Jeudi 11 août 2022

Politique

60ème anniversaire de l’indépendance : le président Ndayishimiye apprécie et critique

02/07/2022 6
60ème anniversaire de l’indépendance : le président Ndayishimiye apprécie et critique
Président Evariste Ndayishimiye : « Si les aides avaient contribué au développement ces 60 dernières années, le Burundi serait une puissance. »

A l’occasion de célébration du 60ème anniversaire de l’indépendance du Burundi, ce 1er juillet 2022, au Boulevard de l’indépendance, Mélanie Higgins et Claude Bochu respectivement ambassadeurs des USA et de l’UE ont été primés. Néanmoins, le président Evariste Ndayishimiye déplore une aide de la part de ces puissances économiques sans quelque chose de palpable.

« Dès son arrivée, l’ambassadeur de l’Union Européenne au Burundi a décidé de plaider pour le Burundi. Son travail est à saluer », a déclaré, le président de la République du Burundi devant la population venue suivre les cérémonies. C’était avant de lui délivrer un certificat de reconnaissance. Son homologue des Etats-Unis d’Amérique, lui, a été primée du fait que son pays a procédé à la levée des sanctions contre le Burundi juste après son entrée en fonction.

« C’est un grand honneur pour moi de prendre la parole (…), C’est un signe d’amitié et de confiance qu’adresse au roi de la Belgique, le président Evariste Ndayishimiye », a indiqué l’envoyé spécial de sa Majesté le roi de la Belgique aux cérémonies. Et le président Ndayishimiye de répondre que le Burundi et la Belgique entretiennent de relations profondes. « Nous sommes déjà liés. »

Néanmoins, le président Burundais a regretté que les Belges après d’indépendance ont laissé aux Burundais un pays divisé, appauvri dont le peuple a perdu sa bonne culture et sa capacité de production. « Ils nous ont légués que la brasserie du Burundi, que la bière. » Il a tenu à souligner que les malheurs que le Burundi a connus sont venus de l’extérieur. Il demande alors à l’ONU et la Belgique qui était sa tutelle avant l’indépendance du Burundi de contribuer dans son développement.

Mise en cause des aides au développement

Le président Ndayishimiye tire à boulet rouge sur l’aide au développement des puissances et des institutions monétaires en faveur du Burundi. « Nous avons cherché, sans rien trouver, à savoir à quoi les appuis de la Banque mondiale et de l’Union européenne ont abouti. »  Si elles avaient contribué au développement ces 60 dernières années, estime le chef de l’Etat burundais, le Burundi serait une puissance. D’après lui, le Burundi a besoin actuellement des pays qui lui sont solidaire non pas ceux qui viennent aider. « Nous sommes aussi capables. ». Le président Burundais demande plutôt aux puissances et institutions monétaires de donner des emprunts au Burundi au lieu de lui donner des aides. Le Burundi, juge Evariste Ndayishimiye, a besoin seulement d’un capital. Selon lui, le Burundi peut rembourser sa dette à travers ses richesses miniers, sa terre, et le tourisme. Le président de la République a demandé aux pays occidentaux de cesser de favoriser la fuite des cerveaux burundais et de ne plus accueillir des faiseurs de troubles qui se réfugient dans leurs pays.

Signalons que d’autres personnalités ont été primées au titre d’ordre de mérite avec le grade de commandeur : des militaires et policiers, le président kenyan, Uhuru Kenyatta, l’ambassadrice de la République Unie de Tanzanie au Burundi, Jilly Elibaliki Maleko.

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Stan Siyomana

    L’exemple du Rwanda montre que ce n’est pas du tout facile de gérer la dette extérieure.
    En aôut 2021, le pays a pu avoir un prêt en forme de Eurobond de 620 millions de dollars à intérêt annuel de 5,5% et remboursables après 10 ans.
    Une partie de cette dette va être utilisée en 2023 pour rembourser une autre dette de 400 millions de dollars datant de 2013.
    « The sale, which was handled by Deutsche Bank and Citigroup, priced the new debt at a yield of 5.5 per cent. Just over half of the proceeds will go towards refinancing the majority of the country’s other outstanding bond, which raised $400m in 2013 and was due to mature in 2023, with the remainder destined for spending on “key priority projects” to bolster Rwanda’s economic recovery…
    “These kind of sums are peanuts for the bond market but for Rwanda it’s a lot of money,” said Gregory Smith, a fund manager and author of Where Credit Is Due, a book about Africa’s debt burden. “A yield in the 5 per cent range is low for Rwanda so this kind of liability management is a good idea. But if they started to come back to the market regularly that could be a cause for concern.”
    https://www.ft.com/content/c8562c9d-8ea4-46e3-8103-8a733ac97963

