#JeSuisIWACU

Vous êtes plus libres que ceux qui vous ont jetés en prison

JOUR 42.

02/12/2019 La Rédaction Commentaires fermés sur JOUR 42. Vous êtes plus libres que ceux qui vous ont jetés en prison
#JeSuisIWACU

Par Hilaire Urinkuru*

Chers Térence, Christine, Agnès et Egide

Aujourd’hui le 2 décembre 2019, j’ai décidé de vous écrire pour vous rappeler deux choses en très peu des mots.

D’abord, que des milliers de vos lecteurs qui ne vous ont jamais rencontrés ou qui ne vous ont jamais parlé, comme moi, vivent, endurent et boivent avec vous cette coupe amère. Ceux qui ne le savent pas, peuvent en douter, mais ils n’ont qu’à se rappeler que nous sommes tous « connectés », vous et nous, eux aussi, d’une façon ou d’une autre. Je sais, cependant qu’ils n’ont pas la moindre idée de cette connexion mondiale. L’important est qu’ils sachent que nous sommes connectés. Comme disait un chef indien d’Amérique, c’est en fait, pareil à une toile d’araignée. Lorsqu’ils vous arrêtés et jetés en prison, nous l’avons senti et continuons à ressentir cette douleur, cet isolement. N’oubliez jamais cela !

Ensuite chers frères et sœurs, chers collègues, Soyez forts, courageux et braves parce que vous êtes libres. Ne l’oubliez pas aussi. VOUS ETES LIBRES PLUS QUE CEUX QUI VOUS JETES EN PRISONS.

Vous êtes libres ! Libres de penser, libres de vous exprimer, libres de rêver. C’est cela être libre et c’est cela le plus important.

Aucun magistrat ; juge ou procureur, ne pourra jamais vous priver de cette liberté. Et, celui qui vous privera de votre liberté, la grande liberté, sera doublement jugé ; par des hommes et par Dieu.

Chers frères et sœurs, chers collègues, Que les quatre murs ne vous trompent point car ils n’ont pas enlevé votre liberté. Si pendant la nuit l’un de ces murs chuchotait dans vos oreilles et vous disait que vous n’étiez pas libres, répliquez immédiatement avec une voix douce accompagnée de vos jolies sourires et dites-lui qu’il est un simple mur et que la nature vous tient compagnie comme elle tient compagnie de milliers d’autres humains qui sont libres comme vous.

Enfin, chers frères et sœurs, chers collègues, C’est le mois de décembre, le mois pendant lequel les amis et familles se réunissent pour les festivités. Nous serons avec vous, connectés à notre manière en attendant que l’enfant Jésus naisse dans nos cœurs et nous donne tous la force pour endurer cette coupe amère et la terminer le plus vite possible. Mais, que sa volonté soit faite !

*Hilaire Urinkuru est un journaliste vivant aux Etats-Unis. Il est aussi formé en droit et en criminologie, option police judiciaire.

Le mardi 22 octobre, vers midi, une équipe du journal Iwacu dépêchée pour couvrir des affrontements dans la région de Bubanza est arrêtée. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza voient leur matériel et leurs téléphones portables saisis. Ils passeront une première nuit au cachot, jusqu'au samedi 26 octobre. Jusqu'alors, aucune charge n'était retenue contre eux. Mais le couperet est tombé : "complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat". Depuis l'arrestation de notre équipe, plusieurs organisations internationales ont réclamé leur libération. Ces quatre journalistes et leur chauffeur n'ont rien fait de plus que remplir leur mission d'informer. Des lecteurs et amis d'Iwacu ont lancé une pétition, réclamant également leur libération. Suite à une décision de la Cour d'appel de Bubanza, notre chauffeur Adolphe a retrouvé sa liberté. Ces événements nous rappellent une autre période sombre d'Iwacu, celle de la disparition de Jean Bigirimana, dont vous pouvez suivre ici le déroulement du dossier, qui a, lui aussi, profondément affecté notre rédaction.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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