Jeudi 29 septembre 2022

Économie

Pénurie du mazout : « Nous venons de passer plus de deux semaines sur les files d’attente »

12/05/2022 6
Pénurie du mazout : « Nous venons de passer plus de deux semaines sur les files d’attente »
Des longues files d’attente s’observent encore sur les stations-services malgré la hausse du prix du carburant

Après la hausse des prix du carburant, les conducteurs des véhicules consommant le mazout déplorent que la pénurie de ce produit persiste. Selon le président de la République, cette pénurie est liée au manque de devises.

Sur différentes stations-services en mairie de Bujumbura s’observent des longues files d’attente des camions, de camions bennes, des bus de type Toyota Coaster et d’autres automobiles consommant le mazout.

Les conducteurs attendent patiemment l’alimentation en mazout, mais cela fait plus de deux semaines d’attente pour certains. Lorsque certaines stations reçoivent une petite quantité, le désordre commence. Chacun veut être le premier servi.

« Cela fait trois semaines que je suis sur cette file d’attente. Il n’y a pas de mazout. J’ai passé par plusieurs stations-services. On nous disait qu’on allait approvisionner cette station, mais en vain. Les pneus sont déjà en panne », regrette un conducteur de camion rencontré sur la station Interpetrol en zone Bwiza le long du boulevard du peuple Murundi. Selon lui, le gouvernement devrait prendre des mesures efficaces pour juguler ce problème de pénurie plutôt que hausser les prix seulement.

Les autres conducteurs déplorent des magouilles sur les pompes : « Même lorsqu’on approvisionne cette station, on sert d’abord des gens qui viennent avec des bidons, des bagages et qui ne sont pas même sur la file d’attente. Après quelques minutes, on nous dit que le mazout est fini ».

A 11 heures ce 11 mai, obtenir le mazout était un casse-tête sur une autre station Interpetrol dans la zone Ngagara au nord de la ville de Bujumbura. Alors qu’on venait d’amener 20.000 litres ce matin vers 11 heures, seul le plus fort pouvait s’approvisionner. Des bidons, des réservoirs de camions, des tonneaux… Chacun passait par toutes les voies pour obtenir du mazout.

« Seuls ceux qui ont des bons de commande et ceux qui ont amené des bidons sont servis. Ils vont, par après, nous dire que le mazout est terminé avec deux ou trois camions seulement approvisionnés. La situation est comme ça depuis trois semaines », s’indigne un chauffeur d’un camion benne.

Ces chauffeurs de poids lourds et autres véhicules consommant du mazout demandent au gouvernement de disponibiliser le carburant après la hausse du prix de ce produit.

« Un manque à gagner énorme »

Pour certains conducteurs, passer deux semaines sur une file d’attente est une grosse perte. « Les conducteurs n’ont pas de réserves. On ne peut pas manger sans avoir travaillé. Passer deux semaines sur ces files plonge nos familles dans la misère ». Ils déplorent des spéculations qui font qu’un bidon de 40 litres de mazout s’achète à 250 mille BIF en clandestinité.

En outre, ils dénoncent que ceux qui sont servis dans les bidons sont les mêmes qui vendent du carburant en clandestinité à des prix exorbitants. Et d’appeler l’administration et la police à prendre des mesures pour lutter contre la vente clandestine du carburant.

En plus des spéculations, la sécurité des véhicules sur les files d’attente n’est pas assurée. Les conducteurs doivent veiller toute la nuit pour que les pièces de leurs véhicules ne soient pas volées.

Dans une conférence de presse animée ce 10 mai, le président de la République, Evariste Ndayishimiye a expliqué ce manque de carburant par le manque de devise : « Aujourd’hui, il est question de savoir la quantité de carburant que nous avons. La quantité que nous recevons dépendra de devises que nous avons ».

Selon le président de la République, les prix du carburant étaient restés stables parce que le gouvernement avait abandonné certaines taxes sur ce produit jusque cela devienne impossible.

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Jamahaar

    Que sont-elles devenues les reserves strategiques de carburant de la montagne Zege en province de Gitega?A un certain moment, le gouvernement burundais avait l’habitude de constituer des stocs de reserves de carburant achetes sur le marche international a des pris abordables. Ces stocs etaient utilises en temps de crises energetiques comme celle-ci.Ce n’est pas la premiere fois que cela arrive.Les Burundais gardent en memoire les penuries tres graves des annees 1973 (la guerre israelo-arabe d’Octobre ou Yom Kipour), la guerre Ougando-Tanzanienne de 1979 et durant la periode d’embargo impose par les pays voisins apres le Coup d’Etat de 1996.Les premieres crises ont ete tres devastatrices pour l’economie burundaise.Pour celle de 1996 et les annees suivantes, le pays a pu recourir aux reserves constituees les annees anterieures surtout sous la IIeme Republique (1976-1987). Pourquoi alors les autorites burundaises actuelles n’ont-elles pense a cette politique strategique qui avait pourtant fait de bonnes recettes en limitant les degats desasteux sur les activites economiques et commerciales? Jusqu’a present le Burundi ne produit pas de petrole et ne deviendra pas un emirat petrolier dans un future proche.Gouverner c’est prevoir et anticiper les crises avant qu’elles ne se produisent.Il faudra s’attendre a ce genre de crises repetitives vu le retard technologique du pays pour developper des sources d’energie alternatives pour remplacer le petrole importe, l’enclavement du pays et l’instabilite dans le monde.

  2. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« « Aujourd’hui, il est question de savoir la quantité de carburant que nous avons. La quantité que nous recevons dépendra de devises que nous avons ». »
    2. Mon commentaire
    Espérons que le Burundi ne va pas se trouver dans la même situation que le Sri Lanka (en Asie) qui aurait à peine 5 millions de dollars en réserve (je l’ai entendu hier sur National Public Radio (NPR) -radio américaine).
    « Le Sri Lanka vit la plus grave crise économique depuis son indépendance en 1948. Le pays est en faillite, tout simplement. Le 12 avril, il a même dû suspendre ses paiements à ses créanciers internationaux et demander l’aide du FMI… »
    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/chaos-au-sri-lanka-comment-le-pays-traverse-par-une-crise-economique-historique-a-sombre-dans-la-violence_5103328.html

  3. Nshimirimana

    Il y aurait lieu tout de même de mettre plus en évidence le  » Leta-Mvyeyi » en passant au désarroi de ces administrés en attente de l’action de « Leta-Mvyeyi », sinon…les paroles de Dalida risque d’avoir son sens ( Paroles, paroles, paroles, paroles, paroles…Encore des paroles que tu sèmes au vent)
    Bon week-end

  4. Zaire James

    n’umugani wa Samandari

  5. Hatari

    Pourquoi cette désorganisation quand il y a quelques m3 de fuel dans les stations ? Qui profite de ce drame ? Carburant en bidons puis vendu clandestinement !

    • Stan Siyomana

      @Hatari
      Le fuel s’achète au litre dans les stations d’essence.

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