  2. Stan Siyomana

    1.« « Nous sommes aussi capables. ».
    « Nibaduhe umutahe twiyubakire kandi turashoboye… »
    https://www.youtube.com/watch?v=RDPMgj9MNc8&t=7437s
    2. Mon commentaire
    Par exemple le Burundi pourrait voir comment plusieurs pays d’Afrique et du Moyen-Orient (qui n’ont pas voulu ou qui n’ont pas pu prendre les énormes risques financiers du secteur minier) ont pu s’entendre avec la société minière canadienne Barrick Gold Corporation pour sortir leurs richesses naturelles du sous-sol.
    En Tanzanie, le gouvernement contrôle 16% de North Mara et de Bulyanhulu, alors que Barrick Gold Corporation détient 84%.
    Au Mali, Barrick Gold Corporation contrôle 80% de Loulo-Gounkoto Complex (ces mines ont produit 700.000 onces ou 19,85 tonnes d’or en 2021).
    Même en Arabie Séoudite (= pays riche en pétrodollars), Barrick Gold Corporation contrôle 50% des mines de cuivre de Jabal Sayid (production de 150 millions de livres ou 68.039 tonnes de cuivre en 2021).
    https://www.barrick.com/English/news/news-details/2022/after-25-years-of-delivering-value-to-mali-barrick-continues-to-invest-in-the-future/default.aspx

  3. Ririkumutima

    Si le Burundi est le pays le plus pauvre et le plus corrompu après 60 ans d’indépendance.
    Est ce le seul qui a été colonisé par la Belgique?
    Posons plutot la question suivante: Les autres s’en sortent beaucoup mieux que nous?
    Qu’est ce que nous faisons de si maul pour etre les derniers.
    Chercher des boucs émissaires est facile et cela ne résout strictement rien.
    Ouvrons les yeux et ayons le courage de pointer à nos défaillances

  4. Kibinakanwa

    Lorsque le président dit qu’on nous refuse des prêts en insistant que le Burundi est capable de tembourser avec les mines et le tourisme.
    Parle t il de notre Burundi?
    Et puis les aides/prêts sont ils bien utilisés?
    Pourquoi toujours cherche des émissaires après 60 ans?

    • ndirabika

      Quid de la supposée fuite de cerveaux. Combien de cerveax sur place non utilisés ? Ils sint tous sous le parasol de lumicsh

    • Stan Siyomana

      @Kibinakanwa
      1. Vous écrivez:« Lorsque le président dit qu’on nous refuse des prêts en insistant que le Burundi est capable de tembourser avec les mines et le tourisme… »
      2. Mon commentaire
      a). Le Burundi n’est classé par aucune des trois agences de notation de la dette publique des nations (à savoir Moody’s, et Standard and Poor’s (S&P),et Fitch).
      Plus la notation descend, plus le pays concerné doit devoir payer des taux d’intérêt plus élevés pour ses dettes.
      b). Par exemple S&P classifie de TRES SPECULATIVES les dettes du Kenya (B), du Rwanda (B+) et de l’Ouganda (B).
      De même Fitch classifie de TRES SPECULATIVES les dettes du Kenya (B+), du Rwanda (B+) et de l’Ouganda (B+).
      https://fr.countryeconomy.com/gouvernement/ratings
      c). Il y a quelque vérité dans la chanson du regrétté Pamelo Mounk’a du Congo-Brazzaville (10 mai 1945 – 14 janvier 1996):
      « L’argent appelle l’argent Mbongo ekobenga mbongo
      On ne prête que aux riches
      Jamais vu un riche prêter de l’argent à un pauvre… »
      https://www.youtube.com/watch?v=U6290GKqCPc

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Pénurie du carburant. La voie lacustre serait un soulagement

Les pénuries épisodiques de carburant n’ont rien de nouveau au Burundi. Mais celle que nous vivons se distingue des précédentes par sa longueur et sa gravité qui compliquent encore davantage le quotidien de la population. Devant des stations-services, à sec (…)

Online Users

Total 1 623 users online