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Droits Humains

Pierre Claver Mbonimpa : « Une fois rétabli, je rentrerai au pays »

L’état de santéde M. Mbonimpa s’améliore, indique sa famille. Lui-même assure qu’une fois rétabli, il compte rentrer sans attendre au pays, car dit-il, sa place se trouve au Burundi, « auprès des sans assistance ».

Pierre Claver Mbonimpa : « Ma place se trouve au Burundi. »

Pierre Claver Mbonimpa : « Ma place se trouve au Burundi. »

« Mon pays me manque beaucoup »,me confie Pierre Claver Mbonimpa. Je le rencontre dans sa chambre d’hôtel à Bruxelles. Il est assis, tout près de son lit. Cheveux tout blancs. Son aspect est tout de même rassurant : la plaie en dessous de l’œil gauche commence à cicatriser. Le président de l’Aprodh reconnaît facilement ses visiteurs et leur réserve un accueil chaleureux. Il tente même de se lever pour les embrasser mais l’appareil qu’il porte au niveau de la tête – logopédie – ne le lui permet pas.

D’après sa femme et l’un de ses fils qui l’assistent, son état de santé s’est nettement amélioré depuis leur arrivée en Belgique le 10 aout. Toutefois, il peine toujours à parler. Et quand parfois, il rompt le silence, les cordes vocales se fatiguent vite, et il finit par tousser.

Certains nerfs, affirme son fils, ont été touchés au niveau cervical : « Les examens du scanner ont révélé que la quatrième et cinquième vertèbre cervicale sont déplacées. »Lui et sa mère gardent espoir car – et c’est l’essentiel – les médecins estiment que Pierre Claver Mbonimpa est maintenant hors de danger. « Il pourra poursuivre le traitement jusqu’au 7 novembre » indique son fils. Il précise qu’entre autres soins, est prévueune série d’exercices destinés à relaxer les cordes vocales. Cela fait, il n’y a pas de doute que M. Mbonimpa pourra parler sans trop de peine.

Sous le choc de l’assassinat de son gendre

Mais si son état de santé s’améliore, les soucis ne manquent pas. Le président de l’Aprodh se dit encore sous le choc de la disparition de Pascal Nshimirimana, son gendre assassiné il y a deux semaines. Mélancolique, il confie qu’il ne s’attendait pas à cette barbarie : « Personne ne pouvait l’imaginer, parce que mon gendre était un homme d’affaires et ne se souciait pas du tout de politique. »

Pour lui, cet assassinat démontre la méchanceté du pouvoir en place : « Parce que ce pouvoir m’a raté, il cherche à tout prix à me faire souffrir davantage. C’est pourquoi il s’attaque à ma famille. »

Il se dit très inquiet pour les quelques membres de sa famille restés à Bujumbura dont sa fille aînée (Zygène, celle qui vient de perdre son mari, ndlr). Cependant, il déclare que sa lutte continue : « Je ne vais pas céder face à l’injustice. Je me bats pour une cause noble. »

Pierre ClaverMbonimpa dément la déclaration du parti Cndd-Fdd, selon laquelle sa famille aurait rejeté toute enquête : « La justice n’a pas formulé une telle demande. »Et le président de l’Aprodh se pose la question de savoir qui pourrait s’opposer à une telle démarche. Néanmoins, il craint les enquêtes qui n’aboutissent jamais comme c’est le cas avec les assassinats d’Adolphe Nshimirimana, de Jean Bikomagu, etc. : « Nous voulons une justice juste, impartiale et indépendante. »

« La torture est érigée en règle »

Même si M. Mbonimpa est en Belgique, il reste attaché au Burundi.« Une fois rétabli, je rentrerai directement au pays. Ma place se trouve là, aux côtés des gens sans assistance».

Le refus du pouvoir, qu’il soit porté assistance aux détenus, le préoccupe. Il estime en outre que les conditions carcérales régressent et que la situation est comparable à celle d’il y a 20 ans : « La prison, avait été humanisée, elle est aujourd’hui comparable à l’enfer. La torture a repris, elle est érigée en règle. »

Ce qui fait encore plus mal à M. Mbonimpa, ce sont ces éliminations physiques des personnes innocentes dont la majorité était en garde à vue. Et de dresser un bilan de 205 personnes déjà assassinées depuis la déclaration de la candidature de Pierre Nkurunziza jusqu’au 4 septembre : « Cette situation dépasse l’entendement. »Il exige la libération de tous les prisonniers d’opinion :« Si le gouvernement burundais était conscient, il devrait se rendre à l’évidence que contester le troisième mandat de Pierre Nkurunziza n’est pas une infraction en soi. C’est plutôt un droit. »

Il exhorte les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Communauté Est Africaine, etc. à agir vite parce qu’il qualifie ces assassinats de génocide contre tous ceux qui sont contre la violation de la loi : « Si ces organismes internationaux n’interviennent pas aujourd’hui, quand le feront-ils ? Faut-il attendre la mort de mille citoyens ? » Pour lui, il faut intervenir sans attendre … avant qu’il ne soit trop tard.

