Politique

Tension à Arusha 

01/12/2017 Agnès Ndirubusa 12

La plénière prévue ce vendredi n’a pas eu lieu. Des participants s’inquiètent pour leur sécurité à leur retour à Bujumbura. Des acteurs politiques continuent à arriver.

De notre envoyée spéciale Agnès Ndirubusa

Au 5ème jour du dialogue, à Arusha, des informations sur une certaine suspicion commencent à filtrer. Certains politiciens ont peur que de retour du pays « ils soient inquiétés pour des propos tenus lors de ces pourparlers. » Ils demandent que la facilitation leur donne des garanties que leur sécurité ne sera pas menacée. Cette garantie, selon eux, permettrait des débats riches.

Entre temps, la plénière prévue ce vendredi n’a finalement pas eu lieu. L’équipe technique chargée de faciliter le processus du dialogue, composée des membres des Nations unies, de l’Union africaine et de l’EAC a opté pour une méthodologie qui consiste à recueillir les travaux des cinq groupes. Elle va ensuite les compiler et dresser un tableau récapitulatif en identifiant les points de convergence et de divergence.
Les Burundais sur place adhèrent à cette procédure qui va permettre d’accélérer le processus et gagner du temps. Alors, à ce moment-là, les débats en plénière pourront commencer.

Sur place, dans les coulisses, les tractations continuent pour faire basculer autant de partis et acteurs politiques dans un camp comme dans l’autre, histoire de peser lourd sur la balance.

Des partis politiques membres du CNARED ont débarqué ce jeudi pour participer au dialogue. Et les leaders des partis Ranac, Fedes Sangira, Kaze FDD ont rejoint le groupe de l’opposition. Ce camp totalise 16 partis politiques.

On apprend également que l’ancien vice-président, Yves Sahingunvu est arrivé ce jeudi pour se joindre aux autres participants au dialogue.

Les travaux en groupe terminés, les positions des uns et des autres sur les fameux huit points proposés par la facilitation sont connus. Les informations recueillies sur place indiquent qu’une partie de la classe politique et de la société civile réaffirme le respect de la Constitution et l’Accord d’Arusha et demande un mécanisme mixte de suivi et de la mise en œuvre de cet accord. Ce camp sollicite également le respect des droits de l’homme, l’ouverture de l’espace politico médiatique et le renforcement de la sécurité. Il y a aussi la mise en place des mécanismes de garantie de la mise en œuvre de l’accord qui devrait être signé. Parmi ces garanties, il y a la mise en place des institutions consensuelles du sommet de l’Etat à la base.

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Stan Siyomana

    @Lambert: “voler au secours de l’ETHNIE QUI AVAIT CHANTE DEPUIS TRES LONGTEMPS AVOIR SUBIE L’APARTHEID..”.
    1. Si vraiment vous croyez que cette ethnie ne faisait que chanter avoir subi l’apatheid, ne vous etonnez pas du charisme du president Pierre Nkurunziza (du moins pour cette ethnie et meme s’il n’amenait aucun developpement socio-economique au Burundi).
    2. Le citoyen burundais lambda/MUNYAGIHUGU NYARUCARI et membre de cette ethnie EST TOUJOURS TRAUMATISE PAR CE QUI S’EST PASSE EN 1969, 1972, 1993 ET AUSSI PAR LES POLITIQUES D’EXCLUSIONS DES DIFFERENTES DICTATURES AU Burundi (exclusion dans la fonction publique, dans l’armee Presque monoethnique, dans le systeme d’education (SYSTEME DES I ET U SOUS LA DICTATURE DU COLONEL JEAN-BAPTISTE BAGAZA), (et bien d’autres exclusions QUI NE SONT QUE FICTIVES POUR VOUS ET QUE VOUS NE VOULIEZ PAS OSER COMPARER A L’APARTHEID).
    3. Si vous voulez que cette ethnie (TANT MEURTRIE PAR LES ANCIENNES DICTATURES) abandonne le president Pierre Nkurunziza pour passer dans votre camp, il vous faudrait au moins montrer du respect envers cette ethnie et aussi compatir a sa peine (passee et actuelle).
    4. Si jamais je parviens a visiter le Burundi in jour (pas tres lointain, j’espere?), MON PLUS GRAND SOUHAIT/PARI EST DE VISITER LE CAMP MILITAIRE DE NGOZI, par ce que malgre les sept ans que j’ai etudie au College Don Bosco a Ngozi je n’avais jamais voulu ou ose suivre mes camarades qui allaient visiter leurs amis a l’interieur de ce camp. Cette entrée dans le camp serait tres symbolique pour moi qui ai grandi quand cette ethnie ne pouvait pas en general servir dans l’armee dite nationale (ET VOUS LAMBERT VOUS NIEZ QU’IL Y A EU L’APARTHEID DANS PLUSIERS SECTEURS AU BURUNDI!).
    Mon meilleur ami pourrait m’aider peut-etre, puisque aujourd’hui ,le commandant de ce camp militaire de Ngozi serait l’un de ses anciens eleves.
    POUR CETTE ETHNIE, (ET POUR LE BURUNDI EN GENERAL) QUE DE CHANGEMENT QUAND MEME!!!

  2. Bakari

    @Kijana
    ” si Mukapa échoue l’union europénne va prendre les choses en mains!”

    J’ai déjà entendu des européens dire que les africains sont naïfs.
    Il y en a qui tiennent à les réconforter dans leurs préjugés.

