Mardi 25 juin 2024

Société

« Bon Geste » au chevet de deux garçons mutilés

Christine Ntahe a rendu visite à la famille de deux garçons mutilés le 21 novembre avec un paquet de vivres.

« Maman Dimanche », en lunettes, qui pose avec les deux familles

Colline Karemba, commune Itaba en province de Gitega. Richard (12ans) et Jean Claude (10ans), deux garçons amputés de poignets gauches par leurs voisins (aujourd’hui emprisonnés) ont vu ce mercredi 13 décembre Christine Ntahe leur rendre visite « C’est pour les aider à faire oublier leur calvaire ne fût-ce qu’une semaine », a affirmé la représentante légale de l’Association Bon Geste.

« Je croyais avoir tout vu mais ces petits enfants amputés m’ont bouleversée. Ce sont deux vies gâchées et surtout leurs familles qui doivent les supporter alors qu’elles sont aussi vulnérables .»

D’après Mme Ntahe familièrement appelée Maman Dimanche, elle avait eu l’idée de faire quelque chose pour ces enfants depuis qu’elle a entendu la nouvelle. Faute de moyens, elle a partagé cette préoccupation avec le Club Izere Texas qui lui a tout de suite soutenu financièrement pour collecter cette aide, dont elle refuse d’ailleurs d’être filmée arguant que ce n’est pas un trophée.

« J’invite toute personne de bonne volonté à soutenir ces deux familles pour élever ces petits pour que demain nous ne les voyons pas dans la rue à faire la manche. »

Pour Nzeyimana, la mère de Jean-Claude, c’est une aide précieuse pour les deux familles.

Des curieux ou des jaloux ?

Les voisins se sont agglutinés autour de la voiture. Les plus jeunes murmuraient : « ubukene bagiye kubuhamba ! » Littéralement en français, « Ils vont enterrer la pauvreté !». A chaque minute qui passe, deux, trois, quatre personnes rejoignent le groupe qui s’est formé non loin de la maison de l’une des victimes.

« Combien d’argent ont-ils eu ? », demande une femme à sa voisine qui est arrivée la première. Léonie Hakizimana, la maman de Richard, indique qu’elle est devenue l’objet de discussion de ses voisines.

« Elles croient que nous avions eu des millions de francs. Certaines n’hésitent même pas de me dire que la mutilation de mon enfant va me rapporter beaucoup», déplore-t-elle.

Et d’ajouter la gorge serrée : « Si elles savaient ce que je ressens quand mon fils m’appelle chaque matin à le laver et l’habiller alors qu’il n’était pas né infirme, ils arrêteraient de me taquiner ! »

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Congo

    Il ya des gens qui sont devenus comme des bêtes. Ce sont les mêmes qui ont égorgé , violé, assassiné nos parents avec la bénédiction du frodebu et de l armée d alors. Couper les mains pour eux reste anodin. Il faudra bcp de temps pour reeduquer cette population. Tu ne tueras point et tu ne mutuleras jamais

  2. Kibwa

    C’est triste mais moi j’ai peur du pire. Un soir on risque d »égorger toutes les familles à la recherche de l’argent déposé par ces visiteurs venus de loin!!!
    Il faut savoir qu’aujourd’hui après 15 ans de règne du CNDD-FDD la campagne burundaise est dans la pauvreté sans nom, dans la désolation . On peut mourrir pour une assiette de patates douces. Ces jeunes gens aujourd’hui emprisonnés pour avoir coupés les mains de leurs amis n’y sont pour rien dans une société normale. A cet âge les interdits sont encore frais dans la tête, à la seule conditions qu’on les a eu.
    Cependant , les pauvres ont été élevés dans la haine absolue, dans la pauvreté sans nom, dans des familles sans repères, sans moral, ni interdit. De plus, ils ont probablement entendu/assisté à des scènes macabres car couper un main ne se fait pas d’un seul coup. Il faut couper l’os, tourner le bras couper, couper et couper encore!!!!!
    A 15 ans!!!!!
    Dites -moi vous qui me lisez, votre enfant à cet âge là est-il capable de faire ça?????
    Donc les pauvres ont été condamnés, mais la société , la nôtre mérite d’être condamnée aussi.

    KIbwa

  3. CLAUDIO

    IMANA IGUHEZAGIRE MAMAN DIMANCHE

  4. Merci Maman Dimanche. Vous êtes le modèle pour notre société

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