  15   Vos commentaires
  1. Weka Weka

    Kweri kweri mbona hariho abanwanyi ba Boko Haram Aile Abubakar Shekau batakunze iyi article…baraturangira iyo za nkumi 200 zigeze basi. Canko nazo nukuziyora muri Nyabagere hamwe nabandi.

  2. Vuvuzela

    Rwarukira nyaguhabwa n’Imana yakuduhaye!

  3. naho utotaha ubuzima burabandanya mu burundi bwa MWEZI.

  4. Sermin

    @ P.C Mbonimpa, Abarundi turagukunda, urintwari, umushingantahe wukuri, umugabo nya mugabo yama avuga ukuri. Urware ukira, Imana igukomeze nabawe. Ikuturindire

  5. Uyo mugabo avuga nabi kweli, murakumbura muze murakunda igihugu cabibarutse. Kuko urwanko mwanka abitorewe nabene gihugu ntaho muzobashira uretse kugwara umutima gusa no gusiga umbuto mbi mu bana banyu.

  6. l'histoire est en marche

    Mutama wacu komera cane. Tu es l’exemple vivant y’ubuntu et un formidable espoir que tout n’est pas perdu chez nous.

  7. Majanja

    Ariko aravuga gutaha nca mbona neza aho azoshikira. Ku Mpanda. Nomusaba ko yoguma ngaho muri Belgique akarwaniraho kuko aphuye twoba duhomvye.

  8. Inyankamugayo

    Muriko muramuvugira ivyo atavuze journaliste. Gusa uronse akanya ko kwidecharja sinon ivyo vyose yabikubwiye gute kandi adashobora kuvuga umwanya muremure! Mushaka mwovuga ukuri nikwo kuzotuma mwidegemvya.

  9. Cokumpa Noel

    Mutama Imana yakuduhaye ikudutungire iguhe kuramba natwe abarundi turi inyuma yawe.

  10. Jereve

    Bien sûr que nous avons peur pour vous: « ils » vont tout faire pour ne pas vous rater à la prochaine occasion. Mais comme vous êtes de ceux qui sont prêts à mettre leur vie en péril pour sauver des vies, nous ne pouvons que prier pour que Dieu vous protège dans cette noble mission.

  11. Birahuhutse

    Iyaguciriye icanzo umwansi yari yaguciriye icobo ikuzigame igusubize amagara yawe ubandanye urugamba ruhimbaye, urugamba rw’iteka wishinze. Ariko ntiwihute gutaha kuko ingona z’i Bujumbura zirasamye zama zishaka abo zitabagura. N’aho abansi bazoryoherwa ko waheze inyuma y’urugo ntaco kuko urazi mu vyerekeye umutekano, akari inyuma karahinda.

    • Giramahoro

      Gira Mitende Mutama,muga Ntiwihute Kuza Mbona Umutekano Atari Mwiza

  12. Amede

    Mutama wanje, baca umugani ngo « hagupfa wokwimuka ». Nube urigumira aho uri. Vous nous serez plus utile vivant que mort. Vous pouvez faire beaucoup tout en étant en sécurité. Dieu est à vos cotés quoi que vous fassiez.

  13. BIZOZA

    Imana yakuduhaye ikuzigame mutama. nayo ivyo umugambwe CND-FDD wavuze twavyumvise ni akamaramaza ngo urupfu g’umukwe wanyu ni affaire de famille; barateye isoni ngo umuryango warabujije ubucamanza gukora amatohoza? Qui peut empêcher la justice de faire des enquêtes? supposons que la famille ne veut pas des enquêtes, ce qui est faut, est-ce que la justice ne peut pas faire son travail? La justice a l’obligation d’enquêter sur un crime commis; on doit connaître la vérité. Oya uca ubona ko bakoresha ibijuju bapfa kuvuga ama déclaration bakibaza ko bayabarira ibijuju nkabo. Dommage

  14. karenzo

    IMANA IKURAMBISHE KANDI IGUHE INGUVU;. UZOPfe nk’umugabo!

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