Afrique de l'Est

Quelles leçons tirer de la décision de la Cour Suprême du Kenya ?

09-09-2017

A la une du 1er septembre 2017 était la décision de la Cour d’annuler les résultats des élections présidentielles du 08 août 2017 qui avaient proclamé Uhuru Kenyatta vainqueur. « L’élection n›a pas été conduite en accord avec la Constitution. Les illégalités et irrégularités ont affecté l’intégrité du scrutin », a tranché la Cour suprême.

Les membres de la cour suprême du Kenya

Une annonce qui a surpris le pays, le continent africain et la communauté internationale. Même si la Nasa, coalition de l’opposition, avait dénoncé des fraudes et déposé un recours devant la Cour suprême, peu nombreux étaient ceux qui croyaient à une annulation de l’élection.

Les réactions des deux concurrents politiques du Kenya différaient. “La Cour a pris sa décision. Nous la respectons. Nous ne sommes pas d‘accord. Encore une fois, j‘appelle à la paix”, a déclaré Uhuru Kenyatta, candidat de la coalition de la Jubilee. Un discours, certes apaisant, mais qui laissait trahir son for intérieur. Il a annoncé, en effet, ses couleurs en disant qu’il allait s’occuper de la Cour Suprême après les élections comme s’il était sûr de les gagner.

Une menace à peine voilée. “C‘est une journée historique pour le peuple kényan”, a réagi Raila Odinga, le chef de file de la coalition Nasa. “Pour la première fois dans l‘histoire d‘une démocratie africaine, une décision prise par un tribunal a invalidé l’élection frauduleuse d‘un président”. Il a aussi condamné par la même occasion la commission électorale nationale en déclarant qu’il n’avait « plus confiance » en elle.

Quelles leçons tirer de cet événement ?

Uhuru Kenyatta

Un, la démocratie au Kenya, au Burundi et ailleurs en Afrique est encore possible. L’opinion généralement partagée par plus d’un est que l’Afrique n’est pas capable de s’élever pour vivre des principes universels de gestion des sociétés modernes. Dans son analyse dans Le Monde, au lendemain des élections au Gabon, Alfred Bab, sociologue et professeur d’études internationales à l’université américaine de Fairfield, a posé une question provocatrice : Faut-il continuer d’organiser des élections présidentielles en Afrique ?

Pour lui, ne pas le faire, c’est épargner des vies humaines, c’est épargner de l’argent, c’est s’émanciper d’acteurs politiques en manque d’inspiration. « Le gain humain, économique , moral et politique de la non-organisation de présidentielles l’emporte sur le maintien d’un simulacre qui ne vise qu’à satisfaire la communauté internationale. »

La cour suprême du Kenya vient de nous laver de l’opprobre.
Deux, la décision remet en question le rôle des observateurs internationaux. Ils avaient unanimement salué « des élections libres et équitables. »

Certains avaient même parlé du « remarquable exemple de démocratie donné par le Kenya à l’Afrique et au monde». Ils ont été critiqués, à tort ou à raison. Ce qui est sûr, c’est que désormais, leurs déclarations ne seront plus prises pour une vérité de l’évangile.

Trois, l’impact que la Cour pénale internationale pourrait avoir joué dans l’attitude du président Uhuru. Au lieu de s’ériger contre la décision de la Cour Suprême et mettre ses militants dans la rue et provoquer ainsi les troubles sur le plan national, il s’est sûrement rappelé des menaces qui ont pesé sur sa conscience lorsqu’il était convoqué par la CPI. Ainsi le droit a vaincu la rue.

Quatre, la décision donne raison à l’indépendance des pouvoirs. Lors de son passage au Sénégal, le président Obama a déclaré que l’Afrique a plus besoin des institutions fortes que des hommes forts.

Sur le plan continental, la décision de la Cour Suprême du Kenya redore le blason de la Justice en
Afrique en général et au Kenya en particulier.

En effet, la gouvernance en Afrique se déprécie à partir du moment où la Justice supposée être indépendante prête allégeance au Chef de l’Exécutif. D’où une question: Comment amener le corps judiciaire d’un pays à dépendre de lui- même sur le plan financier et sur celui des nominations ?

Sur le plan international, la décision de la Cour Suprême du Kenya n’a pas manqué de créer une onde de choc dans les esprits de ceux-là qui ne rêvent que de rester au pouvoir grâce aux manœuvres électorales.

