Vendredi 21 juin 2024

Société

Externalisation des ressources humaines des sociétés : l’employé, faire-valoir pour autant ?

11/04/2022 10
Externalisation des ressources humaines des sociétés : l’employé, faire-valoir pour autant ?
Parmi les principaux clients d’Infinity, la Bancobu.

De plus en plus mises en cause pour exploitation du personnel recruté, les sociétés spécialisées dans la gestion externe des ressources humaines sont traitées de tous les maux. Le partenariat Bancobu -Infinity Group étant l’exemple le plus emblématique. Iwacu a cherché à savoir comment travaillent ces sociétés. Un constat : un jeu de cartes où l’employé n’est qu’un « simple faire-valoir ».

Pratique de management très en vogue actuellement en raison des avantages qu’elle confère aux sociétés qui y font recours, l’externalisation des ressources humaines revient pour une entreprise à confier à un prestataire externe la réalisation de certaines activités initialement effectuées à l’interne.

Au Burundi, une pratique qui prend de l’essor. Et au fil du temps, c’est le cahier de charges de ces entreprises spécialisées dans l’externalisation des ressources humaines qui ne cesse de se diversifier.

Il y a la sélection et le recrutement du personnel. Dorénavant, certaines sociétés font le placement (elles embauchent). Un secteur où l’appât du gain prime sur tout, accusent certains observateurs. Il semblerait que ces certaines sociétés n’hésitent pas trop tirer la couverture sur elles, oubliant qu’elles n’existent que parce qu’il y a cet intermédiaire : « l’employé ».

A.G, est parmi ces « faire-valoir ». Dans sa 3ème année comme caissier à la Bancobu, ce trentenaire évoque un univers sans pitié. « Soit tu prends, soit tu laisses ». Avec le chômage galopant, il indique que peu importe les termes du contrat, souvent on est contraint d’accepter.

Recruté par le biais de la société Infinity Group, dans un premier temps, il fait savoir qu’il a signé un contrat de 3 mois. « Les termes du contrat stipulaient qu’il pouvait être prolongé. Quelques jours avant la fin dudit contrat, Infinity Group m’a informé qu’une prolongation de 6 mois venait de m’être accordée ». Un ouf de soulagement, confesse-t-il parce que dans cet intervalle un de ses collègues avait vu son contrat interrompu sans motif valable.

Son dernier contrant ayant expiré, il y a deux ans, il affirme travailler la peur au ventre. « Certes, je continue à percevoir mon salaire. Mais, officiellement, sans notification de la part de mon employeur me précisant les termes de mon statut actuel, je ne sais pas quand prendra fin mon travail. »

Une situation frustrante d’autant que les employés recrutés à travers ce processus, ne peuvent même pas contracter un simple découvert bancaire. Et sans parler du crédit. De quoi se demander l’avantage de travailler pour une banque.

Survivre, oui ! Mais, à quel prix ?

Même cas de figure pour D.F, une de ces collègues basées à l’intérieur du pays. Après un stage professionnel octroyé par Infinity Group au sein de la Bancobu, la jeune dame est directement embauchée. A la clé, un contrat d’un mois pour remplacer un de ses collègues partis en congé.

Par après, elle sera mutée dans différentes agences. Tout en engrangeant de l’expérience, glisse-t-elle. La jeune femme avait le ferme espoir de dégoter un jour un contrat en bonne et due forme. « Bientôt deux ans à trimer comme une folle, j’estimais que j’avais ma place dans ma boîte. Mais, il a fallu d’une petite revendication sur la réorganisation de l’horaire de travail pour que l’on me suspende », témoigne-t-elle. Un épisode qui l’a traumatisé. Après, elle sera rappelée. Mais depuis cet incident, confie-t-elle, au moindre message électronique qui tombe dans ma boîte mail, je crains une lettre de licenciement.

