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Santé

Ruyigi : « Dépister les fistules – transformer les vies »

08-06-2014

Depuis le 26 mai 2014, des femmes des provinces Ruyigi et Kirundo atteintes de la fistule sont opérées à l’Hôpital Rema de Ruyigi. C’est la satisfaction des patientes car elles avaient trop souffert.

Dr Toyota Vestine Niyonsenga rend visite à ses patientes ©Iwacu

Dr Toyota Vestine Niyonsenga rend visite à ses patientes ©Iwacu

L’UNFPA, l’Hôpital Rema et le ministère de la Santé publique par le biais du PNSR (Programme national de santé de la reproduction) ont organisé, du 26 mai au 06 juin 2014, une campagne de prise en charge des fistules obstétricales. Le thème étant: «Dépister les fistules – transformer les vies.» Selon le Dr. Toyota Vestine Niyonsenga, médecin de l’Hôpital Rema de Ruyigi, cette campagne concerne les femmes atteintes de la fistule des provinces Kirundo et Ruyigi. «Jusqu’au 3 juin, nous avions déjà opéré 23 femmes mais nous espérons atteindre le nombre de 40 patientes à la fin de la campagne.»
D’après elle, ils bénéficient de l’assistance de deux médecins experts sénégalais, et ces opérations sont effectuées gratuitement : «Aucune patiente n’a payé un sous.» Elles sont aussi prises en charge en ce qui concerne la nourriture et autres matériels comme des seaux, des assiettes, des pagnes, etc.

Les femmes opérées folles de joie

«C’est la première fois depuis deux ans que je dors dans un lit sec», confie Jeannette Ntakarutimana, 27 ans, originaire de la commune Bugabira, province Kirundo. D’après elle, des complications ont commencé avec son premier enfant, mort-né. «Me voyant malade, mon mari m’a chassée et il a épousé une autre femme.» Jeannette Ntakarutimana retourne chez ses parents où elle ne sort presque jamais de la maison de peur d’être stigmatisée : «Cette opération va changer ma vie.»

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 50.000 à 100.000 femmes présentent chaque année dans le monde une fistule obstétricale à savoir une brèche de la filière pelvi-génitale. L’apparition d’une fistule obstétricale est directement liée à l’une des principales causes de mortalité maternelle: un travail difficile (dystocie) lors de l’accouchement. Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d’une incontinence permanente. L’OMS estime qu’en Asie et en Afrique subsaharienne, plus de 2 millions de jeunes femmes vivent avec des fistules obstétricales non traitées.

Kamupamo, une femme de 45 ans de la commune Busoni à Kirundo, quant à elle vit chez ses parents depuis 25 ans : «Je venais d’avoir mon premier enfant et mon époux m’a chassée à cause de cette maladie.» Elle affirme qu’elle a passé toutes ces années à l’arrière-cour (Mu Kigo). Elle ne pouvait même pas aller puiser de l’eau car elle ne supportait pas les injures des gens : « Aujourd’hui, je me sens redevenir un être humain.»

Même son de cloche de la part d’Astérie Niyonkuru de la commune Gisuru, province Ruyigi. Cette jeune femme de 27 ans et mère de cinq enfants est atteinte de la fistule depuis au moins 8 ans. Mais pour elle, son mari a été courageux et l’a soutenue: «Il me réconfortait et me disait qu’il ne pourrait pas me chasser car nous nous sommes mariés étant bien portants.» Ce qui n’était pas le cas avec ses voisins. Ils l’insultaient en lui disant qu’elle dégageait une mauvaise odeur.

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