Mercredi 19 juin 2024

Santé

Clinique PLR : les patientes en service de maternité souffrent

20/05/2023 1
Clinique PLR : les patientes en service de maternité souffrent
Le couloir du service de maternité à la Clinique Prince Louis Rwagasore

Des cas d’infections après des césariennes se font remarquer à la Clinique Prince Louis Rwagasore. Les patientes retournent au bloc opératoire à plus de deux fois. Elles peuvent passer un mois voire plus en hospitalisation. La direction de la CPLR indique que la situation n’est pas alarmante et qu’elle réussit à traiter ces cas et n’a jusqu’ici enregistré aucun décès.

“Après des heures de travail, j’ai finalement accouché par césarienne d’un joli bébé de 4 kg. C’était le dernier weekend du mois d’avril à la Clinique Prince Louis Rwagasore. Malgré les douleurs intenses, tenir mon enfant aîné dans mes bras est un sentiment hors pair”, raconte C.N.
Après quatre jours d’hospitalisation, cette jeune maman est sortie de cette structure sanitaire de la ville de Bujumbura. Mais après une semaine, elle y est retournée pour les derniers soins, croyait-elle.

L’infirmier lui a recommandé de revenir au moins une fois par jour. La situation s’est détériorée au lieu de s’améliorer. Depuis ce lundi, je suis admise encore une fois en hospitalisation.

“Je dois subir des soins au moins deux fois par jour et la plaie est ouverte. Selon mon gynécologue, une autre suture est prévue si la plaie présente une nette évolution”, confie-t-elle.

C.N n’est pas la seule patiente de la CPLR à vivre une telle situation après une césarienne. Des femmes se font opérer à plus de deux reprises. Des femmes en provenance des collines surplombant la ville de Bujumbura reviennent avec des plaies déjà infectées dégageant une odeur nauséabonde et sont placées en isolement. “Mon bébé a eu son vaccin d’un mois et demi ici à l’hôpital. J’ai été hospitalisée pendant plus d’un mois”.

Devant la salle des soins, des femmes attendent leur tour pour être soignées. Elles viennent des différents quartiers de la ville de Bujumbura. La plupart d’entre elles sont avec leurs nourrissons.

Même si le personnel se dit débordé, la CPLR tranquillise

Interrogée, la direction de la CPLR indique que la situation n’est pas alarmante et qu’elle n’a pas enregistré de décès. Dr Bonite Havyarimana, directeur de cette clinique indique que cela arrive même dans des pays développés et que son hôpital a enregistré en 2022, 0,35% de cas d’infections.
Les facteurs de risque chez les patientes, selon lui, sont liés aux opérations d’urgences, au nombre de patientes reçues et surtout du volume d’activités.

Le service de la maternité compte 2 spécialistes gynécologues et 8 médecins généralistes avec plus de 300 accouchements par mois. Ce département a une capacité d’accueil de 60 lits et deux blocs opératoires.

Dr Bonite Havyarimana fait savoir qu’il y a un bâtiment en cours de construction incluant un autre bloc opératoire et 68 lits pouvant servir de maternité.

Il promet qu’il va bientôt étudier ces cas pour chercher la vraie cause, car selon lui, la stérilisation des objets ne serait pas le problème. “Nous n’enregistrons pas de cas d’infections dans d’autres blocs opératoires des différents services”.

Il demande également aux services habilités d’ouvrir des blocs opératoires dans les districts sanitaires de la Mairie de Bujumbura pour désengorger les hôpitaux publics. Car selon lui, les patientes refusent d’être référées ailleurs lorsque les places sont saturées.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Mandela

    Nos mamans, nos femmes, nos sœurs et cousines… sont en train de devenir des handicapées à vie à cause des accouchements pas césarienne. La situation est plutôt alarmante et généralisée. Il est devenu rare d’accoucher par voie normale au Burundi pour plusieurs raisons :
    1° Certaines femmes ont peur des « ibise » ; elles préfèrent directement la césarienne pour ne pas souffrir à cause du « travail »(Ibise) ;
    2° Le fainéantisme, le manque de temps et l’incompétence de certains médecins. Pour ne pas se compliquer la tâche, certains médecins si pas tous passe directement à la césarienne ;
    3° L’agenda caché qui ne dit son non de diminuer les naissances. Tout le monde le sait qu’il est généralement impossible saut pour des cas rares d’accoucher par césarienne 3 fois de suite.
    4° Le problème de santé publique …
    Les conséquences des césariennes mal faites et les mauvais soins après l’accouchement dans un pays comme le nôtre en mal de soins médicaux, la femme burundaise est devenue handicapée à vie. C’est rare de trouver une femme sans difficultés après l’accouchement par césarienne. Kubaga est vraiment le terme adéquat au Burundi. « Barabatabagura ». Beaucoup de femmes après la césarienne passent le reste de leur vie à se faire soigner des infections.

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