Pour ces employés, loin d’eux l’idée d’une augmentation salariale ou avancement de grades. Plus que tout, ces personnes déplorent les termes du contrat. Entre autres : licenciement sans préavis ni indemnités. « Imaginez, vous pouvez être renvoyé comme un va-nu-pieds après avoir presté plus de deux ans ». Malgré ces griefs, ils soutiennent qu’Infinity Group s’acquitte de ses responsabilités, notamment en payant les cotisations sociales à l’Inss, les soins de santé, paie leurs impôts sur le revenu (IPR).

Cerise sur le gâteau, d’après certaines sources, depuis peu, la Bancobu en cas d’octroi des primes de bilan ou de gratification, elle les traite comme ces employés. Contactée pour savoir si cette externalisation des ressources humaines n’impacte pas négativement sur le rendement de la Banque, la Bancobu a promis de s’exprimer ultérieurement.

Travailler la peur au ventre avec ce risque d’être licencié à tout moment, ce n’est pas seulement le lot des employés recrutés par Infinity Group. Ils sont des centaines, voire des milliers d’employés embauchés par le biais d’entreprises spécialisées dans l’externalisation des ressources humaines à l’instar de Kazi Intérim , NFT , Rainbow , Intercontact Services, etc. à vivre cette situation. Mais faute de mieux, ils témoignent qu’ils sont contraints de s’accrocher.

« Au moins, on reste avec ce mince espoir des lendemains qui chantent ». Et pour s’attacher les services des entreprises désireuses d’une main- d’œuvre, les employés contactés soutiennent que leurs employeurs rivalisent d’invention. « Tantôt, les responsables vous promettent des crédits, tantôt des avantages dans la couverture des soins », révèle J.B, un chauffeur travaillant à la Brarudi. Mais, dans la plupart des cas, des promesses en l’air. « Rares sont ceux qui joignent les paroles aux actes. Parce que chaque fois, ils considèrent que ce sont d’autres coûts. Une fausse idée, parce que cela contribue à l’épanouissement de l’employé. Partant de son investissement au travail ». Quant aux principaux griefs à l’encontre de leurs employeurs, ce sont entre autres : impossibilité de prendre des congés, des salaires déclarés loin d’être conformes à ceux qui se trouvent sur les fiches de paie, les horaires de travail peu adaptés, absence de contrats, etc.
Des contrats contraires au nouveau Code du travail

A en croire Bienvenue Niyongabo, avocat spécialisé dans le droit travail, un secteur de travail qui ne devrait pas être « une jungle ».
Avec le nouveau Code du travail de 2020, il explique que dorénavant, ce genre de travail intérimaire est bien réglementé. « En son article 58 et suivants, une section intitulée « Du contrat de travail temporaire conclu avec une entreprise de travail temporaire » détaille noir sur blanc comment doivent être les rapports des employés avec l’employeur ». Or, poursuit-t-il, partant de la nature du contrat que ces sociétés spécialisées dans la gestion des ressources octroient à leurs employés, dans la plupart des cas, ce sont des contrats à durée déterminée.

Pour le juriste, une entorse à la loi. « Rien qu’en se basant sur l’article 59 dudit Code , il est stipulé que le travailleur temporaire est le travailleur engagé pour une période de courte durée et pour l’exécution d’un travail qui n’exige pas le recours à une main-d’œuvre permanente ». A cet instant, poursuit l’article : « Le travailleur temporaire signe un contrat à durée déterminée. Le contrat de travail temporaire est conclu par écrit entre l’entrepreneur de travail temporaire et le travailleur mis à la disposition de l’utilisateur. L’entreprise de travail temporaire est réputée employeur. Plus, l’entreprise est investie des droits et est débitrice des obligations attachées à cette qualité ».

Le contraire de la situation de certains des employés ayant des contrats avec ces sociétés. Prenant l’exemple, du caissier, dont le travail est par nature permanent pour les banques. M. Niyongabo comprend mal comment un employé reste régi par un contrat à durée déterminée alors qu’il abat un travail permanent. Il explique : « Les responsables de ces sociétés qu’ils soient bien avisés. Dans le nouveau Code du travail. Lorsqu’un contrat de travail est renouvelé deux fois, il devient automatiquement un contrat à durée indéterminée ». Parmi les conséquences directes de cette insécurité professionnelle, le juriste évoque le manque d’investissement au travail. « Souvent ces employés ne sont pas concentrés. Et si c’est quelqu’un de très mal intentionné, il n’hésite pas à induire ses collègues en erreur ou à commettre un vol ». Bien que la signature du contrat requière préalablement l’adhésion de toutes les parties, l’avocat conseille à ces sociétés de ne pas profiter de «la vulnérabilité » des gens à cause du chômage.


