Mercredi 30 novembre 2022

Économie

Carburant : Olucome et Parcem appellent à la transparence

25/08/2022 9
Carburant : Olucome et Parcem appellent à la transparence
Gabriel Rufyiri : « Il faut utiliser tous les circuits possibles pour alimenter le pays en devises »

Au moment où le ministère de l’Energie confirme l’importation d’environ 25 millions de litres du carburant, l’Olucome propose le rapatriement des devises et la bonne gestion comme solutions durables à la pénurie de ce produit. Pour Parcem, le gouvernement ne devrait pas monopoliser le commerce du carburant.

« Le carburant dont on a besoin est en cours de route. Environ 25 millions de litres du carburant sont en train d’être importés. C’est un coup de pouce du gouvernement comme quantité additionnelle pour mettre fin à cette situation de crise. On espère que d’ici jeudi ou vendredi, le carburant sera disponible sur différentes stations-service dans le pays », a indiqué Léonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère de l’hydraulique, de l’Energie et des Mines, ce 23 août. Selon lui, des sociétés privées vont continuer à importer pour qu’on ne retombe plus dans la crise de pénurie de carburant.

Le président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), Gabriel Rufyiri, salue l’initiative du gouvernement d’importer le carburant pour « atténuer la crise pétrolière » dans le pays. Néanmoins, il met en question la gestion de ces 25 millions de litres du carburant : « Certaines sociétés publiques ont des problèmes de gestion internes. Si elles ont du mal à gérer leurs missions quotidiennes, pourront-elles gérer ce carburant ? ».
En outre, il dénonce des « magouilles » dans le secteur pétrolier au Burundi : « Comment se fait-il qu’on trouve du carburant sur le marché parallèle alors qu’il n’y en a pas sur les stations-service ? ». Et de déplorer aussi que des devises destinées à l’importation des produits comme le carburant alimentent plutôt le marché noir. Il appelle à la mise en place d’un mode de gestion rationnelle et transparente du secteur pétrolier au Burundi pour éviter des spéculations.

Selon l’Association Paroles et actions pour le réveil des consciences et le changement des mentalités (PARCEM), l’intervention du gouvernement dans l’importation du carburant ne devrait pas durer longtemps : « Le gouvernement éviterait de sombrer dans l’erreur de monopoliser le commerce de ce produit aussi stratégique ou de vouloir le pratiquer pendant longtemps ».

Parcem rappelle que le Burundi a besoin, annuellement, de 300 millions de dollars américains pour s’approvisionner en carburant.

Des solutions à la crise pétrolière au Burundi

En plus de la guerre russo-ukrainienne, l’Olucome soutient que le manque des devises, l’absence d’un stock stratégique, le manque de planification sont les causes majeures de la crise pétrolière au Burundi.

Pour Gabriel Rufyiri, il faut utiliser tous les circuits possibles pour alimenter le pays en devises. Il suggère entre autres le rapatriement des devises et la demande des aides.
Pour s’en sortir du manque des devises, il propose entre autres l’établissement d’un climat d’affaire favorable pour attirer les investisseurs au Burundi « Les investisseurs étrangers amènent des devises dans le pays. Mais il faut que la justice soit indépendante. Aucun investisseur ne viendra au pays s’il a peur de subir de l’injustice ».

Une autre source des devises est, selon lui, les exportations. Ainsi, il recommande qu’il y ait des mécanismes techniques pour vérifier et confirmer que les produits à exporter sont de meilleure qualité.

En outre, il appelle le gouvernement à demander les aides auprès de ses partenaires : « Que le gouvernement soit humble. Dire qu’on s’autosuffise est faux. Il faut faire le tout possible pour obtenir ces aides ». Et de rappeler que le gouvernement doit répondre aux principes de bonne gouvernance comme exigé par les partenaires internationaux.