Il est clair que la question d’indépendance doit s’adresser aussi aux commissions électorales nationales. A l’instar de celle du Kenya, l’IEBC, qui reconnaît avoir décelé quelques «erreurs humaines commises par inadvertance», mais assure les avoir corrigées !

  43   Vos commentaires
  1. Mayagwa

    @Vyandariye,
    Tout le monde l’applaudit mais c’est un piège pour Raila Odinga.

    Laisse-moi prédire l’avenir de Mr. Je Raila Odinga. Il y aura des nouvelles élections et le gagnant sera le même. Raila Odinga va comme d’habitude dénoncer les fraudes et va encore une fois saisir la justice. Cette fois-ci elle va valider les résultats. Si Raila refuse les conclusions de la Cour suprême et que ses partisans s’adonnent aux émeutes comme d’habitude, toute la « Communauté dite internationale » conclura que Mr. Odinga est un fauteur des troubles et ce sera la de sa carrière politique.

  2. Fofo

    Chacun a droit de faire son analyse mais moi je vous dit que les conclusions de la Cour Suprême Kenyanne mérite une certaine critique que je considère comme « Muchezo wa ndani ». Rappelez-vous que cette même « Cour » qui avait validé les résultats des élections dont les observateurs locaux internationaux avaient dénoncé de plusieurs irrégularités et fraudes électorales. Le paradoxe que la même Cour vient d’invalider les résultats des élections dont tous les observateurs internationaux jugent qu’elles se s’étaient bien déroulées et aucun observateur d’entre eux n’a jusqu’ici dénoncé avoir constaté de fraude électorale? Bien que certains veulent prendre cela comme une leçon à vendre à toute Afrique, je conseillerai « Railla Odinga » de prendre cela comme un « piège » avec un risque de se faire rattraper.
    Un point positif en tout cela est qu’au regard de ce qui s’est passé en 2007, la « Cour Suprême » a su jouer l’apaisement d’un climat qui était déjà tendu avec un risque de se retrouver dans un conflit politico-socio-étinique comme celle de 2007. Attendons voir la suite car cette décision n’est rien qu’une « Transition » et espérons que nos frères et soeurs kényans ne se laisserons manipuler par ceux-là qui nous divisent pour nous dominer : Les puissances étrangères ».

  3. Mkubwa

    Si c’etait le jeux du TOM and JERRY entre les politiciens kenyans!?

  4. Björn

    Dans un pays ou le pouvoir judiciaire est controle par l’executif .on pourra pas parle de liberte ou de democratie. Ce qui est le cas dans des nombreux pays en Afrique.

  5. Vyandariye

    Je vois ici ke tout le le monde applaudit ce qu’a fait la cour suprême kényane, mais vous oubliez que les juges peuvent aussi être partials , ce président a commis une erreur historique, car il devait de mon point de vue confirmer les résultats de la commission électorale au nom de la paix, si non il n’a fait que rendre la situation purement dégradante. C’est la même commission qui va réorganiser l’élection et qui va proclamer le même vainqueur et ensuite c’est odinga qui refusera les chiffres et en fin les massacres généralisés.

    • Stan Siyomana

      @Vyandariye
      Nul part au monde ou le critere (pour confirmer les resultats electoraux) est AU NOM DE LA PAIX.
      Chaque pays a des lois pour proteger la paix (si jamais elle est pertubee).

      • Behappy

        @Stan Siyomana
        « Chaque pays a des lois pour proteger la paix (si jamais elle est pertubee). »
        Des lois ou des kalashs pour protéger la paix lorsqu’elle est perturbée?
        Car elle n’est jamais perturbée via des bâtons de chocolats ou via des fleurs.

