pas si Elle fonctionne toujours aussi Bien comme dans le temps mais une Assurance maladie universaire ne devrait pas être obligatoire. Au Rwanda Voisin ça commence à marcher avec une couverture non obligatoire à plus de 90% de la population , la collecte a été confiée à la RSSB ( équivalent de l’ INSS ) , IL faut une volonté politique , des investissements massifs dans Les infrastures de santé ( hôpitaux , centres de santé , pharmacies etc ). Après la population adhère mais IL faudra trouver des financements innovants ( sociétés d’Asdurance , Companies de telecoms , Banque ) car les contributions individuelles ne suffiront pas pour rendre son financement stable.

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