Société

«La féminité n’est pas incompatible avec les sciences»

12/02/2020 Alphonse Yikeze Commentaires fermés sur «La féminité n’est pas incompatible avec les sciences»
«La féminité n’est pas incompatible avec les sciences»
Ancilla Nininahazwe : «Souvent, les filles se disent qu’elles sont moins loties en termes de potentiel dans les domaines des sciences ! »

La visite dans certaines facultés des sciences et techniques à Bujumbura révèle un nombre limité de membres de la gent féminine optant pour ce type de domaine d’études. Entretiens avec une étudiante de l’IPA (Institut de pédagogie appliqué) et la vice-doyenne de l’établissement.

Nous sommes aux alentours de midi à l’IPA. De nombreux étudiants et étudiantes se promènent dans les allées de l’établissement au moment où d’autres sont assis en petits groupes en train de causer. L.P sort d’un cours en classe. Elle est en troisième année de la faculté de Biochimie.

Elle estime que le temps où les filles pouvaient être cantonnées dans certains secteurs de formation au détriment d’autres, est largement révolu. « Nous sommes autant capables de réussir dans les domaines des sciences autant que les garçons. Pour preuve, depuis notre première année, il n’y en a qu’une parmi nous qui a redoublé en cours de parcours. »

L.P se veut toutefois réaliste. « Les femmes restent encore peu nombreuses à fréquenter les facultés des sciences et techniques. » Cette étudiante témoigne que des structures telles l’Institut Supérieur de Commerce (ISCO) demeurent assez prisées par le beau sexe que celles qui enseignent les sciences et les techniques.

Elle conclut son propos en appelant ses petites sœurs en voie d’entrer à l’université à ne pas céder à certaines injonctions sexistes relativement à leurs préférences académiques. « Avant d’obtenir la faculté de Biochimie, j’avais été orientée dans la faculté de polytechnique. Quand ma famille l’a appris, elle m’a clairement fait comprendre que les ’’filles ne sont pas faites pour ce genre de filières’’ ! Bien sûr, ai-je obtenu après de faire la Biochimie mais j’en connais des femmes qui ont démarré leur cursus dans la polytechnique et en sont sorties diplômées ! » Pour elle, il appartient aux filles de se dire que les domaines dont elles s’autoexcluent, sont peut-être ceux « où la chance peut leur sourire dans la vie ».

Ancilla Nininahazwe est sûrement de celles à qui « la chance a souri dans la vie » dans le domaine scientifique qu’elles se sont choisies. Docteure en physique, elle enseigne à l’université depuis vingt-trois ans.

Depuis deux ans, elle est vice-doyenne de l’IPA où elle dispense des cours dans la faculté de Physique-Technologie. « Dans les classes où j’enseigne, la gent féminine n’a jamais été représentée au-delà de quatre individus. Souvent, c’est soit une ou deux filles dans la faculté de Physique-Technologie et c’est une situation que j’observe depuis mes débuts ici».

Elle avance que d’autres secteurs scientifiques de l’IPA souffrent du même manque de femmes et filles. « Dans les départements des Mathématiques, la Biochimie, … c’est le même état des lieux. Les filles ne sont au maximum que dix sur un effectif de cent garçons dans des salles de classe ! »

Selon cette femme de sciences, la cause majeure de ce déficit des femmes et filles dans le domaine des sciences au Burundi réside dans l’auto-discrimination. « Souvent, les filles se disent qu’elles sont moins loties en termes de potentiel dans les domaines des sciences ! »

Et de demander à ce qu’il y ait des politiques d’envergure qui encouragent les femmes et filles à embrasser les domaines des sciences autant que les hommes. A l’Etat, Mme Nininahazwe demande à ce que la mesure qui favorise l’obtention de logements dans les campus pour les filles désireuses d’effectuer un parcours dans les domaines scientifiques et techniques, soit renforcée.

A la fin, elle adresse un message simple à la société burundaise : « La féminité n’est pas incompatible avec les sciences ».

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