Interview avec Irvine Floréale Murame

« Les commissions, ce sont les entreprises qui les paient, et non les employés »

La patronne d’Infinity Group reste convaincue que certains de leurs employés ont du mal à dissocier certaines choses. « Certes, une personne peut porter l’uniforme de la Bancobu. Mais, elle reste l’employée d’Infinity Group si ce n’est pas la Bancobu qui l’a embauchée ». Eclairage.

Des employés reprochent Infinity Group de les exploiter avec des contrats peu « garantis ». Votre commentaire.

Irvine Floréale Murame, Directeur général de Infinity Group Photo @Droits réservés

Les gens doivent savoir que tout dépend de la politique salariale de l’entreprise pour laquelle nous apportons notre expertise. Infinity Group est flexible. Notre métier est un support qui vient s’adapter en fonction de la politique salariale de l’entreprise. A cet effet, il y a des entreprises qui te diront qu’elles paient la pension complémentaire de leurs employés, leurs frais de transport, qui leurs octroient les avances sur salaires voire des crédits, etc. Notre tâche va consister à adapter les offres de ces entreprises. Après avoir tout déduit toutes les charges, nous faisons le tout possible pour que nos employés travaillent dans les meilleures conditions qui soient (les soins de santé, la sécurité sociale, IPR). Je dois souligner aussi que dans notre responsabilité civile, notre priorité, ce sont les femmes et les jeunes. Par exemple : lorsqu’elle prend son congé maternité, elle a droit à son salaire net d’un mois payé par Infinity Group et non l’entreprise.
Plus que tout, c’est la certitude retrouver son ancien poste d’attache lorsque les trois mois de son congé maternité prennent fin. Les commissions, ce sont les entreprises qui les paient, et non les employés.

Toutefois, je dois souligner qu’il n’y a pas de poste spécifique pour chaque employé avec son nom écrit dessus. Le poste revient à Infinity Group. En cas d’indisponibilité (accident, accouchement, etc.), l’employé peut être libéré. Dès son retour, il peut rejoindre son poste d’attache ou affecté ailleurs en fonction de la disponibilité. C’est cela que certains ne comprennent pas.

Quid de votre expertise technique ?

D’emblée, je vous dirais que 90% de notre personnel a fait à l’université soit les ressources humaines soit la gestion administration. Et pour chaque recrutement, il y a un consultant senior. Certes, c’est Infinity Group qui conduit le processus, mais en fonction des postes à pourvoir : s’il s’agit d’un poste d’exécution, de supervision ou de direction, nous avons une base une de données de consultants suffisamment fournie (professeurs d’universités, consultant seniors tant nationaux qu’internationaux, pratiquement dans tous les domaines). Le consultant que l’on va recruter pour un poste d’exécution n’est pas le même que celui d’un poste de direction. Pour répondre à votre question, oui nous avons cette expertise technique. Certes, elle n’est pas à temps plein mais nous l’achetons dès que le besoin se fait sentir.

Le nouveau Code du travail de 2020 ne permet plus de contrats à durée déterminée pour certains postes de nature permanente…

Tout à fait. A ce niveau, la question de savoir lequel poste est jugé temporaire et celui qui ne l’est pas. Avec la digitalisation des banques, vous pensez que le poste de caissier va durer éternellement ? Certainement, que les caissiers seront redirigés ailleurs.
Partant de l’idée que chacun de mes employés peut partir s’il reçoit une offre alléchante. S’il quitte le navire, c’est Infinity Group qui doit supporter les coûts d’embauche d’un autre employé. Ce que les gens oublient aussi, Infinity Group n’est pas lié éternellement avec toutes les sociétés avec lesquelles il a des contrats. Un jour viendra où le cordon ombilical sera coupé .

