Samedi 20 juillet 2024

Politique

Les propos de Zeid Ra’ad Al Hussein dérangent

01/03/2018 5

«L’état des droits de l’Homme au Burundi n’autorise pas de le qualifier de pays abattoir. La situation est normale à part des cas de criminalité à mobiles multiples et isolés sous investigation».

Jean de Dieu Mutabazi : « La violence tue et détruit, la paix édifie et développe»

Telle est la déclaration de Jean de Dieu Mutabazi, président de l’Observatoire pour la prévention et l’éradication du génocide, des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité. C’était ce mercredi 28 février lors d’une conférence de presse.

Il intervient à la suite des propos de Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-commissaire au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, qualifiés par Bujumbura d’allégations mensongères. Il a déclaré que le Burundi est un «abattoir d’êtres humains», comme la Syrie, le Yémen et la RDC.
Pour Jean de Dieu Mutabazi, de tels propos sont contreproductifs. Ils sont de nature à perturber la sérénité qui prévaut au pays. «Il s’agit des accusations gratuites».

M. Mutabazi demande au Secrétaire général des Nations unies d’exiger de son commissaire le retrait de ses propos. «L’instruire de revenir sur ses propos et de cesser son acharnement contre le Burundi». Il insiste sur l’importance de cultiver la paix : «La violence tue et détruit, la paix édifie et développe».

Pour Léonce Ngendakumana, vice-président du parti Frodebu, les violations des droits de l’Homme sont une réalité au Burundi. Il dénonce des «assassinats, des disparitions, des emprisonnements, etc». En outre, il évoque la régression de la liberté d’expression : «les Burundais ont peur d’exprimer leurs opinions».

M. Ngendakumana ne s’étonne pas que les autorités balaient du revers de la main les accusations du Haut-commissaire au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. «Même quand la situation empire, l’Etat ne le reconnaît jamais. Il ne peut pas l’accepter alors qu’il en est responsable». Il craint que la situation ne s’aggrave avec le référendum prévu au mois de mai.

Forum des lecteurs d'Iwacu

5 réactions
  1. Gacece

    Ra’s Al Ghul

  2. SENYAMWIZA Jean Claude

    Des milliers d’enlèvements, disparitions forcées et assasinats ciblés depuis avril 2015. On pourrait les citer un à un mais ces gars là nous servent des bobards. Tout ce monde là s’est suicidé qoui? Tous ces milliers de peronnes qui fuient le Burundi le font pour s’amuser aussi. Soyons sérieux. Le jour où la justice se remettra à fonctionner, et j’espère que c’est bientôt, la vérité se saura. J’aimerais bien, ce jour là réecouter les Mutabazi et autres Jacques Bigirimana (by the way on ne l’entend plus) et autres dizaines de portes-paroles du pouvoir témoigner.

  3. Jereve

    Si le Président de l’observatoire de prévention contre les crimes de génocide et crimes graves se borne à nous servir le discours mielleux du gouvernement, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Car prévenir c’est prendre au sérieux tout indice, tout rapport et toute information faisant état d’exécution ou de préparation de crimes graves. Le rapport du Commissaire des Nations-Unies est une matière brute que Mutabazi devrait d’abord étudier avant de tirer rapidement des conclusions. Mutabazi devrait aussi s’intéresser aux discours internes qui promettent d’envoyer directement au ciel toutes les personnes qui oseront franchir « la ligne rouge », comprenez toute opposition aux idées du parti au pouvoir. Mutabazi devrait s’interroger si on peut expédier quelqu’un au ciel sans le faire passer par la case abattoir. Mais ce genre de discours laisse de marbre notre cher Observatoire. C’est plus confortable de s’insurger contre les discours des autres.

    • racso69

      Bonjour

      Je ne comprends pas que vous puissiez cautionner des propos aussi absurdes que ceux de Mr Zeid Ra’ad Al Hussein qui met le Burundi au même niveau que la Syrie et le Yemen où la population croule sous les bombes.

  4. Jean Habonimana

    Que pouvait-on attendre des personnalites recrutes par le regime responsable de crimes contre l’humanite. Dans un pays normal, on confie ces postes graves a des personnalites d’une integrite morale, intellectuelle et humaine hors pair. Des Mgr Desmond Tutu, Mgrs Monsengwo en RDC ou Da Souza au Benin. Jamais a des quidams sans aucune profondeur.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

L’interdiction de Sapor fait débat

Le chef est une figure singulière dans notre société. Son autorité est principalement exercée par la parole – Ijambo. Dans notre tradition, la parole est respectée, et celle du chef, en particulier celle du Chef de l’Etat, est presque sacrée. (…)

Online Users

Total 2 300 users online