  6. Albert

    L’economie du Kenya est dans les mains des kikuyu et ils ont aussi la politique depuis des nombreuses années. Le reste de la population est frustré des kikuyu mais ils n’ont qu’à travaillé dure pour être au niveau. Je ne crois pas que Raila Ondinga avec son esprit puisse amener le Kenya aussi loin que Kenyatta

  7. Yves

    Quelle leçon en tirer ? Qu’une justice indépendante est absolument nécessaire pour la bonne marche d’une société. Que la théorie de la séparation des pouvoirs a encore de beaux jours devant elle. Dans nos systèmes modernes, le pouvoir exécutif a pris un rôle démesuré, reléguant le pouvoir législatif a un rôle de presse-boutons (le Sénat Burundais est un cas d’école, mais on pourrait citer bien d’autres pays, y compris certains pays développés). Dans ce contexte, le pouvoir judiciaire représente le dernier rempart face à l’arbitraire d’un pouvoir exécutif qui ne respecterait plus les lois et ne rechercherait plus l’accomplissement de l’intérêt général. On ne peut donc que se féliciter de la décision de la Cour Kényane

    • Gacece

      @Yves
      Peu importe les résultats des nouvelles élections au Kenya, nous attendons-nous à ce que vous continuiez à les supporter (le féliciter si vous préférez) si la même cour les valide, si Kenyata gagne?

      • Yves

        @Gacece : peu me chaut le vainqueur, tant que la Cour fait son travail en toute impartialité

  8. Jean Pierre Luc Abuyumunsi

    Je vous soutiens 100% Monsieur mugirabantu.

  9. Rurihose

    Ce qui me fait tiquer chaque fois dans vos commentaires , cher Gacece,est que vous vous faites l’avocat du diable des potentats africains, qui par leur ineptie, mauvaise gouvernance font de l’Afrique le dernier continent en tout. Vous tordez la vérité pour toujours les soutenir.
    Les jeunes qui se noient en Méditérannée le font parce qu’ils voient que la gouvernance des présidents africains n’offre aucune lueur d’espoir.
    La corruption est généralisée, parce qu’on peut falsifier les érections comme on veut.
    On n’a pas besoin d’être SHERLOCK HOLMES pour le constater

    • Gacece

      Non! Je ne soutiens ni ne suis contre tout le monde. La politique étant ce qu’elle, il y a des politiciens (pas seulement des Africains) qui savent mieux y naviguer que les autres. Certains réussissent à se maintenir au pouvoir longtemps, malgré les reproches et les critiques de ceux qui croient qu’ils ont fait leur temps.

      Ils veulent les faire et les voir partir, souvent non sans vouloir les faire souffrir à leur tour, et en recourant à des méthodes aussi répréhensibles, sinon plus, que celles qu’ils dénoncaient.

      Dans le fond tout ce la se résume à quoi? Aux choix qu’on fait dans les moments cruciaux avant, pendant et après… les choix précédents! Qu’on soit au pouvoir ou à l’opposition.

    • Karabona

      Dites falsifier les « éLections », s’il vous plaît, pour le reste, avec tout notre respect, on ne tient pas à savoir.

    • Gateka Alain

      falsifier les érections oh oh la langue de Molière

  10. Rurihose

    Mr Gacece, êtes vous honnête avec vous et votre conscience?
    Quasiment , partout en Afrique, les élections sont des simulacr Bouteflikka élu alors qu’il est peut être mort,Mugabe élu alors qu’il est sénile, Paul Biya, Obiang Nguema, etc…

    Croyez vous que c’est à l’issue d’érection normale? Que Nenni.
    La cour suprême du Kenya a fait preuve de probité et de courage exceptionnels,
    Les observateurs internationaux sont tellement habitués aux fraudes en Afrique, qu’il faut considérer leur satisfecti comme suit: »A l’aune de l’Afrique, ce n’est pas si mal ».
    Les tricheries, les observateurs internationaux eux aussi les avaient vu, et avec une condescendence peut être pas voulue, ont conclu que le vote était acceptable pour um pays africain. Ils ne l’auraient jamais validé en Europe.

    Bravo au président dela cour suprême Kenyane😘😘😘

    • Gacece

      @Rurihose
      Pour être honnête avec vous, je ne sais pas si je peux être honnête, et avec moi, et avec ma conscience séparément. Mais je sais que ma conscience est honnête avec moi!

      Vous avez parlé de Paul Biya, mais je crois que vous avez « peut-être » oublié de citer l’autre Paul… exprès ou par omission?

      Jamais été membre d’un groupe organisant les élections, ni candidat à une élection, ni observateur de campagne ou processus électoral… dans tous les pays dont vous venez d’index les personnalités ci-dessus. Donc, je ne peux ni confirmer, ni infirmer vos dires.

