Jeudi 01 décembre 2022

Économie

500 millions de BIF exigés par la BRB pour ouvrir un bureau de change

18/11/2022 3
500 millions de BIF exigés par la BRB pour ouvrir un bureau de change
Des cambistes en réunion avec la BRB

Un demi-milliard de BIF est le capital social fixé par la Banque de la République du Burundi et 50 millions BIF de caution, des montants fixés par la Banque Centrale pour qu’un bureau de change travaille en toute légalité. Ceux qui se sont faits inscrire pour ouvrir des bureaux de change se disent déçus : « C’est trop pour nous ».

La déception se lisait sur les visages des cambistes qui ont pris part à la rencontre organisée par la BRB. Bon nombre d’entre eux n’ont pas caché
leur surprise après avoir entendu les nouvelles conditions de la Banque de la République du Burundi pour ouvrir un bureau de change : 500 millions de BIF de capital social et 50 millions de BIF de caution.

Cela a été annoncé ce vendredi 18 novembre, lors d’une rencontre de la Banque de la République du Burundi et ceux qui se sont faits inscrire pour ouvrir des bureaux de change. « Les 50 millions seront déposés à la BRB et ne seront retirés qu’à la fermeture définitive d’un forex. Et en cas de faute, l’amende sera tirée de cette caution, en 30 jours, le propriétaire devra s’arranger pour garder les 50 millions au complet », précise le directeur des opérations à la BRB.

Autres conditions, le propriétaire du bureau de change devra montrer un compte d’opération en BIF et en USD et fournira l’historique bancaire. Il devra ainsi adhérer à une association des changeurs de monnaie. Pour étudier un dossier d’ouverture d’un forex, il est demandé notamment, un million de BIF, un plan d’affaire, un casier judiciaire du propriétaire, de son gérant et de son caissier, une lettre d’agrément accompagnée par un formulaire dûment rempli et un statut notarié.

Les gérants et les caissiers des bureaux de change devront également avoir au minimum, un diplôme des humanités générales. Les établissements devront être dans les standards de la BRB. Pour un groupe d’actionnaires comprenant un étranger, 400 mille USD est le montant fixé avec 40 mille USD de caution comme capital social.

« 500 millions BIF, c’est trop »

Les changeurs n’ont pas bien digéré toutes ces nouvelles. Ils jugent ces montants exorbitants. Dans sa question, Gédéon Niyonkuru a voulu savoir si la décision de la BRB est irréversible. La BRB a répondu que la décision est déjà prise. « C’est pour ceux qui le méritent. C’est un métier à ne pas négliger. Soyez dignes ! Pour ceux qui ne peuvent pas avoir ce capital, trouvez-vous des associés. Travaillez ensemble comme le conseille notre chef de l’Etat », a martelé le directeur des opérations à la BRB.

Ananias Nyabenda, cambiste à Muyinga, a voulu savoir où ils trouveront cette somme. « 500 millions BIF, c’est trop ». Il a demandé si la BRB fournira des devises pour leur faciliter la tâche. Il y a eu des propositions de la part des cambistes, d’accorder au moins un million USD par semaine aux changeurs de monnaie.Pour Charles Manirambona, un autre cambiste, il serait logique d’exiger 50 millions BIF comme capital social d’un bureau de change. « En voyant votre invitation, j’espérais que c’est pour étudier où proviendront les devises destinées aux bureaux de change ».

La BRB a fait savoir que les devises sont sollicitées pour beaucoup de besoins d’une importance capitale. « Aujourd’hui, il est donc impossible de satisfaire votre demande ».

BRB

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. Crist

    la monnaie va s »échanger dans les rues sans bureaux de change igihugu naco kigume muri zuguru zuguru

  2. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« 500 millions de BIF de capital social et 50 millions de BIF de caution… »
    2. Mon commentaire
    a). Au cours officiel, les 500 millions de BIF de capital social valent environ 238.100 dollars américains (USD).
    b). En Tanzanie, il faut un capital d’un milliard de shillings tanzaniens, soit 427.900 USD.
    « A bureau de change shall commence operations with and
    maintain at all times a minimum paid up capital of not less than TZS
    1,000,000,000 or such higher amount as the Bank may prescribe… »
    Source: Bank of Tanzania
    c). Au Kenya, il faut un capital de 60.000 USD.
    « evidence of existence of a minimum core capital of not less than US$60,000 or its equivalent in Kenya shillings … »
    https://www.nyongesasande.com/how-to-apply-for-a-forex-bureau-license-in-kenya/
    d). Au Rwanda, il faut un capital de 50 millions de francs rwandais, soit 45.850 USD.
    « The National Bank of Rwanda (BNR) also revised upwards the minimum capital requirements for forex bureaus from Rwf20 million to Rwf50 million… »
    https://www.independent.co.ug/new-regulations-for-rwanda-forex/
    e). En Ouganda, il faut un capital de 20 millions de shillings ougandais, soit 5.344 USD.
    « have a minimum un-impaired paid up share capital of not less than Uganda shillings twenty million (UGX.20 million) in case of a forex bureau and Uganda shillings fifty million (UGX.50 million) for money remittance business… »
    https://ugandafact.com/requirements-for-starting-a-forex-bureau-in-uganda/

  3. Muheto Bernard

    Je conseille aux cambistes de simplement changer de pays.C’est innadmissible d’exiger 500 millions BIF pour ouvrir un commerce dans le pays le plus pauvre du monde.Qui a pris cette décision et qu’est-ce qui se cache derrière?Burundais ayant les moyens allez investir ailleurs en Afrique,le Burundi ne vaut plus la peine.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissances de nos règles d'usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, diffamatoires ou injurieux, appelant à des divisions ethniques ou régionalistes, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur (textes, photos, vidéos…) sans mentionner la source.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la présente charte, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier. Par ailleurs, tout commentaire écrit en lettres capitales sera supprimé d’office.

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Je suis Misago. Ou presque

Après sa tribulation, sa réapparition, lundi 21 novembre vers midi après deux jours d’inquiétude, suivi d’une sorte d’arrestation par des agents du Service national de renseignements (SNR) dans les montagnes ’’sacrées’’ de Magara, devenues un lieu de pèlerinage pour quelques (…)

Online Users

Total 1 795 users online