Parmi les principaux griefs contre Infinity Group, cette impossibilité de prétendre à une carrière (pas de crédits, ni d’augmentations salariales). Votre commentaire.

Focalisons-nous sur nos employés qui prestent dans des banques. Dans chaque banque, vous savez bel et bien qu’il y a des critères d’éligibilité pour avoir un crédit. Un employé qui vient de faire 3 ans, ne peut pas être traité de la même façon qu’un employé qui vient de passer 10 ans dans la boîte. Ceci dit, qu’ils soient rassurés. Nous comprenons leurs doléances. A ce propos, je vous dirais que la Bancobu a promis que sous peu, nos employés pourront bénéficier des avances sur salaires. Le principe, c’est de cheminer petit à petit, arriver à trouver un terrain d’entente. Par rapport à cela : la grande question concerne les mécanismes de recouvrement en cas de défaillance de paiement d’un crédit. Est-ce Infinity Group qui les provisionnera en cas de défaut de paiement ? C’est cela la grande interrogation.

Eu égard à cette peur d’être à tout moment licencié, pensez-vous que vos employés sont suffisamment investis dans leur travail quotidien ?

Je n’ai aucun doute là-dessus. Par contre, je pense aussi que cette situation les stimule davantage pour chercher de nouvelles opportunités. Tant pis, un mal pour un bien pour eux.

 

Eclairage d’un spécialiste en gestion des ressources humaines

Arsène Mirango : « Un employé sous-payé est un employé frustré qui se sent moins reconnu et moins considéré dans l’entreprise. »

Pour Arsène Mirango, spécialiste dans la gestion des ressources humaines, l’idée selon laquelle, ces sociétés spécialisées dans l’externalisation des ressources humaines grignoteraient une partie du salaire de l’employé intérimaire pour se rémunérer serait de loin malvenue. « Dans pareils cas, elle ressemblerait pour le moins à des pratiques de détournements ».

Mirango estime que le salaire de l’agent intérimaire doit être égal ou supérieur à celui du collaborateur avec un contrat à durée indéterminée (CDI) occupant le même poste au moment de son entrée en fonction.  C’est-à-dire sa première prise de poste. « Supérieur pour quoi? Parce que les entreprises dans la pratique devraient tenir en compte la précarité du contrat de l’agent intérimaire. De la sorte, y allouer une indemnité».

Ainsi, estime l’expert, une même charge de travail, à un même poste, il devrait y avoir une même rémunération. « Un employé sous-payé est un employé frustré qui se sent moins reconnu et moins considéré dans l’entreprise, ce qui l’empêche de s’engager pleinement pour l’atteinte des objectifs organisationnels ».

Dans le contexte de chômage galopant, tel que celui du Burundi, les  employés avec des contrats d’intérimaires s’accrochent parce qu’ils n’ont pas d’autres choix. Ce, jusqu’au jour où ils obtiennent des opportunités d’emplois meilleurs ailleurs. Si l’on se base sur le partenariat Bancobu –Infinity Group, justifie le spécialiste une situation qui n’est pas du tout rentable ni pour la Bancobu ni pour Infinity Group. « Parce que cela augmente le taux de roulement, c’est à dire le nombre de départs pour une période donnée. Ce qui est un indicateur d’une mauvaise gestion des ressources humaines. ». Sachant que la Bancobu effectue des audits internes et externes, une situation qui doit attirer l’attention de ces derniers.

 

Forum des lecteurs d'Iwacu

10 réactions
  1. Stan Siyomana

    Pour celui qui est/se sent « exploité » à son lieu de travail:
    « Tips for asking for a raise

    List your accomplishments from the past six months, the year and your lifetime with the company. …
    Know what a competitive salary looks like for your position. …
    Let your boss know what’s in it for them. In a salary negation, your boss does not care about your mortgage payments or the vacation you want to go …
    Be confident. Be confident when asking for a raise. Yes, it’s intimidating, but you have a support system: the reasons you identified for your request and the research you …
    Provide your request in writing. Chances are, your boss has a boss with whom they will have to share your pay or salary raise request.
    Reference: http://www.businessnewsdaily.com/8101-asking-for-a-raise-tips.html

  2. Phil

    Vous ne devriez pas mettre Intercontact dans le même paragraphe que Infinity ou Kazi Intérim. Leur intégrité date de plus de 40 ans sans scandale. Vous même Iwacu avait collaboré avec Intercontact. Le minimum aurait été de les contacter. Ils ont organisé un Séminaire sur le nouveau Code de travail quand il est sorti. J’y étais.

