Opinions

La complicité tripartite derrière l’État failli

07/11/2014 La Rédaction 11

Par Selim Mawad – Analyste

Loin des études académiques, et par pure syllogisme scientifique, précisément en suivant la formule de transitivité, ce passage tente d’examiner une des raisons derrière les États faillis : la redevabilité !

Document9Cet article n’a pas l’intention de généraliser ni de qualifier tous les concernés de lâches, médiocres ou hypocrites. Mais il existe, parmi cette catégorie, de nombreux acteurs qui n’osent pas s’exprimer sur un tel échec.

Les pays considérés comme ‘pays en cours de développement’ ou ‘pays sous développés – Global South’ et qui souffrent de régimes autoritaires corrompus bénéficient de l’aide internationale, sous couvert de la réforme institutionnelle et du changement sociétal… Seulement pour réaliser, après des décennies, qu’il y a ni institutions fonctionnelles, ni sociétés réceptives à un tel changement.

A qui faut-il faire des reproches ? X, Y ou Z ?

Suivons les formules mathématiques et démasquons les inconnues de la formule de transitivité en supposant que ‘X’ est l’élite politique nationale gouvernante, ‘Y’ le bailleur de fonds international et ‘Z’ le citoyen ou plutôt le ‘bénéficiaire’.

L’élite politique est sans doute connue, surtout par son bailleur, pour sa corruption et mauvaise pratique étatique, et est souvent critiquée par le citoyen qui lui reproche sa propre misère.

Cette élite est peu et dans les faits, souvent pas redevable devant son bailleur, ni devant le citoyen qui l’a choisi par le biais d’un suffrage universel dont les conditions demeurent questionnables.

Le bailleur à son tour semble s’intéresser à son agenda géopolitique plutôt qu’à cette initiative de réforme, don de la ‘coopération internationale’ en soutien au peuple lésé. Pire encore, et avant de se présenter devant son Parlement afin de justifier les sommes énormes dépensées pour une réforme dont l’impact s’avère limité, le bailleur demande à ses partenaires sur le terrain de préparer leurs rapports. Ces derniers révèlent le nombre de bénéficiaires et les actions menées d’une façon cosmétique, afin de lui permettre de préserver sa présence dans une zone d’intervention parmi d’autres.

Le bénéficiaire, à son tour, profite partiellement de l’aide offerte par le bailleur, à travers son élite au pouvoir – après que cette dernière ait encaissé sa commission et multiplié sa richesse pour renforcer son maintien au pouvoir. Le bénéficiaire touche ses frais de déplacement pour suivre une sensibilisation sur l’état de droit, concept cher au bailleur. Il finira devant les urnes pour recycler une nouvelle fois la légitimité de son élite politique.

Le bailleur, au cours de ses missions d’évaluation, n’ose pas interroger le citoyen maltraité sur son choix électoral. Le suffrage universel est confidentiel, et le sujet délicat ! Et au nom de la sensibilité socio-culturelle, il n’ose pas lui demander s’il a assimilé les concepts de droits ou encore d’Etat, ou si cela le dépasse tout simplement.

Hélas, la science est incontestable, x=y et y=z donc x=z !

 

Forum des lecteurs d'Iwacu

11 réactions
  1. Manamba Esdras

    Rupande n’a pas compris que l’article n’est pas d’Iwacu.
    Seulement Iwacu a fit l’erreur de s’en attribuer. Alors que un petit commentaire d’Iwacu d’ailleurs necessaire lui aurait permis de le faire.
    Les pays du Sud n’ont pas ete independants et celui qui tente de le faire est diabolise comme un malpropre ou tout court elimine. Cf. Mugabe, Bagbo, Sankara etc en utilisant les nationaux au nom de la democratie ou du soulevement dit populaire.
    En peu de mots tant que les pays du Sud n’auront pas retabli sa propre democratie digne de son nom a travers une organisation qui permet a chaque citoyen de vivre dignement de sa dignite et liberte a travesr un societe civile forte et “civilisee” qui un peu de mots recupere le pouvoir et participe activement dans l’elaboration et la mise en oeuvre de son propre developpement. Une fois ce principe acquis il reste a negocier les conditions de cooperation avec le reste du monde.
    Faute de quoi on restera eternellement a la traine de la mafia internationale.

