Jeudi 20 janvier 2022

Environnement

Le Burundi se dote d’une cartographie multirisque

15/12/2021 4
Le Burundi se dote d’une cartographie multirisque
La chargée de mission de l’OIM remettant la carte multirisque du Burundi au ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique

Dans un atelier sur la restitution des cartographies des risques ce 14 décembre, le gouvernement du Burundi a reçu de l’Organisation internationale des migrations (OIM) une carte multirisque du Burundi par commune. Le directeur général de la Protection civile dit que cet outil sera utile dans la prévention des risques et catastrophes.

Selon Anicet Nibaruta, directeur général de la Protection civile et de la gestion des catastrophes, la cartographie s’est référée sur cinq aléas dont les pluies torrentielles, les inondations, les glissements de terrains, les vents violents et les séismes.

Il fait savoir que les termes de référence n’ont pas tenu compte de la sécheresse lors de l’élaboration de la carte : « Sachant son incidence sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, nous recommandons à l’équipe des experts nationaux de pouvoir intégrer cet aléa tout comme d’autres nouveaux risques ».

En ce qui est de l’utilité de la cartographie multirisque, Anicet Nibaruta indique qu’elle va permettre au gouvernement du Burundi de mieux comprendre les risques et catastrophes pour mieux les gérer.

« Différents acteurs de la vie nationale vont s’y référer pour établir des planifications sectorielles pour le développement socio-économique. Il s’agit essentiellement des secteurs des infrastructures, de l’agriculture, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et des services fonciers », explique Anicet Nibaruta. Et d’ajouter qu’on ne peut plus parler de développement sans tenir compte de la notion des risques.

Le directeur général de la Protection civile rappelle que la cartographie multirisque est un outil d’anticipation et de prise de décision pour mieux se préparer à gérer les risques.

Pour Jérémie Nyogoza, conseiller dans la direction des titres fonciers et du cadastre national, la cartographie multirisque sera aussi bénéfique dans le secteur des titres fonciers : « Elle va nous aider à ajuster nos services avec les données actuelles de même que la planification appropriée par rapport aux plans que nous avons ».
Il explique que le secteur des titres fonciers avait des cartes anciennes et des plans cadastraux qui ne correspondent plus aux réalités actuelles.

Selon lui, la direction cadastrale devra dans l’avenir tenir compte des changements climatiques pour que les personnes en quête des titres de propriété ou des parcelles pour les investissements devront être orientées vers les zones qui ne sont pas à risque.

Sur 113.408 personnes déplacées estimées par l’OIM en septembre 2021, 83% ont été déplacées par des catastrophes naturelles. Selon la même organisation, la cartographie des risques est conçue pour créer une culture de compréhension des risques qui peut conduire à la création des systèmes d’alerte précoce, de plans d’urgence et d’atténuation.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Gacece

    Condenser toutes ces informations dans une seule carte nationale ne suffit pas. Il faudrait y aller territoire par territoire (vallées et collines) dans chaque commune. Plus les cartes territoriales seront détaillées, plus les intervenants seront mieux outillés dans la prise de leurs décisions.

    Le travail abattu est louable, et espérons aussi qu’ils ont pensé aux moindres détails et que les recommandations accorderont une plus grande importance aux risques identifiés. On pourrait aussi ajouter les incendies de brousses et de forêts comme l’autre aspect de risques à considérer dans l’avenir. Qu’ils soient accidentels ou intentionnels, les incendies (et la sécheresse) ont une incidence direct sur les risques identifiés dans le texte ci-dessus.

  2. Jereve

    L’OIM nous a aidé à élaborer cette cartographie. On lui dit bien sûr grand merci. Mais les burundais en premier lieu devaient faire ce travail et ils en sont capables. Savez-vous que n’importe quel habitant sur les collines et dans les cités est capable d’évaluer les zones à risque qui se trouvent dans son entourage? Vous avez sans doute remarqué que les premières alertes à la catastrophe (inondations, glissements de terrain, effondrement des routes et ponts…) sont toujours émises par les villageois. S’ils ne peuvent pas élaborer des cartes géodésiques, ils sont par expérience parfaitement compétents pour désigner les lieux sur lesquels if faut garder un œil vigilant.

  3. Mpagaritse

    Les services en charge de l’urbanisme doivent se saisir de ces données et travailler en étroite collaboration avec ceux du développement rural pour élaborer les schémas directeurs urbains de chaque centre ; chaque schéma devant être accompagné par un plan local d’urbanisme. Et surtout se fixer un délai raisonnable pour ce travail au vu des urgences actuelles de développement urbain.

  4. Nkamicaniye

    Maintenant il faut réunir tous les intervenants en matière d’établissements humains pour les sensibiliser et qu’ils s’approprient les recommandations. Il y a du boulot !

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