    • Linda

      En effet je ne comprend pas comment les autres compagnies sont sitées dans ce dossier alors qu’elles n’ont pas été approchées pour donner leur point de vue sur les lois qui régissent leurs entreprises.
      Si une compagnie est nomée dans un dossier, Iwacu ne peut pas se donner le droit de siter toutes les autres compagnies qui oeuvrent dans le même domaine à moins qu’il y ait un autre dossier qui les concerne. Et dans ce cas, ils auraient un droit de réponse tel que ça été fait pour Infinity Group. Merci de réctifier ce point.

  3. Stan Siyomana

    @Misago Jean-Marie
    1. Vous écrivez:« …twosaba ko ubugenduzi BUKURU bw’akazi bwokwiga iki kibazo ca bakozi baba bafise des contrats à court durée kuko bitungisha banyene ama sociétés gusa ugahura umukozi ni exploitation gusa. Merci… »
    2. Mon commentaire
    Umuntu arashobora kwidodomba ko ari exploité et cela peut être subjectif (l’on veut toujours plus). Mugihe atahandi ushobora kuja kuronka akandi kazi (igihugu kiri muri employer market et non employee market) umukoresha wawe pourrait essayer d’en profiter au maximum kandi ashobora kuba afise abize amategeko bamuhanura bati ntiworenza aha kugira ngo ntugirane ingorane n’ubwo bugenduzi bukuru uvuga.
    Voici comment GenesisHR par exemple justifie ses services auprès des employeurs:
    « As a growing business, you will eventually get to a point when you must decide whether to hire an HR rep internally, or to outsource your HR functions. (No small task!) And, if you do decide to outsource, you’ll have to figure out who to trust with this very important part of your business— a partner who is an expert in both the strategic and tactical angles of HR…
    It’s a good investment.
    When comparing outsourcing to hiring your own team member, it’s simply a better financial solution almost every time. You wouldn’t pay someone $100,000 to work on tactical responsibilities when you could hire someone at $50,000 to do the same role. By outsourcing, you gain access to an entire team of people who have both senior/strategic expertise as well as tactical knowledge—all for the same or less cost of hiring just a single person on your own staff… »
    https://genesishrsolutions.com/peo-blog/outsourcing-human-resources-functions/#:~:text=Outsourcing%20Human%20Resources%20Functions%3A%20Pros%20%26%20Cons%20,%20%20%20%202%20more%20rows%20

  4. MISAGO Jean- Marie

    Bon après midi et merci à Iwacu kuriyi Article. Franchement naho chômage ibabaza harakwiye gusubirwamwo ukuntu abo bakozi bafise des contrats temporaires ukuntu bakoreshwa. Nko muri Brarudi, Nyakubahwa Irvine yaratwaye abakozi agikora muri Kazi Intérim, nubu hari abakiriyo ubu atwara infinity group, amategeko yakazi avuga iki? Ko Nyakubahwa Irvine yavuze KO ashira imbere les jeunes et les femmes, ko hari Gaspard yahemba abakozi 270,000BIF ubu Trinitas ubu atanga hafi 450,000BIF. Ubwa mbere vyari vyapfiriye he ? Yanavuze ko umukozi agiye kuvyara et pourtant ivyo tuzi ahubwo ugiye kuvyara tu perds automatiquement le poste uca uba umu remplaçant, none ka gateka kabakenyezi aharanira Kari hehe? Igihugu kirimwo amategeko akazi nabakozi, twosaba ko ubugenduzi BUKURU bw’akazi bwokwiga iki kibazo ca bakozi baba bafise des contrats à court durée kuko bitungisha banyene ama sociétés gusa ugahura umukozi ni exploitation gusa. Merci

    • Yan

      @MISAGO Jean- Marie
      Ce système, s’il n’est pas de l’esclavage (moderne), il y ressemble terriblement. Ubukene ni nyagutsindwa!