  2. C’est M Mawad a raison. Ce n’est pas un article de la rédaction. Oui, nous avons des contraintes de l’espace pour la version imprimée.
    Merci pour la compréhension
    Antoine Kaburahr, Directeur des Publications

  3. Selim Mawad

    Chers lecteurs et Chères lectrices

    Quelques points de clarifications :

    1- L’article ne doit pas être attribué à la Rédaction d’IWACU. Le journal c’est trompé en le publiant sous la rubrique « Rédaction ». L’article reflète mes propres idées et analyse que j’assume personnellement et indépendamment d’IWACU.
    2- ‘L’article n’est pas allé jusqu’au bout’ est un constat vrai mais malheureusement on est limité à 500 mots par la rédaction d’IWACU.
    3- Reprocher toute la misère des pays du Sud à ‘Y’ (le bailleur de fonds) et demander son expulsion est une proposition qui reflète un sens de victimisation et l’impuissance de ‘Z’ (le citoyen) de rendre ‘X et Y’ redevables pour leurs pratiques. Le Burundi n’a t-il pas réussit à avoir son Independence en gardant de bonnes relations avec la Belgique, un de ses grands bailleurs de fond ? Ou c’est plutôt une mascarade ?
    4- Souvent on déresponsabilise le citoyen de ses devoirs de veiller sur la gouvernance de son pays, de renouveler son élite politique et on le considère comme quelqu’un qui n’a pas de choix. Mais ce constat s’avère différent avec les balais burkinabés et l’occupation des places publiques dans quelques pays du monde arabe par le citoyen lambda. (sans rentrer dans les détails sur le succès de ses mouvements de changement – pour plus de détails https://www.iwacu-burundi.org/opinion-un-printemps-arabe-ou-un-bourbier-syrien-pour-le-burundi/)

    Pour simplifier et rectifier (suivant le conseil de Kelemesiya) par le biais d’un paralogisme :
    Le bailleur ne rend pas les gouvernements du Sud redevables que quand ses intérêts sont menacés
    L’Elite gouvernante est en sommeil perpétuel quand à l’intérêt et besoin du citoyen
    Et souvent et dans certains pays, le citoyen attend Godo pour balayer les rues.

  4. Atm

    Rupande, ta démonstration est aussi fausse, et d’ailleurs trop fausse. Tout simplement Y≠Z, Y≠X et X≠Z, peut-être la seule relation qui est vraie est : Z<X<Y et dans certains cas Z<X et X=Y si l’élite gouvernante parvient a s'imposer. Sinon, le citoyen lambda n'en tire qu'une infime partie. Par exemple, il y en a qui se sont extrêmement enrichis au dépens du citoyen lambda qui ne cesse de s'enfoncer dans la pauvreté sans nom. Y impose sa loi sur X, et X de sa part se dit: "Pourvu que je reçoive ma part, je me préoccuperai de Z quand j'aurai satisfait tous mes besoins, notamment, construire des villas, boire du henkein, envoyer tous mes enfants jusqu'au dernier (peut-être le 7e) étudier a l’étranger,….". C'est quand?

  5. Junior Ndkgy

    Kelemesiya, qu’importe l’exactitude de votre commentaire que je ne saurais vérifier, les notions me paraissant d’un autre niveau, je dois pense que vous devez être une femme bien instruite et je respecte beaucoup cela.

  6. Rupande

    Cher la rédaction IWACU,
    Quand vous appliquez les lois et les théories mathématiques dans vos analyses et articles, il faut faire attention; car les Mathématiques ne sont des haricots que vous mangez sans réfléchir.
    Même si dans les Mathématiques certains choses comme les axiomes sont des règles absolues, d’autres comme les relations(transitivité. Equivalence…) et les équations ne sont pas absolues parce qu’elles fonctionnent avec des constantes, variables et paramètres.

    Dans votre exemple, cette loi de la transitivité « X=Y et Y=Z donc X=Z » est parfaitement correcte du moment que vous restez dans l’Ensemble Mathématique ou Domaine de définition Mathématique.
    Mais quand vous applique cette loi dans la politique, donc en dehors des Mathématiques, ça ne fonctionne plus et votre exemple le démontre parfaitement.
    Vous avec dit que ‘X’ est l’élite politique nationale gouvernante, ‘Y’ le bailleur de fonds international et ‘Z’ le citoyen ou plutôt le ‘bénéficiaire’. Et d’après vous, l’élite politique nationale gouvernante, le bailleur de fonds international et le citoyen ou ‘bénéficiaire’ sont égaux. Ça veut dire que selon IWACU les trois ont une relation qui est profitable pour les trois ou symbiose.

    Cher IWACU, il faut bien éclairer les BARUNDI : «La relation entre l’élite politique nationale gouvernante, le bailleur de fonds international et le citoyen ou ‘bénéficiaire’ n’est pas une symbiose mais une relation d’exploitation, ça veut dire une relation entre individus qui est profitable ou avantageux pour une seule composante au détriment des autres.»

