Environnement

Certaines victimes des inondations sont dans le désarroi

19/02/2020 Felix Haburiyakira Commentaires fermés sur Certaines victimes des inondations sont dans le désarroi
Certaines victimes des inondations sont dans le désarroi
Quelques victimes des inondations qui logent dans les salles de l’Ecofo Mushasha I.

D’aucuns s’interrogent sur le sort des victimes des récentes inondations. Quid de leur assistance et des mesures préventives face aux prévisions météorologiques annonçant de fortes pluviométries en mars et avril 2020 ? Iwacu a fait le tour à Gatumba et à Winterekwa. Reportage.

Les inondations ayant envahi la colline Kinyinya I, de la zone Gatumba, commune Mutimbuzi, province Bujumbura, ont causé beaucoup de dégâts matériels, dont des maisons complètement ou partiellement détruites, des ustensiles de cuisine disparus ou endommagés, des habits emportés, des cahiers perdus.

Le spectacle est désolant. Après deux semaines, l’eau stagne encore sous les ruines des maisons. La détresse se lit sur le visage des victimes. Ces dernières réclament une aide d’urgence.

Jeanne Ntirubabarira est une veuve. Elle crie au secours : « Je mène une vie misérable. Ma maison s’est écroulée. Je dors à la belle étoile. Voyez l’eau stagne encore sous les décombres. Les pertes sont énormes.»

Elle déplore l’inaction des autorités administratives. Elle indique que l’administration s’est contentée de l’enregistrement des victimes et des dégâts. Et de supplier les âmes charitables de lui venir en aide.

Alexis Ntakirutimana, quant à lui,  est en train de réhabiliter sa maison. Il ne cache pas son amertume : « Nous logeons chez nos voisins. La vie est dure. L’eau nous a envahis vers deux heures du matin. On a rien  sauvé. Les bandits en ont profité pour voler, saccager.»

Ntakarutimana demande aux autres âmes charitables de leur octroyer des couvertures et du matériel de construction : «Nous avons besoin des tôles pour reconstruire nos maisons détruites.»

Lucie Gahimbare,  la  quarantaine, se souvient d’une nuit longue : « On nous a repêchés dans l’eau et on nous a regroupés dans ce bistrot. Nous dormons dans ce bar (New Rusizi bar) pêle-mêle. Nous sommes menacés par le froid et  les piqûres de moustiques. C’est déplorable. Nos récoltes ont été inondées.» Elle s’insurge contre les bienfaiteurs qui tardent à intervenir. Et de préciser que le gouvernement avait promis de leur trouver un autre endroit, mais que la mise en application de cette promesse semble être reportée aux calendes grecques.

Risque des maladies des mains sales

Des maisonnettes abritant les sinistrés à Winterekwa.

Certaines victimes logent dans  les salles de l’école fondamentale de Mushasha I. Elles y passent la nuit et très tôt, le matin, elles dégagent pour laisser la place aux écoliers.

Onésime Ndayishimiye, maître responsable  à cette école, se lamente : « Suite aux déplacés qui logent dans les enceintes de cette école, il y a un problème d’hygiène. Les latrines sont bouchées. Leurs portes ont été volées. Les enfants se soulagent n’importe où.» Et de craindre les maladies des mains sales.

De surcroît, le matériel scolaire n’est pas à l’abri. Cette autorité scolaire précise que les problèmes se multiplient du jour au lendemain. « Les bancs pupitres sont cassés, d’autres volés ou utilisés comme bois de chauffage ». Il demande aux autorités concernées de réinstaller ces victimes ailleurs.

François Hatungimana est un démobilisé et handicapé de guerre. Il déplore l’état des installations sanitaires : « Les  latrines sont à découvert. Les mouches pullulent partout. Nous risquons d’être contaminés

Cap sur Winterekwa

Un léger mieux pour les victimes des inondations. La Croix Rouge a chapeauté certaines actions, dont l’aménagement d’un site où elle a érigé des maisonnettes en tentes qui hébergent 77 familles. Selon le ministère de la Solidarité, c’est un abri temporaire en attendant une solution durable. Les conditions de vie  restent précaires. Ces maisonnettes sont étroites, vu qu’une famille peut compter jusqu’à 7 personnes. Ils vivent dans une promiscuité. Pendant la nuit, ils font face au froid tandis que pendant la journée, ils sont confrontés  à une chaleur excessive.

Les victimes affirment avoir déjà bénéficié des aides de la part des âmes charitables parmi lesquelles figurent la population environnante et l’administration. Sans oublier le ministère de la Solidarité. Des organisations telles que le PAM, l’UNICEF ont apporté des  aides variées (vivres, habits, couvertures, ustensiles de cuisine).

Le ministère de la Sécurité se dit préoccupé mais tranquillise

Les  victimes des différentes inondations restent au cœur des préoccupations du ministère de la Sécurité publique et de la gestion des risques et catastrophes.

Anicet Nibaruta, directeur général de la protection civile et secrétaire exécutif de la plateforme nationale de gestion des catastrophes, s’est dit inquiet des conséquences qui découleront des prochaines précipitations. Une note de prévision saisonnière de mars-mai 2020 présentée, mardi 11 février 2020, par l’Institut géographique du Burundi (IGEBU) en dit long. « Il est prévu une probabilité accrue des précipitations supérieures à la normale dans les régions du Moso, Bututsi, Imbo, Kirimiro, Mugamba et une partie de Bugesera », a indiquée Déogratias Babonwa, directeur Météo à l’IGEBU. Une probabilité accrue de pluviométrie à tendance excédentaire  est prévue sur le reste du pays

Nibaruta craint que le scénario de 2019 ne se réédite : « Les mêmes prévisions avaient été faites et les dégâts matériels et humains ont été importants.». Toutefois, il rassure que des mesures préventives à court et à moyen terme sont préconisées.

Il s’agit, détaille-t-il, de la mise à jour des plans de contingence provinciaux et communaux, l’élaboration de la cartographie des zones à risque pour la connaissance et la surveillance ainsi que la poursuite des actions de reboisement intensif à travers le programme national « Ewe Burundi urambaye ». Mais également l’intensification de contrôle des travaux d’extraction des matériaux de construction et l’élaboration du plan de réponse humanitaire, pilier essentiel du plan de résilience.

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