    • Stan Siyomana

      @Misago Jean-Marie
      Jewe narabaye Moscou muri Union Soviétique (1971-1977) aho batwigisha ibiraba exploitation de l’homme par l’homme batanga nk’akarolero k’uko les koulaks ou grands propriétaires fonciers babana na paysannerie.
      « Koulak (en russe : кулак, « poing », c’est-à-dire « tenu fermement dans la main ») désignait, de façon péjorative, dans l’Empire russe, un fermier possédant de la terre, du bétail, des outils et faisant travailler des ouvriers agricoles salariés. Avec l’avènement du régime soviétique, le terme est devenu synonyme d’« exploiteur » et d’« ennemi du peuple » et son sens a été élargi à tout paysan possédant une vache ou des volailles2…. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Koulak
      Mu myaka myishi maze muri Amerika umuntu yoza kwitwara avuga ko ari « exploité » mugihe na salaire minimal atanayishikiriza.
      Umushoferi wa bus aba yatonze kukazi à 5 h du matin ntagenda yidodomba kuko ako kazi yarakemeye atawumuhatiyeyo ategerezwa kugakora neza, akakira neza abinjira muri bus kandi abatwengera (avec un sourire).
      Lero ubu mu Burundi (aho twipfuza ko nk’amahinguriro y’abanyamahanga aza iwacu kandi kenshi aba akurikira main d’oeuvre la moins chère possible) bizogorana ko umuntu akora neza akazi yemeye kuja gukora kandi mu mutwe wiwe azi ko ari VICTIME DU SYSTEME QUI EST EN TRAIN D’ETRE EXPLOITE.
      Uburundi hariho amategeko agenga akazi kandi ajejwe gukingira inyungu z’abanyakazi (bagerageje gukurikiza ivyo Organisation Internationale du Travail-OIT isaba).
      Lero ntitwoguma muri mentalité ya Révolution Russe du début du 20 ème Siècle ( ya exploitation de l’homme par l’homme).
      Nk’ubu muri Etat d’Arizona (Sud-ouest des Etats-Unis) le salaire minimum est de 12,80 dollars par heure.
      « In accordance with A.R.S. § 23-363(B), Arizona’s minimum wage will increase from
      $12.15 to $12.80 effective January 1, 2022. The 65 cent increase in minimum wage is
      based on the increase in inflation between August 2020 and August 2021, as published in
      the U.S. Bureau of Labor Statistics’ Consumer Price Index… »
      https://www.azica.gov/sites/default/files/2022%20Minimum%20Wage%20Option%20Notification.pdf

      • Yan

        @Stan Siyomana
        « Lero ntitwoguma muri mentalité ya Révolution Russe du début du 20 ème Siècle ( ya exploitation de l’homme par l’homme). »

        Iyo mvugo yawe ni iy’umukoresha, umukoreshwa we abibona ukundi. Mbega exploitation itangura ryari? Où se trouve le curseur? C’est cela la question à mon sens.

        • Stan Siyomana

          @Yan
          « The answer my friend is blowing in the wind » (chanson de Bob Dylan de 1962) sous forme de la loi burundaise sur le travail.
          Et il faut reconnaitre qu’il y a la loi de l’offre et la demande sur le marché du travail.
          L’employeur devra payer plus s’il veut attirer les meilleurs employés.
          Umuntu aje gusaba akazi, bakamubwira neza conditions azokoramwo n’umushahara azokorera, IVYO VYOSE AVYEMEYE ATAGAHATO, ejo ntiyoza akora yica akazi ngo n’ubundi il est en train d’être exploité.

        • Louis

          Contrairement à l intuition, plus on peut facilement licencier plus on peut facilement embaucher.

          Raba les résultats mûri UK canke USA, hamwe ni buhugu ´´francophone ´´

          Merci Stan

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