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Cibitoke : Crépitements d’armes dans la forêt de Nyungwe, panique à Mugina et Mabayi

29/04/2019 Jackson Bahati Commentaires fermés sur Cibitoke : Crépitements d’armes dans la forêt de Nyungwe, panique à Mugina et Mabayi
Cibitoke : Crépitements d’armes dans la forêt de Nyungwe, panique à Mugina et Mabayi
La forêt de Nyungwe où retentissent des crépitements d’armes.

La population des localités des communes Mugina et Mabayi frontalières avec le Rwanda vit la peur au ventre. Des tirs nourris se font entendre ces derniers temps dans la forêt de Nyungwe. Les autorités essaient de tranquilliser.

Ce bruit des armes  inquiète les habitants des collines Ngoma et Nyamihana de la zone Rubona dans la commune Mugina et ceux de la zone Ruhororo en commune Mabayi. C’est à la frontière rwandaise. Ces gens préfèrent ne pas passer la nuit chez eux. «Des attaques peuvent surgir à tout moment, ces tirs ont commencé, il y a deux semaines», lancent-ils évasifs.

Cette population craint des infiltrations. Les gens regardent du coin de l’œil tout nouveau venu dans ces localités situées à la lisière de la forêt de Nyungwe. Tout intrus doit être vite identifié. Cette population reste de marbre quant aux belligérants ou des groupes impliqués dans ces ’’affrontements’’.

Selon les habitants de ces 3 collines limitrophes du Rwanda dans les communes de Mugina et Mabayi, suite à ces tirs certaines activités socio-économiques menées à la frontière Ruhwa sont suspendues. Les  agents de la Police de l’Air, des Frontières et des Étrangers, mutés dans cette localité, il y a trois mois, ne travaillent plus. Leur bureau est fermé.

Ce n’est pas tout, ces habitants affirment que les cérémonies familiales comme les mariages ou les funérailles nécessitant la présence de parentés rwandaises sont reportées. Ces dernières ne sont pas autorisées à entrer au Burundi et vice-versa. «Les visites au-delà de frontières sont devenues impensables».

Cette situation peu rassurante perturbe également l’éducation dans les collines frontalières des deux pays. Les directeurs de quelques établissements  contactés indiquent qu’il est difficile pour les écoliers et les élèves de suivre les cours avec les détonations qui se font entendre dans ces localités. «Des cas d’abondons scolaires sont déjà enregistrés », déplorent-ils. Les parents interrogés indiquent assister impuissants à cet état des faits.

Les activités commerciales au ralenti

Cette situation inquiétante affecte également le commerce des vaches et d’autres ruminants au marché de Mabayi et notamment en zone Ruhororo. Un des élus locaux rencontré sur place précise qu’il n’y a plus de bétail venant du Rwanda à cause de la frontière aujourd’hui fermée. «Les taxes communales sont en chute libre suite à ce problème», déplore-t-il.

Claude Mbanzendore, habitant de la colline Ruhororo affirme que s’aventurer dans la rivière Ruhwa est devenue risquée : «Les Burundais ne traversent plus cette rivière pour rendre visite à leurs amis ou leurs familles de l’autre côté de la frontière. Il est facile de se faire attaquer ces derniers jours».

La Police de l’Air, des Frontières et des Étrangers contactée, affirme ne pas connaître les raisons de la fermeture de ce bureau à la frontière de Ruhororo.

Les gens exerçant le petit commerce à la frontière tout près de la Ruhwa se disent désemparés.  Un seul mot à la bouche, un vœu : «Il faut que la paix soit rétablie et que ces tirs qu’on entend dans la forêt de la Nyungwe cessent».

Les administrateurs des communes Mabayi et Mugina ainsi que la police affirment que la sécurité est garantie dans cette localité : «Les mesures visant à renforcer la sécurité à la frontière comme dans toute la province sont déjà prises».

Ils appellent la population à la vigilance et à prendre toutes les dispositions nécessaires ’’pour ne pas céder le passage à l’ennemi’’. Il est demandé aux habitants vivant à la lisière de la forêt de Nyungwe de procéder à l’identification de tous les nouveaux visages dans cette localité et d’informer les autorités compétentes.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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