Société

Bururi-Rumonge: Le code de la route violé au grand jour

23/12/2018 Onesphore Nibigira Commentaires fermés sur Bururi-Rumonge: Le code de la route violé au grand jour
Bururi-Rumonge: Le code de la route violé au grand jour
Une moto avec 3 personnes à Bururi.

Mauvais chargement, conduite sans permis, excès de vitesse etc. sont des dangers qui menacent le transport dans Bururi et Rumonge. La société civile et les autorités appellent à l’ordre.

« Je ne peux pas transporter quatre personnes sur cette route malaisée et espérer un bénéfice. Impossible même de récupérer l’argent dépensé pour le carburant. Ici personne ne respecte le code de la route en ce qui concerne le chargement », indique un conducteur de voiture de transport dite « Probox » rencontré à Matana au sud du pays à 87 km de Bujumbura.

Le lundi 17 décembre vers 9h, cinq voitures sont garées sur le parking à destination de Bururi. La voiture en train de charger a déjà 7 personnes. Normalement, la loi autorise 5 personnes dont le chauffeur. Dans le capot, des sacs pleins d’avocats, des choux et d’autres vivres obstruent la vitre arrière. Le chauffeur ne peut pas utiliser le rétroviseur intérieur. Sous un ciel nuageux, l’endroit grouille de monde. Le chargement excessif de cette voiture ne semble choquer personne.

Un homme sur les lieux me dit que tout le monde est habitué à cela. « Souvent ils mettent même plus de 10 personnes dans une telle voiture. C’est vraiment regrettable que ce genre de situation soit considérée comme normale mais nous n’avons pas de choix ». Si tu veux aller à Bururi, indique-t-il, tu dois accepter la surcharge, sinon tu y vas à pied. Une dame à côté renchérit en disant que même les femmes enceintes sont obligées de voyager de la sorte, ou bien elles payent le double du prix du ticket pour occuper seule la place avant à coté du chauffeur. Selon elle, le trajet Matana-Bururi est un calvaire pour les femmes enceintes ou celles qui voyagent avec des enfants.

Un semblant de contrôle de la police

A 300 m du parking des policiers chargés de la sécurité routière postés à côté de la plaque « Igipolisi kizira Igiturire (La police sans corruption »). La voiture avec 7 personnes à bord dont le chauffeur, sans parler des sacs, obtempère à l’injonction du policier de s’arrêter. Le policier constate l’état du chargement de la voiture en regardant à l’intérieur tandis que son collègue fait le tour du véhicule. A la grande surprise, les deux policiers laissent la voiture continuer. « C’est ainsi que l’on met des vies en danger mon frère. Ces policiers, devaient punir sévèrement ce genre de fautes, malheureusement vous voyez que les conducteurs ne s’inquiètent de rien », se lamente un homme, quadragénaire, quand il remarque que je suis journaliste.

Retour au parking. Tout à coup, une moto avec 4 personnes à bord dont le conducteur passe. Cela n’étonne personne. Sur le même parking plus de 10 motos-taxis attendent des clients. Aucun conducteur ne porte un casque. Interrogés, les réponses sont divergentes. Pour les uns, le casque est gênant. Les autres les conservent et les portent quand la police effectue des rafles. Pire, le gros des conducteurs de motos n’a pas de permis de conduire. « Je sais très bien conduire une moto depuis plus de quatre ans mais je n’ai pas de permis de conduire. Je ne sais pas comment en avoir parce que je n’ai jamais mis le pied à Bujumbura. Je fais en sorte que la police ne m’attrape pas s’il y a une rafle. Des fois elle n’est pas tendre avec nous. Dernièrement le commissaire a frappé un taxi-motard et il a failli lui crever un œil ».

Le code de la route violé aussi à Rumonge

27 km sur une route en terre en mauvais état séparent la RN7 au niveau de Matana et la commune Bururi à Taba. C’est là que passent les véhicules surchargés. La route est glissante s’il a plu et des fois on passe sur des ponts de fortune faits de troncs d’arbres suspendus au dessus des ruisseaux en commune de Songa.

Difficile de comprendre comment un conducteur de véhicule se hasarde sur cette route avec un chargement excessif. Pendant plus d’une heure sur ce trajet, nous avons rencontré 6 véhicules de transports dont 5 voitures de type « Probox » tous surchargées.
Au niveau de Taba, avant d’emprunter la route bitumée menant à Rumonge se trouve un poste de contrôle de la police. La situation est pareille qu’à Matana. Des motos passent allègrement avec trois personnes sans casques.

A Rumonge, des voitures et des motos font des navettes entre cette nouvelle province et sa province-mère, Bururi. Leur allure est terrifiante !

En ville, des conducteurs de motos-taxis se permettent de circuler avec 3 voire 4personnes sans se soucier des policiers. « Il arrive qu’ils fassent des rafles. Par malchance, ils peuvent nous attraper et nous punir. Des motos sont saisies et nous payons des amendes bien sûr. Mais nous savons comment nous y prendre pour ne pas être punis », raconte, avec sourire, un jeune motard. Il dit aussi que des conducteurs de motos sans permis de conduire existent.

Mise en garde à différents niveaux

Nickson Habonimana : « Je qualifierais certains chauffeurs de fous.»

Nickson Habonimana, président de l’Observatoire de la sécurité routière, n’y va pas par quatre chemins : « Je qualifierais certains chauffeurs de fous. Ils transportent des passagers sans respecter le Code de la route. Pourtant, même pour les marchandises on doit respecter un certain tonnage ! Si nous disons qu’il y a des policiers corrompus, on va dire que nous sommes contre les institutions. Où passent ces véhicules ? Qui font le contrôle ? Malheureusement cette police laisse passer même des véhicules qu’il fallait déclasser. »

M. Habonima jette le tort aussi aux passagers « qui ne refusent pas d’être traités ainsi ». Et de témoigner qu’un jour, il allait dans une formation à Matana dans un minibus qui roulait à tombeau-ouvert. Quand j’ai demandé au chauffeur de décélérer, indique-t-il, tout le monde ne m’a pas compris. Il a dû demander au chauffeur de le laisser descendre alors qu’il était en retard. Le président de l’OSR demande à la police d’être plus sévère, de pratiquer « la tolérance zéro » contre ceux qui violent le Code de la route.

Interrogé, Juvénal Bigirimana, gouverneur de Rumonge explique que ces conducteurs sont sévèrement punis quand ils sont attrapés. Il met en garde les récalcitrants. « Tous les conducteurs savent que pour conduire il faut des documents en ordre et ne pas commettre des délits ».

Pour sa part, Roger Bankibigwira, le Commandant de la Police spéciale de Roulage et de la sécurité routière fait savoir que l’institution veut passer à l’échelon supérieur pour éradiquer ce comportement. Une séance de vulgarisation du Code de la route est prévue à partir du jeudi 20 décembre. « Après cette séance organisée à l’endroit des transporteurs, les sanctions seront plus sévères pour les contrevenants ».

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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