  3. Lambert

    Ne cherchez surtout pas de sagesse en Tanzanie.
    Même à l’époque de Nyerere, il était animé par l’esprit de voler au secours de l’ethnie qui avait chanté depuis très longtemps avoir subie l’apartheid et c’est pour cette même raison que Mkapa manifeste son côté penchant pour le pouvoir de Bujumbura.

  4. Antoine-marie

    Pourquoi nous Burundais, continuons à nous faire souffrir ? Depuis de décennies, Burundais Hutu et Tutsi avons tous souffert. On le sait et, le monde sait que quelques parts les deux côtes ont une certaine responsabilité dans note macabre histoire. Le plus gros mal est que la « JEUNESSE » qui ne sait même pas ce qui s’est passé s’en mêle. Juste un clin d’œil, on peut s’en prendre aux dirigeants de son pays mais jamais à son propre pays. Cela s’appelle, partout, trahison et, cela cause de l’inconfort aux personnes favorables à notre cause.
    Parlant de négociations, d’aucuns savent que des discussions entre beaucoup de « chefs » aboutissent toujours difficilement. Le jour où il y aura des représentants des groupes Hutu et Tutsi investis des pouvoirs acceptés par leurs groupes, les négociations vont être faciles. Ce sera la fin des conflits récurrents au Burundi et les dirigeants vont alors s’occuper de vraies affaires.
    En attendant, on va continuer à assister à la cacophonie d’Arusha ou la médiation continue à s’arracher les cheveux et les « négociateurs »burundais à empocher quelques perdiems dans l’insouciance totale du pauvre paysan Burundais.

  5. Irabazana

    Le gouvernement burundais n’a pas beaucoup de choix à Arusha, Il a intérêt à accepter les revendications de la société civile en faveur du respect des droits de l’homme, la liberté d’opinion et la démocratie intégrale. Si non , ma voix comme celle de beaucoup de burundais en Europe comptent toujours , nous ferons bloquer la coopération économique de l’UE. C’est clair.

  6. KABADUGARITSE

    Il y a un autre, 21ans déjà, qui disait que le médiateur Nyerere, le premier médiateur dans le conflit burundais et ancien Président de la République unie de Tanzanie, n’avait rien de sagesse que sa chevelure grise! J’ignore quel âge vous aviez à cette époque.-

  7. Kijana

    Tension ou pas ; si Mukapa échoue l’union europénne va prendre les choses en mains! Wait and see!

  8. Busorongoye

    Tension comment? S’il y a tension entre abanama rimwe, harakantu les jours des vraies negociations. Celles-la qui impliqueront le groupe arme de Peter et les autres, aussi armes.

  9. James

    Alors là, c’est terrible. On a peur de parler, on a peur pour sa sécurité alors qu’on a fait un déplacement pour parler, le minimum! Des garanties de non-représailles au retour alors qu’il fallait le faire avant de se rendre à Arusha. Une honte! Taisez-vous, mangez, buvez, empochez les per diem et rentrez. La société civile, la vraie, plus clairvoyante l’a demandé, ne l’as pas obtenu et a choisi de ne pas se faire humilier.
    Si la plénière ne peut pas avoir lieu, le sens de la “dernière session” reste obscur. Y aura-il implémentation in jour? L’équipe de la médiation va toujours s’en charger!
    Le Burundi a connu de mauvais politiciens mais ce qu’il a aujourd’dhui intéresserait beaucoup Sciences Po.

  10. GIHUGU

    Les participants ont peur de leur detour au pays pour leurs propos genus…Mon Dieu, ça dit tout! Pourquoi cette hypocrisie de ceux qui ont participé, surtout des soient disant opposants, de cette soit disante équipe médiation, surtout de ceux qui ont osé financé ces pièces de théâtres surtout cette hypocrisie des Nations Unies. Même un imbecile sait que c’est une itopie, que c’est une comédie! Est-ce que la communauté internationale regrèsse à ce niveau! Finalement je comprends pourquoi on échoue partout pour résoudre les crises. On fait semblant, on ne parvient pas à discuter les vraies questions, à trouver les vrais protagonistes. On peut même se poser la question:” Est-ce que la dire comm. Internationale ne ferait pas passer leurs interêtes géostatégiques au dépend de la vraie paix. A vrai dire, Le régime de Buja s’est imposé par la force, et dans les coulisses, la comm Internationale serait en train d’avancer. ..comme il s’est imposé, faisons avec, ceux qui sont morts sont morts, ceux qui souffrent n’ont qu’à s’habituer, l’opposition qui reste n’a qu’à s’agenouiller devant Le Maître. Pour le faire il faut un semblant de dialogue. Au fond, on sait, ça ferait semblant, la dictature maîtrisera Le pays 2ans, 5ans,.ça suffit…Mais ça ne ferait fait que nourrir les esprits de conflits, tant pis. C’est la nouvelle règle. Seul les rapports de forces comptent, ce n’est même pas pire que ” Pyong Yong, Damas, Caracas…”. Qui sauvera le Burundi? Est-ce que la communauté internationale n’est pas en train de créer les antivaleurs de paix, de tolérance, d’humanisme, de justice,…Bref une société de Jungle! A vous de juger!

  11. Source du Nil

    Que s’est -il passé pour que le Cenared enfin, accepte de revenir sur la table de negocation? Peut -être le courant de Dr Jean Minani a remporté sur le courant de la politique de la chaise vide.

  12. Bundes

    Mutama Mukapa qu’il démissionne tout simplement !!!!

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