Mardi 18 janvier 2022

Politique

Mukaza : célébration de la fête communale malgré l’interdiction des rassemblements festifs

08/08/2021 4
Mukaza : célébration de la fête communale malgré l’interdiction des rassemblements festifs
La fête communale à Mukaza a été célébrée au boulevard de l’indépendance en face du stade Intwari

Ce samedi 7 août, la commune de Mukaza a organisé les cérémonies marquant la 8ème édition de la fête communale. C’est après l’annulation de certains évènements qui étaient prévus au cours de cette grande saison sèche. Les citadins évoquent un deux poids deux mesures.

« C’est étonnant de voir ceux qui interdisent une chose, fermer les yeux quand il s’agit d’une activité nécessitant de grands rassemblements les concernant. C’est à se demander la différence entre ces fêtes et les autres évènements », fait remarquer, dépité,  N.M., un habitant de la commune Mukaza venu assister à la fête communale.
Effectivement,  il y a une semaine le ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Gervais Ndirakobuca a interdit des concerts, des shows et autres évènements : « Tous les évènements qui rassemblent beaucoup de monde comme les karaokés et les boîtes de nuit, restent interdits, sur tout le territoire du Burundi, pour mieux poursuivre la lutte contre la pandémie de covid-19 », peut-on lire encore sur le compte twitter du ministère chargé de l’Intérieur.

Apres cette décision des organisateurs ont commencé à annuler leurs événements. C’est notamment ces concerts et shows auxquels des stars rwandaises comme Israël Mbonyi, Bruce Melody et d’autres allaient animer. Ce n’est pas tout: même le festival du rire, ’’Kigingi Summer Comedy’’ et d’autres événements programmés au cours de cette grande saison sèche ont été annulés.

Et la fête communale ?

Ce samedi 7 août, la 8ème édition de la fête communale organisée par l’administration de Mukaza a eu lieu au boulevard de l’indépendance en face du stade Intwari.

Des artistes burundais étaient invités pour animer la fête. Et pour motiver les habitants à participer à cet évènement, des invitations  alléchantes : « Il y aura à boire et à manger », pouvait-on lire sur l’affiche de l’événement.
A l’entrée, il y a des seaux remplis d’eau sont prévus. Mais ce n’était pas obligatoire de se laver les mains. Aucun participant dans cette fête ne portait un masque, même les administratifs conviés !

Les artistes invités se permettaient même de les saluer en les serrant la main. Les citadins interrogés demandent que la décision prise par un administratif soit respectée par tous, sans exception aucune : « Ce qu’ils ont fait, montre qu’ils n’ont pas pris, eux-mêmes, au sérieux leur décision. Comment un parent peut interdire à son enfant de faire quelque chose et le lendemain l’enfant voit son père en train de faire ce qu’il lui a interdit. »
Signalons que la fête communale a été célébrée dans toutes les communes du Burundi, les plus hautes autorités du pays ont pris part à ces cérémonies, la plupart dans leur circonscription électorale.

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Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Jereve

    Il me semble que nous sommes toujours dans la vieille logique de « agira ivyo yishakiye nka Leta ». Les rassemblements pour la fête communale sont, à certains égards, dans la droite ligne de la propagande: donc ça m’arrange, activité encouragée et autorisation d’office. Pour les autres manifestations, les mesures sanitaires rigoureuses s’appliquent sans état d’âme. N’allez pas chercher à appliquer partout le principe d’égalité de traitement.

  2. NDABAZA

    La politique devient comme une parole frappante (avec le recul) appris en catéchisme (j’ai 65 ans) : « …murumva ivyo bavuga ntimurabe ivyo bakora… ». Ainsi va notre chère patrie. C’est comme l’unité nous la chantons régulièment mais où elle est passée en politique ?

  3. Kibinakanwa

    Un ministre qui menace d’une façon voilée que quiconque se fera vacciné le fera à ses risques et périls quant aux conséquences. Le gouvernement ne couvrira pas les risques éventuels.
    Éloquent de par un ministre qui dit en même temps qu’ils continueront à prier.
    Pendant que tous les pays du monde entier prohibent lesrassemblements pour lutter contre le COvid 19.
    Au Burundi on célèbre en toutes pompes une fête qui n’a aucune importance vitale.
    Allez y comprendre

    • Yan

      @Kibinakanwa
      Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, les autorités ont parié avec les oiseaux de mauvaise augure depuis le début de la pandémie. Jusque-là le pari tient bien; ces autorités espèrent que ça dure, moi avec, une fois n’est pas coutume!

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