Dimanche 18 avril 2021

Économie

Désespoir des propriétaires des kiosques détruits par la mairie

16/03/2021 Commentaires fermés sur Désespoir des propriétaires des kiosques détruits par la mairie
Désespoir des propriétaires des kiosques détruits par la mairie
Quelques kiosques ont été épargnés alors qu’ils ne remplissaient pas les conditions exigées par la mairie.

Plus d’un mois après la destruction des kiosques construits ‘’anarchiquement’’, les victimes ne savent plus à quel saint se vouer. Les pertes économiques ont été énormes. Les victimes éprouvent de grosses  difficultés de relancer leur business.

« Que voulez-vous que je vous dise ? Je n’ai plus rien. Mon kiosque a été détruit et mon commerce s’est arrêté », se lamente K.O, un ancien propriétaire d’un kiosque, sur une des avenues de Buyenzi. Croisé à la 1ère avenue de la même zone, il raconte que c’est ce commerce qui faisait vivre sa famille. « J’ai une femme et trois enfants. Et je dois aussi payer le loyer. »

Avant cette destruction, l’ancien commerçant indique qu’il lui était facile d’avoir des rentrées mensuelles  de 500 mille BIF. Ce qui lui permettait de nourrir sa famille, de scolariser son aîné. Aujourd’hui, cette famille survit grâce au petit commerce de son épouse : « Dieu merci. Je lui avais déjà donné un petit capital pour fabriquer des beignets et vendre la farine du manioc. » Sidéré, K.O affirme d’ailleurs qu’il payait aussi la taxe municipale.

Dans la même zone, le kiosque d’Issa a été aussi détruit. « Il m’avait coûté 200 mille BIF pour sa construction autorisée par la mairie. Et voilà, tout a été démoli. » Il faisait le commerce des pièces de rechange pour les motos, les vélos, etc. Plus d’un mois après, il cherche encore où redémarrer son commerce.

A Bwiza ou Jabe, des lamentations aussi. L.K, avait un kiosque sur l’une des avenues de Bwiza. Il vendait certains articles tels des savons, de l’eau en bouteille , des bougies, certaines liqueurs …Par mois, il gagnait au moins 300 mille BIF d’intérêt : « C’est avec cet argent que je faisais vivre ma famille. J’avais espoir qu’on va encore une fois nous permettre de réinstaller nos kiosques, en vain. Je suis désespéré » La quarantaine, il songe déjà regagner la campagne pour se consacrer aux activités champêtres.

Deux poids, deux mesures

Nos deux sources affirment que des injustices notoires ont caractérisé cette opération. « Certains kiosques ont été épargnés ». Ils rappellent qu’au lancement de cette opération, des autorités municipales disaient que tous les kiosques seront concernés. Plus d’un mois après, un ancien tenancier d’un kiosque, à la 10ème avenue de Bwiza, cite le cas de la 4ème avenue: « Allez voir non loin du bar Escotise, beaucoup des kiosques sont construits sur les caniveaux. Mais, ils ont été épargnés ». Tout près du marché de Jabe, les kiosques qui bordent la 10ème avenue ont été tous fermés. Néanmoins, d’autres stands restent opérationnels à l’Ouest de ce marché alors qu’ils ne remplissent pas les normes. « C’est vraiment injuste. S’il faut fermer ou détruire, il faut le faire que ça soit sans distinction », plaide-t-il. Il supplie les autorités municipales de à revoir cette décision : « Beaucoup de familles vivaient de ces petits kiosques. »

Contacté, il y a quelques jours, Rénovat Sindayihebura, administrateur de Mukaza a rassuré que tous les kiosques construits au-dessus des caniveaux seront démolis sans exception.

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