9 avril 2026. Cela fait dix-sept ans que l’ancien vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversation économiques (OLUCOME) a été assassiné. L’organisation et la société civile en général plaident toujours pour que justice soit rendue. Mais il n’y a plus de traces sur son dossier selon le Président de l’Olucome.
Gabriel Rufyiri a tenu à organiser une conférence de presse en mémoire du disparu. « Ernest de Manirumba a été assassiné sauvagement dans la nuit du 8 au 9 avril 2009 », rappelle-t-il. Et de préciser encore : « Des témoins qui étaient sur le lieu du crime affirment qu’Ernest Manirumva a été tué par des gens en uniformes. Ce sont ces mêmes témoins qui ont annoncé publiquement sa mort ».
A ce jour, l’Olucome regrette que non seulement l’affaire en justice a été clôturée, mais aussi le dossier est actuellement introuvable au niveau de la justice. Gabriel Rufyiri estime cependant que son vice-Président était un homme de grande utilité pour la société burundaise : « Au niveau de la société civile, il faisait des analyses sur la vie du pays, plus particulièrement dans le domaine économique, étant expert économiste connu au niveau national et international ».
Selon encore ses dires, le gouvernement a mis en place deux commissions sur cette affaire, mais qui n’ont pas abouti à grand-chose. « La deuxième commission a produit un rapport qui n’a malheureusement pas été pris en considération en son entièreté. Des enquêtes de la FBI et Interpol ont également été menées, mais le gouvernement n’a pas voulu que certaines pistes soient explorées ».
Il rappelle que l’Olucome, en tant que partie civile mandatée officiellement, a fait appel à la décision qui avait été prise par la Cour d’appel de Bujumbura au niveau de la Cour suprême. « L’affaire a été programmée deux fois en 2014, mais ce qui nous a étonné est qu’elle était appelée en civile alors que le dossier était pénal ».
Le président de l’Olucome explique qu’à une certaine période, il n’y a pas eu le suivi régulier du dossier suite au problème d’insécurité surgi en 2015. « Force a été de constater plus tard que le dossier a disparu. Nous l’avons cherché à la cour suprême en 2022 ; 2023 ; 2024, en vain. Nous avons même écrit plusieurs correspondances pour que l’affaire soit reprogrammée, mais sans succès ». Et d’ajouter que jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas de trace du dossier.
Il n’y a pas qu’Ernest Manirumva qui a été tué au sein de l’Observatoire. Gabriel Rufyiri évoque également le nom de Charlotte Umugwaneza qui a été kidnappée et tuée, mais aussi Arcade Butoyi, point focal à Cankuzo, qui a été kidnappé en 2020 et porté disparu jusqu’à ce jour. « Il n’est pas normal que des êtres humains soient kidnappés et assassinés ou portés disparus, et que les affaires soient classées sans suite comme si rien n’était ».
Le numéro un de l’Olucome soutient que les droits des citoyens doivent être protégés par les instances habilitées. Il renchérit qu’aux côtés de la Constitution et des textes émanant d’elle, le Burundi a aussi ratifié des Conventions internationales dont la déclaration universelle des droits de l’homme, mais également le Pacte international relatif aux droits civiles et politiques. Il demande que la lumière soit faite sur ces affaires.
Pour rappel et selon encore M. Rufyiri, son ancien vice-président représentait l’Olucome en tant que société civile à l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Il y avait en effet une cogestion tripartite des marchés publics : la partie gouvernementale, le secteur privé et la société civile. Ernest Manirumva était le vice-président de l’ARMP, mais aussi le président du sous-comité chargé de la gestion des différends au niveau de la passation et l’exécution de ces marchés. L’Olucome a décidé de se retirer plus tard ayant constaté que « les marchés étaient gérés dans l’opacité ».
Gabriel Rufyiri demande que lumière soit faite et que justice soit rendue pour l’affaire Manirumva, dix-sept ans après son assassinat. A défaut, le président de l’Observatoire compte déposer plainte au niveau des juridictions régionales à la Communauté est africaine dont le Burundi est membre.





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