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Sécurité

Mutakura : des militaires accusés de saccager des boutiques

16-02-2016

Accusés de fournir de la nourriture aux insurgés, les petits commerçants sont contraints de payer de l’argent à des militaires et de fermer leur commerce.

Des salons de coiffures et des boutiques fermés le long de la RN9 qui divise les quartiers Mutakura et Cibitoke.

Des salons de coiffures et des boutiques fermés le long de la RN9 qui divise les quartiers Mutakura et Cibitoke.

De la 6ème à la 10ème avenue, presque tous les boutiquiers, restaurateurs, coiffeurs … ont déposé leurs tabliers. Le quartier Mutakura est presque vide de gens, les rues à l’intérieur sont désertes.

Deux ou trois policiers sont positionnés sur chaque avenue. Le petit marché à la 4è avenue a été fermé et une tension est perceptible quand on s’y promène. « Des propriétaires ont été enlevés et leurs boutiques saccagées par des militaires. D’autres, pour continuer à travailler, donnent 20 mille Fbu aux militaires chaque semaine », se plaint, sous anonymat, une boutiquière à la 10è avenue.

Une mère quinquagénaire dans sa petite maison sur la 7ème avenue, se dit fatiguée. « Pour m’approvisionner en vivres je dois aller dans les quartiers périphériques ou au centre-ville. Tous mes enfants ont fui vers l’intérieur du pays et personne ne peut m’aider » Pour un autre résidant à la 10è avenue, si jamais il abandonnait sa maison il ne trouverait nulle part où aller et sa boutique, il ne trouve nulle part où aller.

« Des militaires nous demandent pourquoi nous restons alors que les autres ont déjà fui le quartier. » A la 6ème avenue, un des rares boutiquiers qui continue à exercer nuance ces accusations : c’est vrai ce que disent les commerçants mais d’autres militaires nous tranquillisent.

« Si des fauteurs de troubles, portant les mêmes habits que nous, viennent vous intimer l’ordre de leur donner de l’argent nous serons là pour vous protéger », nous ont-ils rassurés.

L’Armée, qui est pointée du doigt par les petits commerçants de Mutakura, précise qu’elle travaille avec l’administration locale et que c’est à elle de mener des enquêtes. Iwacu a essayé de contacter le chef de quartier Mutakura, l’administrateur de la commune Ntahangwa (nouvellement nommé), le maire de la ville de Bujumbura, sans succès.

  5   Vos commentaires
  1. Mutima

    « Des militaires nous demandent pourquoi nous restons alors que les autres ont déjà fui le quartier. »
    Madame, il faut quitter car Reverien leur a promis ta parcelle. Vous devez vider les lieux pour laisser place aux Imbonerakure

  2. C’est la décadence totale! Une disparition tragique des institutions de sécurité! Une honte nationale! Même s’il s’agissait des bandits en tenue militaire, le gouvernement aurait senti sa responsabilité de protéger la population. Maintenant qu’il ne le fait pas, il lui sera difficile voire impossible de s’en laver les mains; je dis bien à l’ époque où il se se saisira de la question. Comment peut-on entendre à longueur des mois un Ministre de la Sécurité Publique, un Ministre de l’Intérieur et de la Formation Patriotique (Oh, les surnoms sont trop jolis pour coller à la mission assignée!) chanter à qui veut l’entendre que la sécurité règne à 99,99% et qu’il leur soit impossible de la ramener chez les 0,001%? Pardon, j’avais oublié que ces derniers purgent une punition conformément au programme « Kora ». Un autre mot qu’il sera impossible d’avaler et qui fera chaud à un moment donné de l’Histoire.
    J’ai vu un article qui parle de la radiation des députés qui ne se sont pas présentés jusqu’à ce jour. C’est bien. Mais, que font ceux-là qui se présentent? Savent-ils pourquoi ils se présentent? Pour les jetons de présence seulement? Le ridicule ne tue pas. Je demanderai à Pascal Nyabenda, s’il est vraiment interpellé par la conscience de voir les institutions fonctionner normalement, de demander au Président de la République de dissoudre cette Assemblée « Nationale » parce qu’elle n’en est pas une.
    La défaillance des corps de sécurité ou plutôt leur disparition tragique est un signal de détresse émis par l’Etat tout entier, il est temps de localiser le lieu de crash de cet Etat afin de venir au secours des survivants, si survivant il y a.

  3. Jereve

    Ce n’est pas seulement dans les quartiers urbains, des histoires de racket de la population par certains parmi les forces de l’ordre, la documentation et les imbonerakure circulent sur les collines rurales. Un ordre tacite a été donné: servez-vous où vous pouvez (urutaguhitanye, ruraguhitaniza: vive la crise!). Ce n’est évidemment pas Nkurikiye ou la RTNB qui vont vous le dire. La presse libre n’est plus là pour jouer les trouble-fêtes.

  4. RABA

    De mon avis, peut être qu’il s’agit des bandits qui circulent en tenus militaires pour escroquer la population. Ainsi, une trilogie (Population – Administration de base – Forces de l’Ordre ) qui fonctionne bien peut aider à mettre à l’aise la population.

  5. a

    Il faut dire à Bunyoni que le terrorisme au Burundi est régulièrement commis par les agents de l’Etat, militaires et surtout policiers. Ils saccagent les boutiques, lancent des grenades sur des citoyens pour que leur parrain Alain Guillaume vienne pleurnicher et inventer des actes de pseudo terroristes commis par des lanceurs de grenades à défaut de les appeler rebelles!!!

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