Vendredi 06 août 2021

Économie

Coamotabu, gestion opaque des cotisations ?

24/11/2020 Commentaires fermés sur Coamotabu, gestion opaque des cotisations ?
Coamotabu,  gestion opaque des cotisations	?
Pour un conducteur de taxi-moto, en cas de non-paiement de cette cotisation forcée, ils confisquent leurs motos.

Les membres du collectif Coamotabu déplorent la mauvaise gestion de leurs cotisations. Jadot Nzitunga, son président, dément les accusations.

Des cotisations journalières de 700 BIF, des frais d’adhésion de 10.000 BIF, des frais de parking, allant de 50.000 BIF à 100.000 BIF, entre autres, voici quelques cotisations des conducteurs des taxis motos regroupés au sein du collectif des associations des motards et taximan du Burundi, Coamotabu en sigle. Certains d’entre eux se demandent à quoi servent leurs diverses cotisations.

J.K., un conducteur de taxi moto croisé au parking de Kinama (nord de la mairie de Bujumbura), ne mâche pas ses mots : «Le Coamatabu a été créé pour enrichir un groupe de personnes au détriment des conducteurs des taxis motos. Les responsables du collectif gèrent les cotisations comme ils veulent. Ils ne présentent jamais le rapport d’utilisation des cotisations aux membres du collectif.»

Il conteste les justifications des responsables du collectif concernant l’utilisation des cotisations : «Ils nous disent que ces dernières aident les motards en cas d’accident ou de maladie grave. Ce qui n’est pas vrai.»

Ce jeune homme donne comme exemple son collègue qui a été blessé dans un accident de roulage, il y a trois mois. Il est actuellement hospitalisé à l’hôpital de Mutoyi en province Gitega. Le collectif n’a pas déboursé un franc. «Pour le moment, nous collectons des contributions dans différents parkings pour l’aider à payer la facture des soins et des médicaments. Les conducteurs des taxis motos n’ont aucun avantage d’appartenir à ce collectif». Il fait savoir qu’il exerce le métier de conducteur de taxi-moto, depuis 3 ans. Mais je n’ai rien gagné du Coamotabu.

Il indique, par ailleurs, que chaque conducteur de taxi moto cotise obligatoirement 700 BIF par jour. Soit une somme de 21. 000 BIF par mois. Une contribution qu’il juge exorbitante, compte tenu des moyens des motards. Il demande une diminution de cette contribution journalière à 100 BIF.

«Cotisations forcées»

Ce conducteur de taxi-moto désavoue également le comportement des agents de sécurité du Coamatabu : «En cas de non-paiement de cette cotisation «forcée», ils confisquent nos motos. «La libération de la moto saisie est conditionnée non seulement par le payement de la cotisation mais aussi d’une amende allant de 5.000 BIF à 10.000 BIF sans pièce justificative.»

K .A, un des conducteurs de taxi-moto rencontré au siège du Coamotabu à la recherche de sa moto saisie par les agents de sécurité de son collectif, déplore les amendes non justifiées infligées aux conducteurs des taxis motos en cas d’infraction. «J’ai payé 26.000 BIF comme frais d’obtention du gilet, mais j’ai reçu une quittance de paiement de 20.000 BIF », s’indigne-t-il.

Ce dernier témoigne que parfois, les agents de sécurité de la Coamotabu confisquent des motos dans des endroits inconnus. «Pour la moto saisie, les motards payent une amende variant de 10.000 BIF à 50.000 BIF, sans quittance de paiement.»

T.N., un conducteur de taxi moto rencontré au parking de marché de Cotebu (au sud de la mairie de Bujumbura), accuse le Coamotabu de violation de la loi en matière de liberté d’association : «C’est un droit garanti par Constitution de la République du Burundi. Certains conducteurs de taxis motos deviennent membres du Coamotabu sans demander l’adhésion.» Il suffit d’exercer le métier de conducteur de taxi moto, raconte-t-il, on devient automatiquement membre du Coamotabu.

Il indique que pour exercer son métier, le conducteur s’adresse au chef du parking pour lequel il va travailler. Il paie 10.000 BIF sa carte d’adhésion. Il débourse ensuite les frais du parking variant entre 50.000 BIF à 100.000 BIF. Et puis, il s’engage à verser régulièrement 700 BIF par jour.

Il accuse le chef de ce collectif de prendre des mesures sans consulter les membres : «Il nous informe seulement des décisions prises par le comité.»

Accusations sans fondement

Jadot Nzitunga : « En cas de décès, le collectif se charge des frais funéraires et assiste également la famille éprouvée. »

Jadot Nzitunga, président du Coamotabu, rejette les accusations : «Ce sont des accusations sans fondement. Nous privilégions toujours le dialogue avec tous les membres du collectif. Toutes les décisions sont prises avec le consentement des membres du Coamotabu. L’objectif du collectif est de défendre les droits des conducteurs de taxis motos.»

Le président du Coamotabu soutient aussi que les cotisations aident les conducteurs des taxis motos en cas d’accident ou de maladie grave : «En cas de décès, le collectif se charge des frais funéraires et assiste également la famille éprouvée.»

Il affirme que toute personne exerçant le métier de conducteur de taxi moto devient automatiquement membre de son collectif pour la sécurité des motos et des passagers.

Il explique que c’est le gouvernement qui a exigé que les conducteurs de taxis motos soient regroupés dans des associations afin de mieux les contrôler.

M. Nzitunga rejette en bloc la violence imputée aux agents de sécurité de son collectif : «La plupart des conducteurs de taxis motos sont des jeunes. Parfois, ils ne respectent pas la loi. Ils refusent de porter des casques et des gilets. Dans ce cas, les agents de sécurité du Coamotabu les rappellent à l’ordre.» Il souligne également que son collectif n’inflige pas des amendes aux conducteurs des taxis motos. «C’est le rôle de la police».

Le président du Coamotabu précise que le prix du gilet revient à 20.000 BIF au niveau national. Les frais de cotisation ont été fixés 700 BIF par jour Actuellement, le collectif des associations de conducteurs de taxi-moto et taximen du Burundi compte plus de 20.000 membres à travers tout le pays. Les cotisations journalières dépassent 14 millions de BIF, soit plus de 420 millions par mois. L’association Amotabu a commencé ses activités en 2005. Elle est devenue un collectif en aout 2020.

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