      Mais, j’ai déjà voté une, deux, trois ou quatre fois au moins. À chacune de ces fois, je n’ai jamais suivi le courant ou cédé aux pressions des autres. J’ai mes propres valeurs et principes et j’essaie de vivre en accord et en harmonie avec eux.

      En résumé, j’ai prie un long chemin pour vous dire que je suis contre tous ceux qui veulent me forcer à penser comme eux. La pensée unique, c’est pas mon fort!

      Vius devriez retourner lire min autre commentaire ci-dessous pour me comprendre (ou ne pas me comprendre) un peu plus!

    • Karabona

      Décidémment, nous allons devoir demander tout cela à Mesdames Mugabe, Biya et consorts, leurs maris ont ils des é »X »ections normales en période de scrutin présidentiel? La question est sensible évidemment!

  11. Micombero

    Les Blancs ont corrompu cette cour pour destabiliser le Kenya. Wait and see the future will surprise us.

    • SENYAMWIZA Jean-Claude

      @Micombero: « Les Blancs ont corrompu cette cour pour destabiliser le Kenya. Wait and see the future will surprise us ».

      Oui les Blancs, toujours les Blancs, rien qu’eux… !Nous autres Africains nous n’avons aucune responsabilité dans ce qui nous arrive..! Soixante ans après les indépendances, votre argument, votre fonds de commerce n’est plus vendable, cher Micombero. C’est une solution de facilité que je ne partage pas du tout. A ce que je sache ce ne sont pas les Blancs qui sont venus dicter le 3e mandat de sang Mr NKURUNZIZA et à sa clique, ce ne sont pas eux qui commanditent au Burundi les enlèvements et autres disparitions forcées, les assassinats ciblés, les viols et j’en passe. Non, cessez de vous amuser, débattez, cher Micombero car nous sommes ici pour un débat de fonds et sérieux et non pour raconter des fariboles.

    • Yves

      @Micombero/HIMA : les Blancs, vous êtes sûr ? Ce ne serait pas plutôt les martiens ? En tout cas, c’est ce qu’il me semblait avoir lu sur le site théoriesdébiles.com …

    • Karabona

      Non seulement s’agit-il d’un commentaire globalisateur et raciste mais qui, en plus, démontre l’ignorance de son auteur: cela fait bien longtemps que l’histoire ne s’explique plus en termes de « blans » et de « noirs », ça c’est des histoires qu’on utilise pour manipuler les masses, les vrais prédateurs d’aujourd’hui ce sont les multinationales, les empires financiers, ces multinationales se fichent de la couleur de la peau et se servent de tous les sans scrupules qui veulent bien les servir, et dans cette dernière catégorie on trouve pas mal de présidents à vie africains.

  12. ndc

    Il serai mieux de tirer les conclusions après la proclamations des résultats du vote et les réactions des belligerents.

  13. Gacece

    Je veux être un rabat-joie! Tout le monde encense la Cour Suprême Kenyane pour avoir pris cette « décision courageuse »!… Mais personne ne se pose cette question :

    « Est-il impossible que cette Cour Suprême du Kenya ne soit pas du tout indépendante, qu’elle ait changé d’allégeance? »

    Des signaux existent!…

    • juju

      Si cette cour peut changer d’allegeance comme elle veut sans etre inquiter, je la qualifie comme etant independante.

      • Gacece

        @juju
        Peut-être qu’ils ont saisi une occasion de récolter de la gloire! N’est-ce pas cela qui est en train de se produire?

        Moi ce qui va me renseigner le plus, imaginons que Uhuru Kenyata regagne les élections, que l’opposition conteste encore, mais que la même Cour Suprême les valide. Quel sera la réaction des médias cette fois-ci?

        On n’en est pas encore là, mais… C’est peut-être un bon coup de publicité pour M. Kenyata.

        Et personne n’y a pensé, occupés tous qu’ils sont à lancer des fleurs et à glorifier ce qui pourrait être le plus grand leure de la politique africaine… peut-être!

        « Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué! »

        Malheureusement, cela arrive souvent en Afrique. Pour le reste de cette histoire, seul l’avenir va nous le faire savoir.

