Société

Kirundo : un viol qui laisse Ntega sans voix

12/07/2019 Edouard Nkurunziza Commentaires fermés sur Kirundo : un viol qui laisse Ntega sans voix
Kirundo : un viol qui laisse Ntega sans voix
La mère de la victime du viol demande que tout soit fait pour arrêter le bourreau.

Une adolescente a été violée, dans la soirée du lundi 1er juillet, sur la colline Monge de la commune Ntega en province Kirundo. Pourtant entre les mains des représentants locaux, l’auteur s’est évadé. Ce qui a fâché la famille de la victime et ses voisins.

Elle, une jeune fille de 13 ans, deuxième de sa fratrie. Elle a fait la 1ere année du primaire avant d’abandonner ses études… Lui, un jeune homme, la trentaine, marié et père d’un enfant. Il s’appelle Jean Pierre Ndayisenga alias Boss, lauréat de l’école secondaire, détenteur d’un diplôme d’instituteur. Un alcoolique, selon les témoignages, actuellement au chômage…

Ils habitent à Kiramata, une sous colline de la colline Monge, en commune Ntega. Ils avaient eu un bon voisinage, jusqu’au 1er juillet. Le jour où tout a basculé. Jean Pierre Ndayisenga l’a violée vers 21h…

Neuf jours après, Kiramata a de la peine à se remettre de ce viol…

La colère

Kiramata, mardi 10 juillet. Devant son domicile, Christine Citegetse, la mère de la victime, est assise par terre, mélancolique. Autour d’elle, trois femmes de la localité, venues pour la consoler. Sur place aussi, Christian, son beau-frère.

Avec l’objet de notre visite, des larmes s’invitent brusquement au creux des yeux de Mme Citegetse. Elle se souvient d’une situation très atroce.  Dans son récit, quelques paroles sont presque inaudibles, la colère l’étrangle…

E.A., sa fille, n’avait pas l’habitude de rentrer la nuit. Mais ce lundi, 21h a sonné. La famille s’est  mise à sa recherche. «Nous sommes allés la chercher partout, moi, mon mari et des voisins». En vain. Vers 22h, Euphrasie, une voisine, lui apporte un message tétanisant : « Votre fille vient d’être violée.» A l’évocation  de ce terrible souvenir, Citegetse se cache le visage pour laisser couler quelques sanglots…

De peur de rentrer chez ses parents, E.A. s’était confiée à la voisine. «Nous l’avons trouvée dans un état extrêmement  tragique», se rappelle l’un des visiteurs. «Elle ne pouvait plus tenir debout, elle chancelait. Elle saignait dangereusement».

D’après ces visiteurs, une enquête faite dans la foulée a révélé  que le viol s’est commis dans un buisson, non loin de chez la victime. L’auteur a rendu ivre la fillette, dans un bistrot au centre de Kiramata, avant de l’agresser sexuellement au moment de la rentrée…

Evasion du bourreau : complicité politique ?

Au bout de l’enquête, soulignent les témoignages, Gérard Nsabimana,  le chef de la colline Monge,  accompagné par un certain Dieudonné, président des Imbonerakure sur cette colline, a arrêté le bourreau. Les deux l’ont embarqué ensuite, manu-militari, à la brigade du chef-lieu de commune Ntega.

Dans le même temps, les parents et voisins de la victime ont dépêché celle-ci au centre de santé de Ntega pour les premiers soins. «Le chef de colline nous a par la suite signifiés que l’auteur du viol s’est évadé». Une évasion qui  a semé des inquiétudes. Des habitants de Monge soupçonnent que Jean Pierre Ndayisenga aurait été facilité dans sa fuite. Pour diverses raisons…

Des informations concordantes recueillies auprès des habitants de Kiramata, ont révélé à Iwacu que Jean Pierre Ndayisenga est un cousin du chef de la colline Monge. Politiquement, il est un membre de la ligue des jeunes du parti au pouvoir. L’évasion aurait été facilitée, estiment-ils, à cause de ces liens avec ceux qui l’avaient arrêté. «En l’emmenant à la brigade, il était comme libre… Son évasion avait été sûrement préparée».

Interrogée sur un lien quelconque entre le viol et l’appartenance politique du bourreau et des parents de la victime, Christine Citegetse soutient qu’elle ne peut établir de lien. Ndayisenga n’est qu’un criminel, affirme-t-elle, il n’y a rien de politique. «En tous cas, de notre côté, nous ne sommes pas politiquement alignés».

La victime est actuellement sous les soins médicaux. Elle s’est déplacée chez sa grand-mère, non loin de l’Hôpital de Kirundo. Sa famille soutient avoir porté plainte et demande que le bourreau soit arrêté. «Il faut que justice soit rendue. C’est pour cette raison que j’ai payé 10 mille pour consultation chez le médecin».

Le chef de la colline Monge a été contacté, sans succès.  Quant à Philippe Ngabonziza, l’administrateur de la commune Ntega, il affirme être au courant de ce viol. «Des enquêtes sont en cours», souligne-t-il, déplorant l’inattention du chef de colline. «Je l’avais instruit de veiller sur le bourreau pour qu’il ne s’évade pas».

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