    Pour voir qui exploite l’autre ou qui est exploité, il faut décortiquer les X, Y et Z. Les fameux bailleurs de fonds(Y) sont les gens qui viennent avec de l’argent et les armes pour imposer à l’élite politique nationale gouvernante (X) et le citoyen (Z )ce qu’il veut. Si X, le représentant de Z ou l’élite refuse de le faire , le Coup d’ Etat s’en suit, et la guerre et la misère s’installent chez les X et Z alors que Y prends l’avions et retourne dans son pays pour télécommander et attiser cette misère et guerre. Dans l’entre temps, Y le bailleur profite de cette guerre pour piller les ressources de X et Z.
    Si X, le représentant de Z se montre docile et accepte tout ce que Y le bailleur veule, OK, X et Z peuvent échapper de justesse à la guerre, mais ils ne peuvent pas échapper à la misère et l’humiliation parce que l’exploitation de Z et X(l’élite gouvernant et son citoyen) par Z le bailleur ne consiste qu’ à les maintenir dans la misère et l’humiliation.

    Concrètement, X et Z sont égaux(X=Z) parce qu’ils subissent ensemble l’exploitation et l’humiliation par Y. Ne pense pas que l’Elite X exploite son peuple Z, mais c’est Z le bailleur qui l’oblige d’exploiter son peuple Z au profit de Y. X et Z sont tous les deux victimes de Y ( Y≠Z, Y≠X )
    L’élite politique nationale gouvernante, le bailleur de fonds international et le citoyen ou ‘bénéficiaire respectivement X, Y et Z ne peuvent donc pas être égaux en même temps ; parce que la relation qui les lie permet à Y de maintenir sa domination sur X et Z. Cette loi de la transitivité « x=y et y=z donc x=z » n’est pas donc application dans la politique et les relation internationales.

    En définitive, Y≠Z, Y≠X et X=Z,
    c.q.f.d.

  7. BCBG

    La solution est que Z devienne X, et dans ce cas, c’est le chaos, et l’armée (qui est dans le X) s’en mele et on parle de martyrs, et au bout du compte, quand cela dure trop, Y disparait vers les Y plus calmes. Le meilleur modèle c’est d’éliminer Y, donc le X n’aura rien à voler, et aura en face de lui un Z plus fort.

  8. kelemesiya

    Pur syllogisme.(masculin)

    La science est contestable(notions de paradigme selon Thomas Khun, falsifiabilite selon Karl Popper)
    Lache(a coup sur), mediocre(selon le cas) , hypocrite(la plupart de fois)
    X Y Z sont identifies, mais comment justifies-vous =(l’egalite??). Est-elle celle differencielle ou bien absolue(le flou regne a ce point).
    Vous avez parle de syllogisme. Ou sont les premises mineurs, majeurs, les attributs.
    Pourquoi pas “la complicite bipartite”(car parmi les acteurs il me semble qu’il y a “un(des)idiot(s) utile(s)) pour faillir l’Etat ou nation.
    J’aurais aime que ce soit par pur paralogisme.
    MERCI.

  9. kelemesiya

    Pur syllogisme.(masculin)

    La science est contestable(notions de paradigme selon Thomas Khun, falsifiabilite selon Karl Popper)
    Lache(a coup sur), mediocre(selon le cas) , hypocrite(la plupart de fois)
    X Y Z sont identifies, mais comment justifies-vous =(l’egalite??). Est-elle celle differencielle ou bien absolue(le flou regne a ce point).
    Vous avez parle de syllogisme. Ou sont les premises mineurs, majeurs, les attributs.
    Pourquoi pas “la complicite bipartite”(car parmi les acteurs il me semble qu’il y a “un(des)idiot(s) utile(s)) pour faillir l’Etat ou nation

  10. nkuba

    J’ai le sentiment que l’article n’est pas alle jusqu’au bout. Il faut developper Mr.

  11. di

    je crois que votre point de vue est incorrrcte pour le cas des pays sous sous devellope comme le burundi et consor.je crois qu’il devient X l’elite politique national,Y le bailleur de fond international,Z=0.voyez le cas du burkina faso ou le veritable probleme n’etait pas que campaore reste ou part mais la pauvrete qui sevit dans le pays.et voila il a ete remplace par son chef d’etat major,ancien commadant dela garde presidentiel.et cela avec la benediction du pays qui a soutenue et evacue campaore,la france…

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