        • divine comédie

          @ Gacece
          Vous dites ceci  » Moi ce qui va me renseigner le plus, imaginons que Uhuru Kenyata regagne les élections, que l’opposition conteste encore, mais que la même Cour Suprême les valide. Quel sera la réaction des médias cette fois-ci? »
          Votre déclaration-supposition m’étonne vraiment lorsque vous commencez par « imaginons », Vous êtes dans le « si ». Eh bien je vais vous dire ce que j’en pense . Ai Uhuru gagne et que la constitution est respectée , tant mieux . Et vous parlez des réactions des média comme si vous les connaissiez déjà ! Alors dites nous donc Il n y a aucune vraie argumentation de votre part .

          • Gacece

            @divine comédie
            Attendez de voir les résultats des nouvelles élection! C’est à ce moment-là qu’on va savoir.

            • Karabona

              Vous n’avez jamais aucune argumentation, Gacece, vous fonctionnez par insinuations, supputations, sous-entendus et affirmations aucunement démontrées – on peut également s’essayer à l’exercice: « et si Gacece travaillait pour Willy, des signaux existent!… »

  14. Source du Nil

    C’est l’independance de la justice Kenyane et une justice subordonnée au pouvoir politique dans le cas Burundais.

  15. Source du Nil

    Comparer cette cour suprėme kenyane et la cour constitutionnelle burundaise en 2015,les faits parlent d’eux -mėme.C’est comparer le jour et la nuit.

  16. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Les juges de la Cours Constitutionnelle du Burundi auraient fait pareil mais ils en ont été dissuadés par les pressions et autres intimidations de toutes sortes par ceux-là même qui étaient entrain de tricher et de manipuler les institutions pour s’arroger un 3è mandat de plus en plus intenable mais surtout sanglant et qui a jeté hors de nos frontières près de 4% de la population burundaise purement et simplement devenus des réfugiés dans les pays voisins sans parler des milliers d’enlèvements, de disparitions forcées, de tortures, de viols et d’exécutions extrajudiciaires sans aucune autre forme de procès.. !
    Je pense que cet article du Groupe de Presse I wacu publié le 14 Septembre 2015 (http://www.iwacu-burundi.org/journal-dun-juge-constitutionnel/ ) peut nous rafraîchir la mémoire de ce qui s’est passé durant les nuits et les jours de délibération des juges de la Cour constitutionnelle burundaise sur la légitimité ou non de l’actuel 3è mandat présidentiel. Ces hommes et ces femmes ont sûrement sauvé leur vie mais ils ont certainement manqué de courage et ont ainsi raté une occasion en or d’être inscrits dans le livre d’or de l’histoire politique du Burundi comme le juge Kenyan Maraga et ses collègues.
    Maintenant le Burundi est plongé dans les ténèbres d’une crise sanglante qui nous rappelle les pires moments de la guerre civile qui a suivi l’assassinat de Melchior NDADAYE et qui a duré une bonne dizaine d’années. Je rappelle que le parti au pouvoir était partie prenante dans cette guerre-là. Ne dit-on pas que la bêtise humaine n’a pas de limite ?

  17. Jean Luc mugirabantu

    Cher sikuyavuga
    Dans votre article vous écrivez je vous cite »Deux, la décision remet en question le rôle des observateurs internationaux. Ils avaient unanimement salué « des élections libres et équitables ». Avec ce point d’analyse vous semblez aussi mettre en doute la partialité des observateurs internationaux, C’est trop aller dans la besogne! Et pourquoi ? Vous n’ignorez certainement pas que ces fameux observateurs n’ont pas accès à tous les dossiers électoraux et en particulier toute l’infrastructure électorale y compris le système informatique, tout simplement car la commission électorale n’a pas permis aux observateurs internationaux d’y avoir accès . A mon avis les observateurs internationaux ne pouvaient tirer leurs conclusions que sur base des élements dont ils disposaient , des conclusions erronnées donc , mais ceci n’est pas de leur fait. Il me semble donc que vous accablez trop ces observateurs internationaux. Autre chose le pouvoir en place a tenté de corrompre certains membres de la cour suprême Kenyane. Sans succès, pour le moment. On parle de 5millions de dollars que devait recevoir le président de la cour pour trancher en faveur du président sortant! Et si la cour avait tergiversé On aurait aujourd’hui mr Kenyatta comme président ! Quel gachis! Rappelez vous ce qui s’est passé au Burundi avec Le président de la cour constitutionele et son vice président !!! Chapeau au président de la cour suprême kenyane et à mr Kenyatta qui a finalement joué le jeu de la démocratie . Sans le vouloir. On en saura davantage dans la suite des évenements. Je suis presque sûr que si Kenyatta gagne dans deux mois , l’actuelle cour suprême sera décimée. Sans trop m’étendre sur le sujet je pense que la gardienne de la constitution devrait être nommée à vie pour ne pas être à la merci du régime en place.