Pour Parcem, il faut trouver des solutions inhérentes à la capacité d’achat (devises). Elle appelle à la transparence dans l’approvisionnement du carburant et aux investissements dans les infrastructures de stockage.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« Parcem rappelle que le Burundi a besoin, annuellement, de 300 millions de dollars américains pour s’approvisionner en carburant… »
    2. Mon commentaire
    Si les chiffres de l’Observatoire de complexité économique sont justes (soit 127 millions de dollars pour l’importation des produits pétroliers raffinés en 2020) et s’il n’y avait pas de punérie en cette année-là, UNE TELLE AUGMENTATION DE 236% DE CES IMPORTATIONS EN DEUX ANS SEULEMENT SERAIT DIFFICILE A COMPRENDRE.
    « In 2020, Burundi imported $125M in Refined Petroleum, becoming the 151st largest importer of Refined Petroleum in the world. At the same year, Refined Petroleum was the 1st most imported product in Burundi. Burundi imports Refined Petroleum primarily from: Saudi Arabia ($88.8M), United Arab Emirates ($26.3M), Singapore ($3.61M), India ($2.79M), and China ($759k).
    The fastest growing import markets in Refined Petroleum for Burundi between 2019 and 2020 were Singapore ($3.18M), India ($1.8M), and China ($699k)… »
    https://oec.world/en/profile/bilateral-product/refined-petroleum/reporter/bdi

    • Correction:
      Passer de $125 millions à $300 millions est une augmentation de $175 millions, soit une augmentation de 140%.

    • Stan Siyomana

      Correction:
      Passer de $125 millions à $300 millions serait une augmentation de $175 millions, soit une augmentation de 140%.

  2. Bundes

    « Rapatriement des devises et demandes des aides  » gute ?Akimihana Kaza imvura ihise abazungu nabo bifitiye ingorane !! Augmenter les exportations, quels produits ? Vers quels pays? ABarundi turacakubititse

    • Yan

      Tu ne sais pas si bien dire; Rufyiri yaramaze imyaka mikeyi i Liège mu Bubirigi, aratubwira aide bamutekereye ko wumva ari ugutora nk’aho wasize gusa i Buraya na Amerika.

      • Stan Siyomana

        @Yan
        Ntabwo ibihugu vy’i Buraya canke Amerika vyoshobora kwirengagiza ingorane zimwe zimwe zihanze abanyagihugu bavyo ngo bice biza vyiruka gufasha umunyagihugu w’umurundi afise « Reta yitoreye » yarikwiye kumuzanira iterambere.
        Kandi n’iyo izo mfashanyo zimaze imyaka 60 zitangwa, ZIRATUMA N’IGIHUGU GISUZUGURIKA mu kwerekana ko ataco cishoboje.
        « La main qui reçoit est toujours en dessous de la main qui donne. »
        Proverbe ivoirien
        https://proverbesdictons.com/la-main-qui-donne-est-toujours-au-dessu.html.

  3. Mafero

    Ailleurs, on essaie de contourner la pseudo-question de carburant (tres polluant). Elle n’est plus vraiment preoccupante! On a compris que ces gros camions-citernes, trains…sont de gros polluants.
    La solution est que d’ici quelques annees, toutes les voitures seront EV (Electrical Vehicles). Il ya par exemple des banques qui ont deja annonce qu’elles ne vont plus octroyer des credits auto si vous n’achetez pas une voiture E.V.

    • Giant

      Le pétrole et ses dérivés vivent effectivement leurs dernières heures. Il va falloir investir en énergie solaire et profiter de notre soleil quotidien.
      Et cela dans un horizon de 20 à 30 ans.

      • Stan Siyomana

        @Giant
        Ici je cite: « « On sait tous que les énergies fossiles tendent vers la fin, donc nous avons intérêt à les exploiter maintenant. (…) Nous avons pris des blocs hors des périmètres protégés », assurait Didier Budimbu, le ministre congolais des hydrocarbures, à TV5 Monde…
        Connue pour ses richesses minières, la RDC souhaite diversifier son économie et articule des chiffres astronomiques pour séduire les grandes compagnies pétrolières. Si le pays produit actuellement 23’000 barils de pétrole par jour, il estime les ressources à 22 milliards de barils et à 66 milliards de m3 de gaz dans le lac de Kivu.
        « Plus vous donnez des chiffres importants, plus vous avez l’oreille de l’industrie pétrolière », prévient Francis Perrin, directeur de recherches à l’IRIS, jeudi dans Tout un monde. .. »
        https://www.rts.ch/info/monde/13333062-la-republique-democratique-du-congo-ambitionne-de-devenir-un-geant-des-energies-fossiles.html

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