    • Jean Pierre Luc Abuyumunsi

      100% d’accord avec moi mon cher mugirabantu.

  18. NDAVUDA

     » Comment amener le corps judiciaire d’un pays à dépendre de lui- même sur le plan financier et sur celui des nominations ? ». La question est bien posée. L’intelligencia de chaque pas devrait y réfléchir et faire des propositions puis la société civile prendrait le relais pour pousser les politiques à mettre en place cette indépendance de la magistrature. Cependant, tous les pays ne sont pas au même niveau de maturité. Au Burundi par exemple, nous sommes encore au stade où on cherche à savoir si tel poste doit être occupé par un tutsi, un hutu,…sans tenir compte de ses compétences. Il serait temps de commencer par privilégier les compétences et vous verrez que les choses iraient très vite. Encore une fois, les instruits en général devraient se poser comme vivier de réflexions et non de ventriotes et militants.

    • Lambert

      Dans le cas du Burundi, il faudrait toujours chercher à mettre en avant les compétences en toute chose mais aussi tenir à l’écart toute personne qui aurait tremper de près ou de loin dans les crimes qui ont endueillé notre pays.
      De plus, il est nécessaire de mettre au grand des extrémistes de tout bord pour les empêcher de commettre le forfait de vouloir chaque répandre leurs idéologies divisionnistes et s’il le faut prévoir des sanctions appropriées.

      • Lambert

        Mes excuses.
        …mettre au grand jour des extrémistes…
        Merci.

      • Mafero

        @Lambert: Vous pensez qu’il est vraiment facile de tenir en écart les gens qui ont trempé dans des crimes de sang dans la gestion du Burundi? Allez visiter les casiers judiciaires de nos dirigeants et vous trouverez qu’ils ne sont pas vierges que le pensez.

    • Kayo

      Ndavuga tu oublies assez vite vous oubliez que la faculté de droit et autres facultés avant n’étaient pas assez aux hutu comme vous avez eu les privilèges de fréquentes des hautes études vous commencez à dire ça parceque, quand on va choisir ces gens qui ont des hautes études on va choisir parmi les tutsi ça ça va attendre les hutu afin qu’eux aussi aient les mêmes grades

      • Jean Luc mugirabantu

        @ kayo
        Vous dites qu’il n yavait pas assez de hutus dans les facultés. Sans avoir fait de recensemment ethnique dans les facultés de l’UB , je pense que vous avez tout faux. Il y avait des hutus dans les fac à l’UB . Par contre là où je pourrais vous renjoindre- mais vous n’avez effleuré le sujet- C’est que les hutus faisaient leurs études mais n’étaient pas nommés à des fonctions de responsabilité et du coup ils ne pouvaient pas favoriser les leurs , comme les Tutsi. Oui C’est un problème. Mais Il n y avait que les hutus , de manière générale les non originaires de bururi ont été exclus délibérément. J’ai eu personnellement eu l’occasion de le dire à Feu président Bagaza. Evidemment Il a balayé l’argent du revers de la main, mais je n’en suis pas convaincu.

        • Banza

          @Jean Luc mugirabantu
          Dans ma promotion il n’y avait qu’un seul hutu en 1ère année de Droit. Je me rappelle encore bien de son nom alors que je ne l’ai plus revu depuis 40 ans.
          A part cela, lorsque le virus de la discrimination commence à sévir, il ne se limite plus sur une seule différence: on commence par l’éthnie ou race, on poursuit ensuite la région ou la province, et puis la classe sociale, etc…

        • Kayo

          Oui je n’ai pas fait le recensement alors Monsieur Jean Luc pourriez-vous me donnees statistiques des Hutus qui ont fait des hautes études en droit, médecine, économie par exemple et partant de l’Université du Burundi ? J’ai fait l’Université du Burundi et j’ai vu ce qui se passait dans cette université ou quelqu’un pendant les examens et/ou des stages tu faisais tout mais à la fin ce sont les tutsi qui recevaient des meilleures notes afin de les facilités dans l’avenir en tant assistants et autres

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